Médecine moderne, mars
Dans sa Practica, il nous met au courant de ses cures ; nous parle de l'hydropisie de François Sforza. du catarrhe de maître Maffeo Veggio de Lodi, illustre poète du xv" siècle, et des maladies do plusieurs seigneurs qu'il soigna dans toute l'étendue du duché de Milan, et dont il donne les noms.
D'ailleurs, ses parents et ses amis ont collaboré d'une façon toute particulière à ses ouvrages. Lorsqu'il a besoin d'une belle observation, il la prend dans sa propre famille. Et nombre de détails biographiques nous ont été fournis par la Practica. Son père montait à cheval bien qu'il fût affligé d'une fistule gênante. Son beau-père, « pendant plusieurs années asthmatique, fut cependant guéri. Dans ma jeunesse, dit Ferrari, l'année même où je devins son gendre, je reconnus que la difficulté de la respiration provenait chez lui d'une complexion chaude du cœur et d'une complexion sèche du poumon. Il prit donc des remèdes humides et, légèrement froids, et se porta mieux jusqu'à un âge très avancé ^ »
On a déjà entendu parler d'une de ses commères, à propos de l'aventure merveilleuse d'un suppositoire. Une autre mourut d'indigestion, et peut-être par la faute des médecins.
En cette année U67, j'ai été témoin d'une imprudence, et d'un accident très grave, survenu à la suite de la prise de certaines médecines violentes parle haut, le bas et par des clystères. Ces médecines avaient été prescrites contre une douleur apparue brusquement chez dame Cachosina, femme du magnifique maître Antoine de Lunate, docteur et chevalier. Elle était ma commère très chère. En moins de deux jours elle était morte. A dire le vrai, je ne crois pas quant à moi que l'ordonnance fut cause de sa mort. La défunte sortait de convalescence d'une autre maladie ; elle mangea à son repas du melon en grande quantité, des poissons de rochers, des légumes et des lentilles -- c'était jour de jeûne. — A mon avis, et d'après les accidents, il faut incriminer surtout le melon. En tout cas, gardez bien ceci en votre mémoire pour ne pas commettre semblable imprudence*. »
Veut-il prouver que les médecins les plus doctes se peuvent tromper, il cite des exemples : •
... Et de mon temps, c'est ce qui arriva à un fameux et très