Voir R. scient., 21 décembre 1867, p
nous citions plus haut. Mais il faut bien reconnaître quelque bon sens à un médecin, qui, au seuil du xvi® siècle, écrivait ces quelques lignes :
Le vulgaire croit que pendant la nuit de mauvais esprits viennent peser sur certains individus, et Gérard de Crémone rapporte celte opinion des théologiens, que la cause du mal est un démon existant dans l'air. Il vient se poser sur le patient et communique à ses membres une quahté mauvaise qui les rend impotents. Le malade perd alors la faculté de se mouvoir et de parler, comme ceux qui dorment sous un noyer; mais le médecin n' arien à voir avec les esprits, et il doit ramener ces accidents à des causes qui relèvent de la médecine... Une des principales est une accumulation trop grande de nourriture dans l'estomac, avec dégoût nauséeux, compression du diaphragme et consécutivement compression du cœur par des vapeurs. (Pr., de Incubo.)
Lorsque Ferrari écrivait ceci, l'opinion de Gérard de Crémone commençait déjà son œuvre néfaste, et le xvi^ siècle allait voir s'élever des bûchers dans tous les pays d'Europe.
D'ailleurs les superstitions et autres idées par trop fantastiques n'ont pas de prise sur l'esprit de Matheus. Il n'est pas de ceux qui acceptent tout sans contrôle. « On m'a raconté, dit-il, le cas merveilleux d'un animal qui serait sorti tout ailé d'une matrice. Mais je ne l'ai pas vu et l'on raconte bien des choses dont on n'a pas été témoin'. »
Lorsqu'il juge utile d'appuyer un texte galénique ou arabe, il aime à citer des observations personnelles. Et à ce propos il est à remarquer que le secret professionnel ne le gêne en aucune manière. M. le D'" Auvard, dans une leçon sur V Hygiène de la femme'', remarque que les préjugés en vigueur dans la société actuelle l'empêchent, dans un article de science, d'aborder l'épineuse question des rapports sexuels. « Car, dit-il, la malveillance ne manquerait pas de fausser l'interprétation de mes intentions. » Au xV^ siècle, comme on pourra le constater par la lecture de la Consultation LXXII, ces préjugés n'existaient pas, et Ferrari n'hésite pas à entrer dans»les détails les plus scabreux, en inscrivant en tête de sa consultation le nom et les titres de sa cliente.