YALE NT I NE
Ce dépôt qui lui avait été confié...
la duchesse.
Votre père l’a dit, mensonge.
YALENTINE.
Cet or, ces papiers, ces titres et... ces bijoux qu’il portait la nuit, à sa femme...
LA DUCHESSE
Mensonge, toujours mensonge !...
YALENTINE.
Et pour faire croire à l’histoire qu’il inventait, à l’existence d’un misérable, assassinant afin de voler, il a fait disparaître... un... un collier que vous aviez donné à la pauvre victime, un collier de topazes et de saphirs, je crois...
LA DUCHESSE
Non, d’émeraudes, de saphirs et de rubis.
VALENTINE
Ah! oui, c’est ce qu’il disait à Adrienne, d’émeraudes, de saphirs et de rubis... avec un médaillon.
LA DUCHESSE
Un médaillon qui s’ouvrait en appuyant sur le diamant du milieu et dans lequel se trouvait gravé mon nom de jeune fille.
YALENTINE.
Votre nom ?
LA DUCHESSE
Marguerite.
YALENTINE, à part, avec désespoir.
Ah! ce collier! Est-ce bien lui, mon Dieu, que je tiens en ce moment ? Est-ce lui qui me torture, qui me brûle et que je ne puis regarder !...
LA DUCHESSE
Maïs qu’avez-vous donc, Valentine? Vous voilà plus pâle, plus agitée encore que vous ne l’étiez à mon arrivée ; pourquoi tremblez-vous ainsi ? Et que froissez-vous donc si fiévreusement dans votre main?
VALENTINE
C’est... un de ces bijoux dont on exige que je me pare... pour cette présentation et... (Très vite.) vous comprenez?... moi, une pensionnaire, je ne peux pas, je ne sais pas choisir... et... et si vous vouliez bien, madame...
Elle lui montre le coffret.
LA DUCHESSE, tristement étonnée.
Choisir... pour vous? Soit, voyons d’abord celui que vous tenez là.
VALENTINE, vivement.
Non ! oh! non... celui-là, je l’ai essayé déjà... je n’en veux pas... je ne veux pas le porter.
Alors... (Elle va vers la table oîi se trouve le coffret.) Voyons les autres.
VALENTINE, qui s’est éloignée de la duchesse, à part.
Le diamant du milieu! (Elle fait jouer le ressort et regarde.) Ah ! (Bas.) Marguerite !...
LA DUCHESSE, se retournant.
Qu’est-Ce donc? (La voyant chanceler et courant à elle.) Valentine, qu’avez-vous, mon enfant?
VALENTINE, se redressant et d’une voix très ferme.
Je n’ai rien... je n’ai rien, madame.
LA DUCHESSE
Mais ce cri jeté par vous...
VALENTINE
C’est... c’est une idée subite... et bien déchirante qui m’a traversé l’esprit. (Pleurant.) Je pensais à l’horrible dou-