‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 55 sur 126 · Revue scientifique, 29 sept · texte numérisé non relu

Revue scientifique, 29 sept

Nicaisc, il y a toujours eu des maladies graves, des diagnostics difficiles, des responsabilités considérables pour lesquelles la réunion de plusieurs médecins devenait nécessaire; il y a toujours eu des malades occupant une haute situation ç|ui voulaient être soignés par plusieurs praticiens. Pourtant au sujet de ces consultations le moyen âge fournit peu de documents; l'ouvrage de Mondeville est celui qui en renferme le plus.

Ce qui se passait jadis ne diffère pas beaucoup de ce qui se passe de nos jours. « Tous les consultants font l'examen l'un après Fautre. Ensuite, si le cas l'exige, ils examinent de nouveau le malade tous ensemble, se montrant réciproquement les signes de la maladie et les considérations particulières remarquables qui dépondent soit de la maladie, soit du malade. Puis l'un d'entre eux, celui qui est le plus élevé, surtout s'il est médecin, dit au malade : « Seigneur, nous « voyons bien ce que vous avez, cela nous paraît clair et vous « devez avoir pleine confiance et vous tenir en joie, car nous « sommes ici tant et de telles gens que nous suffirions à un « roi, et que le plus jeune d'entre nous pourrait suffire à éta- « blir, poursuivre et mener à bien votre traitement.. . » Quand toutes les questions que le cas exige ont été posées avec soin au malade, les consultants sortent de sa chambre et entrent dans une autre où ils seront seuls, car dans toute consultation les maîtres discutent entre eux afin de mieux discerner la vérité, et parfois grâce à la discussion, ils en viennent à des termes qui feraient croire à des assistants étrangers qu'il y a discorde ou lutte, et c'est le cas quelquefois. Ensuite, celui qui est le plus âgé, le plus éminent ou le plus illustre, s'il y en a un, comme serait un médecin du roi ou du souverain pontife, proposera aux autres que l'on parle l'un après l'autre, et si tous se taisent, comme ils le doivent devant lui, il prendra lui-même la parole et les questionnera tous, les uns après les autres, en commençant par le plus jeune et le moins renommé, et ainsi de suite, montant toujours de l'inférieur au supérieur. Qu'il demande donc à tous, dans l'ordre qu'on vient de dire, quelle est la maladie présente, comment elle se nomme, suivant l'expérience des hommes experts, quels sont les auteurs qui eu font mention et dans quelle partie de

leurs ouvrages. Une fois la réponse donnée, qu'il demande si le mal est curable on non et, dans le cas où il le serait, par quel moyen ^ »

Voici donc le médecin, seul ou en compagnie de confrères, arrivé au moment oii il faut formuler. C'est ici que va se montrer la supériorité du physicien sur le chirurgien. Celui-ci était timide, celui-là accumule les prescriptions. Il est des consultations de Ferrari qui ne sont que des ordonnances de plusieurs pages, et l'on se demande, en les lisant, comment en une journée le malade pouvait suivre toutes les prescriptions du médecin, et comment son estomac pouvait tolérer toutes les drogues. Ici encore le physicien procède par ordre, suivant des règles précises.

Il commence par établir la diète. Et par ce mot les anciens entendaient les règles à suivre envers les six choses non naturelles qui sont l'air, la nourriture, le repos, la joie, l'évacuation, le sommeil. Des moyens employés pour combattre la maladie, la diète est le plus doux et aussi le plus louable. Et il faut être plein de respect pour ces prêtres qui guérissent avec des aliments, avec l'eau qui a lavé le calice, avec le pain bénit, des affections que les physiciens guérissent avec les médicaments. Les malades qui sont guéris par des aliments sont plus facilement ramenés à l'état de nature. Et Avicenne dit que le meilleur médecin est celui qui guérit les maladies d'abord, avec des aliments et des boissons altératives, puis avec des boissons digestives et des médecines laxatives, etc. La diète est donc le régime. C'est la partie hygiénique du traitement et elle est l'objet de soins particuliers de la part du médecin, qui doit toujours commencer par elle son ordonnance. Ce régime, on le voit, comporte plusieurs points à établir.

L'air qui convient au sujet est en premier lieu fixé. Il sera contraire à son tempérament : dans tel cas, par exemple

1. MondeviUe n'est pas partisan du grand nombre des consultants. II émet a ce propos cette comparaison irrévérencieuse mais originale : « Nous sommes, dit-il, comme les poils du chien, plus ils sont longs plus ils nuisent aia ftete, parce qu ils la surchargent, que les puces s'y cachent m grand nombre et enfin que la longueur des poils ne lui est d'aucune utilité, puisquil meurt rarement de froid. »

il sera sec, ot pour peu quo la complexion du malade soit aussi légèrement froide, il devra en même temps être un peu chaud. On évitera l'air lourd, nébuleu?:, le voisinage des marécages, les lieux où le vent souffle avec trop de violence. Si la chambre où repose le patient est humide ou mal exposée, on le déplacera. L'état de l'atmosphère, l'excès de chaleur ou de froid préoccupent le médecin et le chirurgien. Ce dernier ne doit pas opérer — qacUe que soit la iîénignité de l'intervention — par trop grande chaleur ou trop grand froid, à moins de nécessité urgente, prières du patient ou des siens. Si le malade change de résidence pendant l'été, on le transportera à l'heure la plus fraîche et par un vent du Nord. Si c'est en hiver, on le transportera à midi lorsque souffle le vent du Sud. Au médecin incombe le soin de donner des instructions pour mettre la chambre du malade en l'état qui lui conviendra le mieux. Il dira son orientation, les moyens à employer pour ventiler. Dans certains cas il ordonnera des feux de bois aromatiques, des fumigations odorantes ; il fera placer çà et là des fleurs ou des plantes qui réjouiront la vue et parfumeront l'appartement.

Faut-il faire de l'exercice? « L'exercice, eu eff'et, selon Galien, excite la chaleur naturelle et dissipe les superfluités. » Mais certaines maladies nécessitent un repos absolu, d'autres un repos relatif, d'autres enfm réclament un exercice journalier, et c'est au médecin de dire quel il sera. Pour tel malade, une promenade en voiture ou en litière à certaines heures, avec permission d'en descendre pour faire quelques pas. Pour tel autre, équitation; pour celui-ci, longues promenades à pied; pour celui-là encore, il est indiqué de soulever des poids. Le plus souvent, après l'exercice, violent ou non, et à moins de contre-indications formelles, aspersions d'eau froide ou tiède aromatisée, et frictions avec linges chauds.

Les siestes de l'après-midi ne sont généralement pas utiles. Elles prédisposent aux maladies humides rhumatismales et aux fièvres. Cependant, lorsque le sujet y est habitué, il ne faut pas les supprimer brusquement*. Il est sage

1 Sed quedara sunt corpora^que ex longa consiietudine ita sunl disposita <luod nirii dormiant pauktim in die laxanlur. Et ego Jo. Matheus eliani suin

d'ailleurs que le malade ne s'écarte pas des habitudes qu'il a longtemps suivies avant d'être atteint de son affection actuelle, à moins que le médecin n'ait des raisons de penser que ces habitudes sont trop mauvaises et peuvent avoir de funestes conséquences. Si, par exemple, un malade avait coutume, en bonne santé, de manger à certaines heures, de manger deux ou trois fois dans la journée, de faire sa sieste après son repas, le médecin ne prescrira rien pouvant changer cette habitude. Et il agira ainsi prudemment; car si, pour une cause quelconque, le patient se trouvait incommodé, on ne manquerait pas d'imputer une légère aggravation dans son état au changement de ses habitudes, c'est-à-dire au médecin.

Les heures consacrées au sommeil sont fixées avec grand soin; quelques règles générales sont de prescription courante : ne pas se coucher immédiatement après le repas ; ne pas dormir plus de huit heures, sauf dans les maladies aiguës très graves, etc.

Les passions animales, colère, tristesse, ennuis doivent être proscrites. Elles troublent les humeurs. Le malade, à condition bien entendu que son affection ne soit pas aiguë s'efforcera de se distraire. 11 faut rire, voir des amis gais et de bonne humeur, s'amuser, jouer aux dés, assister à des réunions où l'on entend de belle musique, admirer des peintures, sculptures, monuments. Les costumes riches et d'étoffe rouge ont, paraît-il, une influence marquée sur le moral'.

ex illis et qnedam sunt taliter disposita ex consuetudine quod post cibum subito nisi dormiant parumper etiam laxantur et inflainmantur. [Practica, f" cxliiij.)

1. L'influence du moral sur le physique était bien connue des anciens médecins. Chez tous les auteurs que nous avons consultés nous avons retrouvé cette même préoccupation du médecin: agir sur l'esprit de son malade Ecoutez ce que dit II. de MondeviUe « On amène, dit-il, le malade à croire qu une fois guéri, il fera tout seul de grandes merveilles ; s'il est chanoine de quelque église ou de plusieurs, on lui dira, que ce soit vrai ou faux, lors méine qu il devrait être au cachot ou suspendu après sa guérison, que lévéque ou le prélat est mort, que c'est lui qui est élu; qu'il songe alors à préparer sa demeure et son personnel; qu'il est à espérer que lui-même plus tard sera pape. On peut lui porter et lui remettre sans remords de fausses lettres sur la mort ou le discrédit de ses ennemis ou de personnes de la mort desquelles il attend une promotion. On doit interpréter heureusement ses visions et ses songes, ainsi qu'il arriva à un certain chanoine de quatre prébendes qui rêva qu'on lui apportait deux bâtons. Le lendemain comme il se promenait à cheval, il raconta cela à ses compagnons ; l un d'eux

— IGO —

Un médecin du moyen âge est très versé dans l'art culinaire. Non seulement il connaît les inconvénients et qualités de tous les aliments tant animaux que végétaux, mais il sait par certains procédés de cuisson ou par des mélanges bien combinés atténuer ces inconvénients ou amener à la perfection ces qualités. Ferrari insiste sur ce chapitre alimentation et aussi sur le chapitre boisson. On trouve môme chez lui d'excellents conseils qui ne seraient pas déplacés aujourd'hui.

En résumé, tout ce qui a trait à la diététique est certainement intéressant chez un médecin lettré du moyen âge. Dcchambre remarque que chez Ferrari « la partie hygiénique et diététique dénote un esprit judicieux ». Les médecins instruits de ce temps voulaient faire une hygiène et une thérapeutique pathogéniques ; ils étaient dominés par des vues générales sur les humeurs, leurs altérations et leur influence sur l'organisme, ils en déduisaient le choix des médicaments. Ainsi Jean de Dondi, ami de Pétrarque lui défend six choses, à un moment où sa santé était mauvaise : l'usage des chairs salées, du poisson salé, des herbes crues, le jeûne, l'eau pure en boisson, les fruits, et il insiste sur son interdiction. On peut croire qu'il était guidé par une vue systématique à une époque où deux maladies comme la peste et la lèpre prédominaient. La doctrine microbienne nous amène aujourd'hui aux mêmes prescriptions que celles de Jean de Dondi

Après la diète, le médecin prescrit la potion, c'est-à-dire les médicaments, et ici il dépasse la mesure.

La matière médicale de Ferrari est riche. Elle ne diffère pas de celle des chirurgiens des xiii" et xiv" siècles. Mais il nous semble inutile d'entrer dans des explications sur les médicaments rejoerc?«^2/5, épaississants, contractifs, expressifs, opilatifs, résolutifs, maturatifs, mondificatifs , régénératifs, incarnatifs et cicatrisants , etc., etc.

A propos de la pharmacie ou plutôt polypharmacie de

lui expliquant la chose lui dit : « Seigneur, vous êtes chanoine ici et là ; vos prélats sont morts ; il n'est pas possible qu'on ne vous apporte au moins les bâtons de deux prélatures. » Alors, plein de joie, notre chanoine cavalcada si vivement en abandonnant les rênes, que tombant par terre, lui et son <;heval, il se cassa les deux cuisses, de telle manière qu'il n'en guérit pas. Il ne put marciicr le reste de sa vie qu'avec les deux bâtons dont il avait rêvé. » 1. Voir NiCAiSE, G. de Chauliac, p. Lxvi.

cette époque, nous ne pouvons mieux faire que de citer ces lignes du D"^ Saint-Lager tout k fait compétent dans la question :

Cet aperçu, dit-il, est facile h résumer. En premier lieu ce n'est pas botanique qu'il faut dire, mais matière médicale. En effet, depuis Dioscoride, la botanique n'existait pas comme science indépendante. Durant l'antiquité, Aristote et son élève Théophraste sont les seuls qui aient étudié les animaux et les plantes, en dehors des applications utiles. La matière médicale, telle qu'elle avait été constituée par Dioscoride et Galien, a été l'objet particulier de l'étude des médecins arabes et notamment de Sérapion, d'Avicenne, de Mésué et d'isaac Ib-Annam. L'héritage fut recueilli par les maîtres de la seconde période de l'école de Salerne, Constantin, Platearius et Mathœus Sylvaticus. Toutefois, la matière médicale des Salernitains perdit son caractère exclusivement oriental et emprunta un grand nombre de remèdes aux plantes qui croissent spontanément en Italie. Cette tendance fut de plus en plus marquée à mesure que l'enseignement de l'École de Salerne rayonna à travers toute l'Europe. On peut donc dire qu'au xiv« siècle, la matière médicale était celle qu'avaient enseignée les trois Salernitains précédemment cités

A ne s'en rapporter qu'aux ouvrages de Matheus, cette dernière phrase s'applique également au xv^ siècle.

Les médicaments ordonnés par Ferrari sont rarement simples. Le plus souvent ils sont à l'état de combinaison, et on en jugera par la lecture de certaines consultations. Les Arabes avaient transmis des formules compliquées renfermant souvent des substances étranges et même repoussantes. Chez tous les médecins du moyen âge on retrouve quelquesunes de ces formules. Il est à présumer que les physiciens d'alors étaient souvent obligés de compter avec le sentiment populaire, qu'une composition médicale avait d'autant plus de vertu qu'elle renfermait certaines substances dégoûtantes. Les sorciers, les astrologues, les charlatans surtout, qui sont de tous les temps et de tous les pays, exploitaient la super-

1. In G. de Chauliac de Nicaise, f. lxxxiii. — M. le D' Saint-Lager a écrit en 188f) un mémoire clans lequel il insiste sur l'influence considérable exercée par l'école de Salerne : Recherches sur les anciens herbaria; Paris, J.-B. Baillière, 1886.

stilion du public, et les vrais médecins étaient tenus de compter avec ces idées'.

La matière médicale comprenait beaucoup de substances qui venaient d'Orient. Elles étaient transportées en Europe par les vaisseaux de Venise qui possédait alors le monopole du transit entre l'Orient et l'Occident. Venise amenait sans peine toutes les drogues sur son marché et dans ses immenses entrepôts, puis une flotte quittait tous les ans l'Arsenal, et allait répandre au loin ses produits recherchés. Elle faisait escale en Afrique, en Espagne, en France, dans les Pays-Bas et en Angleterre. Chaque vaisseau était chargé d'épiceries, de drogues et d'aromates. Cela dura ainsi jusqu'à la découverte du Nouveau Monde.

Aux xiv" et xv** siècles, certains médecins s'occupaient eux-mêmes de la préparation des médicaments, et parmi eux il en est qui écrivirent des Aniidotaires. Guy de Chauliac insiste sur la nécessité pour les médecins, et surtout pour les chirurgiens, de savoir inventer et composer les remèdes, et aussi de les administrer au malade « parce que plusieurs fois il leur advient de pratiquer en des lieux où l'on ne trouve aucuns apothicaires; ou, si on en trouve, ils ne sont pas si bons qu'il faudrait, ni si bien fournis de tout», etc. Il y avait des apothicaires, mais seulement dans les grandes villes. Souvent les médecins délivraient eux-mêmes , les médicaments. Quelques-uns de ceux-ci, d'un emploi fréquent, étaient préparés d'avance, tels les terres sigillées, les tablettes, les Irochisques qui étaient composés de poudres médicamenteuses maintenues sous forme solide par un excipient, gomme, mie de pain, qui se dissolvait facilement. Les

1. En Chine et de nos jours, on observe des pratiques semblables. La Semaine médicale du 21 mai 1890 reproduit une note du D' Blanc, médecin à Shangaï, où se trouve le passage suivant : « Sir Robert llart, inspecteur général des douanes chinoises, vient de l'aire paraître la List of chinese médecines, renfermant une statistique complète de tous les médicaments à l'usage des Chinois, qui ont passé durant le cours d'une année dans les principaux ports de la Chine. — Les Chinois emploient beaucoup de nos plantes médicinales, ainsi l'aconit, la gentiane, le datura, la mauve, etc.; un grand nombre de drogues bizarres repoussantes : vers à soie desséchés, scorpions, millepattes, crapauds séchés, enveloppes de cigales, reins et pénis de phoque, d'àne, de chien, de cerf, os et dents de tigre, excréments humains préparés, peaux de serpents, bouse de vache, bouse d'àne, placentas desséchés, crottes de cigale, de lapin, de chèvre, bile d'ours, etc. «

préparations officinales se trouvaient aussi chez les épiciers. Au début, les pharmaciens vendaient seulement les produits préparés ou livrés par le commerce, d'où leur nom d'apothicaires^. Ils furent longtemps confondus avec les aromataires ou épiciers. C'était en réalité surtout des marchands d'épices, de drogues, de confiseries et de ces nombreuses compositions si fort en usage, dont l'Orient et l'Italie gardèrent longtemps le monopole'''.

Nous n'insisterons pas ici sur les formules du moyen âge ; on en trouvera un assez grand nombre plus loin. En somme, le but de la potion, suivant la doctrine humorale, est d'agir sur les éléments morbides, sur les humeurs, fumées et ventosités qui se répandent dans des organes d'où il faut les repousser. Les médicaments sont un moyen de les transporter d'un organe principal dans un autre moins important et moins susceptible ou d'en atténuer les effets.

" A côté des produits pharmaceutiques qui entraient dans la composition des purgatifs, clystères, cautères, suppositoires, etc., tous remèdes très en faveur autrefois, il nous faut donner une place à part à la phlébotomie.

Nous allons d'abord demander à Ferrari de nous renseigner sur quelques maladies réclamant la saignée au xv*^ siècle. Voici la réponse :

In : Apoplexia. — Apostemate calido hepatis. — Ârdore urine ex causa calida. — Asthmate. — Aurum dolore. — Calido renum apostemate. — Capitis dolore a sanguine et a communitate. — Calarrho. — Colici et iliaca passione. — Denlium et gingivarum dolore. — Diarrhea sanguinea. — Dolore calido ileos et coli. — Dolore hemorrhoïdarum cecarum. — Dysenteria acuta. — Elephantia. — Epilepsia. — Hepalo debililalo. — Hepatico Ihixu. — Hemorrhoïdibus. — Icteritia a causa calida. — Icterilia cum J'ebre. — Icterilia nigra. — Iliaca ab apostemate. — Incubo. — Lingue gravidini. — Lapidem aut arenam paLienti. — Lethargia. —

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