QUATRIEME PARTIE
tHAMBORAN,
Ainsi, les mains rouges encore du sang de la pauvre Madeleine, le meurtrier revenait servir noblement sa paca' bÎ3 biea’ non> mille fois non, monsieur le duc, l’assassin d une femme est un lâche qui ne devient pas le lendemain un héroïque soldat! ^
ADRIENNE, se jetant dans ses bras.
aimé !.ü °U ami’ m°n SeC°nd pèl’e! Je ne t>ai Point -assez
, CHAMBORAN
Adriennel... Chère Adrienne!
ADRIENNE
C’est maintenant seulement que je sais tout ce que je te dois... Ah! je ne l’oublierai jamais.
RAOUL
Ët mm, Adrienne, je me souviendrai que nous avons ete fiances 1 un à l’autre. Cette foi que je vous ai promise, je jure dy demeurer fidèle, cette parole que je vous ai engagée, je la renouvelle ici, et jusqu’au jour où vous v.endiez me dire... Voici ma main... j’attendrai!
adrienne.
Oh! j’aurais été bien heureuse! Mais le ciel n’a nas voulu qu un aussi grand bonheur me fût réservé., et tous’ he aS Un etemei adieu due je dois vous dire à
LE DUC
Un adieu !
Non! non!
LA DUCHESSE
RAOUL, avec force.
A D R 1 E N N E , va pour sortir, elle s’arrête devant la corbeille de maria-e et en tire le bouquet de mariée qu’elle porte en pleurant à ses ièvres.
J étais cependant bien reconnaissante, mon Dieu de tout ce bonheur que vous m’accordiez !
Joseph entre.
LE DUC
Qu’ est-ce? qu’y a-t-il?
JOSEPH
Je viens demander à monsieur le due s’il consent à re- -cevoir M. le comte de Mornas.
ADRIEN NE, avec force.
De Mornas!
TOUS
Le comte de Mornas !
LE DUC, ému.
C’est bien le nom que l’on vous a dit?
JOSEPH
Oui, monsieur le duc.
ADRIENNE, hors d’elle-même.
Et c’est aussi le nom que me disait mon père. Peut-être existe-t-il encore, s’écriait-il, et lui seul pourrait me justifier! Oh! ce doit être lui, monsieur le duc.
LE DUC
De l’unique famille qui portait ce nom, il ne restait, il y a douze ans, qu’un vieillard exilé et son fils qui, depuis, disait-on, est mort à Fontenoy.
ADRIENNE
Non, Dieu n’a pas voulu qu’il mourût, il existe, il est là, là, monsieur le duc!...
LE DUC
Dites à ce gentilhomme que je suis prêt à le recevoir.
Joseph sort.
ADRIENNE
Le comte de Mornas! Ah! c’est le salut, c’est la vie, c’est la rédemption pour mon père et pour moi! Entendez-vous, monsieur le duc, entendez-vous, Raoul? Entends-tu, ma mère adorée?
Elle baise à genoux et avec émotion les mains de la duchesse.