‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 38 sur 126 · Daremuerg, loc. cit., f. iO · texte numérisé non relu

Daremuerg, loc. cit., f. iO

qui se passail do son temps, et cela n'était pas Jifïérent de ce qui s'était pratiqué longtemps avant lui. « On lisait, dit-il, et on expliquait Avicenne qui était regardé comme le prince ou le plus ex(;ellent de tous les médecins. On expliquait Rhazés, surtout le IX-^ livre de cet auteur, dédié au roi Almansor, dans lequel on prétendait trouver tout ce qui peut regarder la manière de guérir les maladies, on y citait aussi des praticiens plus modernes, comme un Bertrucius, un Gatinaria, un Guainerius, un Valesius, et un grand nombre d'autres ' . »

Un auteur italien du xv« siècle, qui fit, lui aussi, une Pratique, Herculanus, dit que ce traité de Hhazès est le plus utile du monde, qu'il faut tout lui sacrifier puisqu'il procure tous les biens, pourvu qu'on ne marchande ni le temps ni la peine qu'on prend à le commenter.

Le IX" livre de Rhazès traite des affections qui peuvent survenir chez l'homme a capite usqiie adpedes. Il est divisé en cinq parties. « Car, dit Ferrari, dans la première il traite des maladies de la tète et des organes nerveux. Dans la seconde, des maladies de la poitrine ou des organes spirituels. Dans la troisième, des maladies des organes nutritifs. Dans la quatrième, des maladies des organes de la génération et principalement des organes génitaux de la femme. Dans la cinquième enfin, des maladies des membres extrêmes. » Voici comment Matheus a dressé le plan de son ouvrage.

1. Nous mettons en noie la fin de cet aperçu intéressant. « On comptait surtout entre les principaux un certain Herculanus. Mais on ne tenait pas plus de compte des médecins grecs que s'il n'y en avait jamais eu, si ce n'est qu'il arriva quelquefois que l'on fit mention d'Hippocrate, de Galien et de Dioscoride et cela comme en passant. Les autres étaient entièrement inconnus et leurs livres ne se trouvaient ni en grec ni en latin. On avait seulement des traductions latines très corrompues et très barbares de rpielques-uns des ouvrages de Galien que ceux qui les avaient gardaient soigneusement comme quelque chose de fort précieux. 11 ne paraissait aussi d'Hippocrate que quelques petits livres comme celui des Aphorismes et des Pronostics, aussi mal traduits et aussi fautifs que les précédents. On lisait dans les écoles quelques endroits de ces derniers auteurs lorsque les princes arabes étaient d'humeur de leur céder la place, mais cela ne se faisait que rarement. » Cité par Lfxlerc, H. de la médecine,^. 783.

On voit par l'inventaire de l'Université de Louvain, publié le 5 septembre 1617 par ordre des archiducs Albert et Isabelle, que ce livre était expressément recommandé aux professeurs de la Faculté de médecine de cette Académie. H y est dit, article CXVI : Tertia (lectio) erit practica, ef dnc.ehil morhns a capite ad pedex. secundum ordinein quem R/ui-es liahel libro nono ad Ualinansorem, prœlereu de febribus el morùis conla(]iosi^.

Prriiuii^i [lour cxi'iiiple le chapitre I' de la première partie. Il a trait à la cêjthalalgic.

Au début, en gros caractères et en quelques lignes, uno sorte de formulaire dressé d'après Htiazës. Ce sont en somme les formules les meilleures du médecin arabe; elles devaient sans doute être apprises et sues imperturbablement par l'étudiant.

Ayant ainsi exprimé, pour ainsi parler, ce qui lui semble préférable dans la thérapeutique de Rhazès, Ferrari entre alors réellement dans son sujet. Il expose textuellement la matière du chapitre d'après le médecin arabe et d'après l'ordre par lui suivi. Il commente et explique, lorsqu'il y a lieu, à l'aide d'auteurs anciens. Ceci fait, il reprend la question, mais cette fois à sa façon, pour la développer et ajouter à Rhazès. Une méthode fixe va le guider : « Mais, dit-il, au début d'une exposition plus complète de la doctrine sur le soda (céphalalgie) je vais dire quel ordre je suivrai aussi bien dans ce chapitre que dans les suivants. Et d'abord je m'occuperai de définir la maladie et les différents termes qui servent à la désigner, et je dirai combien de formes de soda. Ensuite j'en viendrai aux causes générales, puis spéciales de l'affection. Suivront les signes; signes d'invasion, signes pronostics en bien ou en mal ; signes particuliers à chaque forme de céphalalgie. Enfin j'indiquerai les remèdes; en premier lieu les remèdes généraux, en second lieu les remèdes pour chaque forme. Cet ordre je m'efforcerai de le conserver dans tous les chapitres, à seule fin que toute la matière de cet ouvrage puisse être facilement conservée en la mémoire. » Effectivement tous les chapitres sont conçus d'après ce même plan. Quid nominis. — Divisiones. — Causa. — Signa de.monstrativa. — Signa pronostica ad bonum. — Signa pronostica ad malum. — Cura. Et lorsqu'on est habitué à l'écriture gothique, aux abréviations répétées, on arrive assez facilement à se reconnaître, à travers ces milliers de pages qui, de prime abord, paraissent indéchiffrables.

On trouvera à la fin de notre travail la table des matières contenues dans la Practica. On aura ainsi une idée assez nette des sujets traités dans son cours par un professeur de médecine, il y a quelques centaines d'années.

Le troisième ouvrage de Ferrari est intitulé Expostliones super vigesiniam sccundam Fen. tertii canonis d. Avic. Explication du 22*^ Fen* du troisième Canon d'Avicenne. H est dédié au duc de Milan, François Sforza. La partie la plus importante sans doute et la plus intéressante est celle qui traite des hernies. L'anatomie des parois abdominales et du péritoine, le mécanisme de production des hernies sont longuement traitées. Mais on n'y trouve rien de plus que dans la Practica.

La lecture de ces trois ouvrages nous permet de dire avec Daremberg que le siècle n'offre point de nouveaux problèmes de pathologie générale et qu'il y faut chercher seulement quelques détails de pathologie spéciale.

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