HECTOR, CLÉRAMBEAU, AUNE, EMME
EMMERIC, s’écriant de loin.
Ah! mon oncle!., ma cousine!.. (Courant à Aline, qu’il embrasse i plusieurs reprises.) Chère Aline! quel bonheur de se revoir!..
clérambeau . passant entre eux deux.*
Eh bien !.. eh bien !.. et moi?
EMMERIC, lut serrant la main.
Bonjour, mon cher onde. (Renardant Aline.) Hais depuis un an , depuis mon dernier voyage h Bordeaux... comme ma cousine est embellie!
ALISE
Et mon père, qui disait qne non...
clérambeau , la prenant par la main.
Salue donc notre ami, notre avoué. M. Ballandard. et remercie-le de l’appartement qu’il nous a choisi.
ALISE
Il est charmant!
CLÉRAMBEAU.
Vous ne m’aviex pas écrit que mon neveu demeurait dans cet hôtel, on vient de nous l’apprendre.
HECTOR
One surprise que je vous ménageais.
ALISE
Juste l’étage au-dessous !.. Comme ce sera commode pour mon cousin... (A Oérambeau et baissant tes yeux.) quand il viendra vous voir. clérambeau, brusquement.
Je n’entends pas qu'il se dérange... je veux qu’il agisse sans façons... comme nous... Tu le vois, nom venons, en arrivant, te fairenotre visite; mais ça ne t’oblige à rien.
* Hector, AUne, Clérambeau, Emmeric.
EMMERIC,
Comment, mon onde?.,
CLÉRAMBEAU.
Ta as à travailler... il faut qu’un artiste travaille.
EMMERIC.
Tl y a temps pour tout... Je vous accompagnerai dans le monde, |e vous y présenterai.
CLÉRAMBEAU.
Je le remercie , je m’en abstiendrai.
HECTOR, i Clérambeau.
Il est lancé dans la haute société.
CLÉRAMBEAU.
Raison de pins: il y règne des mœurs qui m'effraieraient pour une jeune fille.
EMMERIC.
Eb! qui vous a dit cela?
CLÉRAMBEAU.
Vos livres et vos papiers publics... Apprenez, Monsieur, qu'à Bordeaux nous lisons tout ce qui parait à Paris.
EMMERIC, lui prenanlla main, d'un air de compassion.
Mon pauvre onde!..
Qu’est-ce que c'est ?
emmeric, riant
Je ne vous fais pas de reproches, vous êtes plus à plaindre qu'à blâmer... mais vous avex peut être tort de nous juger à la lecture... Nos mœurs sont plus honnêtes que nos écrits... et si vous restez quelque temps parmi nous , vous trouverez qu'il y a encore quelque décence et quelque bon ton dans nos salons , de la vertu dans les familles, de bons ménages dans le monde et des honnêtes gens partout.., même au Palais , demandez à Ballandard.
CLÉRAMBEAU.
Loi! je l'excepte, je le connais... fl est de Bordeaux... C'est une candeur, une pureté de mœurs... (Regardant son neveu.) bien rares de nos jour... El puis, avec lui . tôt ou tard les procès fiuisscnt, tandis qu'avec les autres...
EMMERIC.
ous voyez bien...
CLÉRAMBEAU.
Une exception ne prouve rien... Et vous, Monsieur, vous ne voyez jamais les choses que du beau côté, comme votre père, du reste, Baltbazar d’Albret, mon cher beau-frère, qui était toujours dans l'idéal et moi dans le positif... Ne fût-ce que par amitié pour votre mère...
ma pauvre sœur, je voulais associer son mari à mon commerce... Il aurait fait comme moi une bonne et solide fortune... Mais non.^an lieu de rester dans la rntrioe marchande, où l’on gagne de l'argent... il a vouln entrer dans la marine royale.
Où l'on gagne des épaulettes... de la gloire...
CLÉRAMBEAU.
Et des bonlets!.. Emporté à Navarin, fl m'a laissé sa veuve, qui n’a pas tardé à le suivre... et son fils que j'ai élevé chez moi , que je voulais aussi diriger vers le commerce... commis d'abord... (Jetant uncoup-d'oilsursa fille.) Et puis,
qui sait? D'autres vues... un bel avenir qui aurait continué la maison Clérambeau junior de Dordeaux... Mais, bah! avec cette famille-là on se trouve toujours dans des directions opposées à celle qu'ou voulait prendre... Et un beau jour, voilà que j’entends répéter de tous les cfltés que mon neveu a des dispositions... des talens... du génie!..
EMMERIC.
Non, mon oncle... mais le désir de ne plus vous être à charge et de m’acquitter de vos bienfaits.
CLÉRAMBEAU.
Mes bienfaits!., qu’est-ce qui t’en parlait?., personne !
EMU ERIC
Moi! qui ne les oublierai jamais!
Ebbien! était-ce une raison pour m’abandonner?.. pour avoir... du génie... Qu'cst-ce é(ui t'en demandait?., qui t’adonné ces idéesla?.. Était-ce moi ?.. Et surtout des idées de musique... moi.quin'aijamaispuen comprendre une note.
I1ECTOB, passant devant Aline et donnant une poignée de main a Clérambeau.
Enchanté de laire votre partie... (Aline remonte lethéltreet revient se placer entre Clérambeau et Emmeric.*) Et moi aussi , je ne comprends pas la musique, mais je l'aime.
CLÉRAUDEAU.
Moi , ie la déteste en particulier et les arts en générai !.. A qnoi sert un peintre ?.. A quoi sert un musicien ?.. A porter le trouble dans les familles, à monter la tête des leunes personnes, à leur faire perdre devant leur piano un temps qu'elles pourraient employer à calculer ou à tenir les livres en parties doubles.