SCÈNE I
LOUISE, assise A la gauche du théâtre, devant une (alla mie broderie A la mainet ne travaillant pas; M. DE SAINT-CERAN, entrant par la porte du
fond.
LOUISE, se retournant.
Vous, Monsieur, d’aussi bonne heure !.. Qui s'y serait attendu? Et ce discours que vous deviez prononcer à ta Chambre des pairs?..
M. DE SAINT-GERAN.
La séance est remise... je vieusde l’apprendre au Palais!..
LOUISE
Vous allez aa Palais?
M. DE SAINT-GERAN.
Quand on a des procès et des avoués... et j'en ai un charmant.
LOUISE
Dn procès?
M. DE SAINT-GEBÂN.
Non, un avoué.
LOUISE
C'est tout comme !
M. DE SAINT-GERAN.
Jé lui ai expliqué en route la succession de votre onde...
LOUISE
Ce n'est pas facile!
M. DE SAINT-GERAN.
C’est vrai ! et il m’a compris sur-le-champ... et mieux que moi-méme... C’est un habile homme!.. Il viendra ici en sortant du Palais, où ie l'ai conduit... et j'allais me rendre au Luxembourg. quand j'ai rencontré dans la salle des Pas-Perdus... le vicomte de Beaugé, mon collègue!
LOUISE
Ab ! le vicomte plaide aussi !
M. DK SAINT-GERAN.
Contre sa femme !.. Il venait de gagner en
séparation... C’est lui qui m’a appris qu'il n’y avait pas de séance à la Chambre... et qu'il n’cntendrait pas mon discours... 11 était dans sou jour de bonheur...
LOUISE
Mais vous , Monsieur , qui deviez parler...
cette nouvelle vous a contrarié?
M. DE 8A1NT-CERAλ.
Pas dans ce moment!., puisque je vous trouve seule... ce qui est bien rare pour moi !..
LOUISE
Et fort ennuyeux !
II. DE saint-geran, allant prendre une chaise, et s’asseyant près de Louise.
Du tout. .Au lieu de parier, j’écouterai... c’est tout bénéfice.
Louise, se retournant vers lui.
Savez-vous, Monsieur, que vous devenez très aimable et très galant?