‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 4 sur 126 · Voir Corradi, Memorie e DocumenU · texte numérisé non relu

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4 En 1493, quelques étudiants étrangers désirant avoir pour recteur un certain Mathieu Conte demandent au duc de le mettre sur la liste des candidats Les noms des signataires sont intéressants à signaler : Albert comte de Ilohenloe- Thomas comte de Rieneck, chanoine de Cologne; Guillet, recteur; Gilbert Raquin, Elzenr Vacher, Thomas Pellison, Léonard Landry, Godefroy des Déserts. Jean Laurent, Raymond André, Étienne de Girardin, Fulto Favre, Jacques lirosset, Imbert do Vevey, Nicolas Giraud. {Bol. st. Sviz.)

5 A Aix le recteur jurait de ne point transporter ailleurs le « Stiuluun générale '> Ce serment n'était pas une vaine formule : à Bologne, plus d'une fois, les étudiants avaient en masse déserté la ville. Au iiV siècle les recteurs, docteurs et maîtres de l'Université d'Orléans avaient passé un contrat avec la ville de Nevcrs pour le transfert de l'Université dans cette ville.

meus. Ce bedeau général, choisi par le prince, élaii a la fois l'appariteur, le secrétaire et le libraire des Facultés*.

Les étudiants arrivent donc à Pavie en octobre^ au moment de la réouverture des cours, et ils organisent leur vie d'après leur rang social et leur fortune.

Quelques-uns s'installent avec leur précepteur et leur maison. Les étudiants désireux de travailler logent chez un professeur dont ils suivent les cours et qu'ils prennent pour parrain (pro pâtre). Ils acquittent une redevance fixée par les règlements*

D'autres écoliers vivent chez l'habitant en pratiquant l'échange : un Parisien envoyait son lils chez un habitant de Pavie et recevait, pendant la durée de ses études, le fils de cet habitant.

Ecoutez Félix Platter, qui vicnl de Bàle, en échange, raconter son arrivée à Montpellier chez l'apothicaire Laurent Catalan :

M« Laurent et sa femme étaient assis devant leur boutique qui était fermée comme tous les dimanches. Il fut surpris quand il me vit mettre pied à terre. Je lui adressai la parole en latin* et

1. Comme secrétaire, le. bedeau tenait les livres où s'inscrivaient ceux qui prenaient leurs grades universitaires, il délivrait les diplômes, dressait les procès-verbaux des examens, et consignait les réponses faites par les candidats. Gomme libraire, il avait la charge des livres qu'on voulait vendre. Comme appariteur, il annonçait dans les écoles le décès des membres de l'Université, les fêtes, les principia des bacheliers, les repelUiones et les disputationes des docteurs, le programme des cours. Il convoquait les membres de l'Université sur l'ordre du vice-chancelier ou du recteur, il faisait sonner les cloches aiix heures fixées par les statuts.

2. L'époque des vacances était à peu près la môme dans toutes les écoles du moyen dge et elle ne diffère pas sensiblement des congés de nos jours Les cours chômaient en général à l'approche de la Noël, le mardi gras, le mercredi des Gendres, huit jours avant et huit jours après Pâques, à l'Assomption, à la Pentecôte; enfin aux vendanges, époque des grandes vacances qui allaient du 7 septembre au lendemain de la Saint-Luc.

3. Dans la Practica de Feiihari, f° cxix, nous lisons : « Noli oblivisci quod vidi mirabilc experimentum rcpcrtum a casu ab uno ultramontano stante in domo mea. » (Voir aussi Pièces annexes, lettre XXXH.)

4. Ce que devaient être les conversations dans ces conditions on rimagiiu; sans peine. Platter nous a conté un de ces coq-à-l'flne. « Le 10 août, jour de la Saint-Laurent, mon maître me conduisit à sa vigne. En partant il avait dit à Balthazar ilumniel : " Bauthasach, accipe qladium » pensant qu'il prendrait un

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lui remis la lettre du D' WolfUus, ancien précepteur do ses fils. Il poussa un soupir et lit conduire mon cheval à l'écurie. Bientôt arriva Jean Odralzheni, un Strasbourgeois qui servait dans la pharmacie; il nie souhaita la bienvenue cl. me fit mnntor (i:inv la nuiison.

Les étudiants pauvres qui ne trouvaient pas à en entrer comme pédagogue dans une famille, pour le prix de la pension, avaient une vie fort dure, et ce portrait fait par Buoncompagno, qui enseigna à Bologne, pourrait s'appliquer à l'étudiant pauvre du xv° siècle :

Je devais passer mon temps à suivre des cours et à apprendre, écrit l'un de ces pauvres hères, mais la misère m'oblige à aller mendier aux portes des ecclésiastiques. J'en suis réduit à leur crier vingt fois de suite : « La charité, mes bons seigneurs! » et ils me répondent souvent : « Va-t'en avec Dieu ». Je me transporte dans les maisons des laïques : on me repousse avec force cris, et quand on me dit par hasard : « Attends un peu », je reçois un morceau de pain détestable dont les chiens ne voudraient pas. Les mendiants de profession obtiennent, plus souvent que moi, les mauvais légumes, les peaux et les nerfs qu'on ne peut mâcher, les boyaux qu'on jette, le vin avarié. La nuit, je cours à travers la ville, tenant d'une main un bâton pour me défendre contre les chiens, de l'autre une besace pour recueilUrles débris de poisson, de pain et de légumes et une gourde pour prendre de l'eau. Souvent il m'arrive de tomber dans la boue, cette boue de Bologne qui sent le cadavre, et c'est ainsi que je rentre chez moi, tout souillé, pour satisfaire, avec les restes qu'on m'a jetés, un estomac qui aboie*.

Le tableau est peut-être poussé au noir, mais la preuve que l'existence de ces malheureux menaçait la sécurité publique, c'est que l'Eglise fulminera bientôt dans ses conciles contre les clercs vagabonds et que la charité privée s'est occupée de venir en aide aux étudiants pauvres. Elle fonde en leur faveur des maisons de refuge qui leur fournissent le vivre et le couvert. C'est l'origine bien humble des collèges, de ces établissements de boursiers qui s'établissent dans toutes les Universités.

couteau pour couper du raisin, mais voilà que llunmiol emporte son cpée ; al^irs mon maître lui dit : <■ Fis pugnare » et l'avertit qu-il avait entendu un couteau par le mot

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