‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 60 sur 126 · Practica, fol. ccvi · texte numérisé non relu

Practica, fol. ccvi

illustre docteur de notre Université. Il soignait un personnage consulaire de Milan, malade d une pleurésie. 11 l'avait presque conduit à la guérison, lorsque lui-même fut atteint de la même affection. Mais il jugea dès l'apparition de la douleur qu'elle était produite par une ventosité. Or donc, de son propre mouvement, ou sur les conseils des médecins qui avaient visité avec lui son malade, il prit des médicaments chauds, et en peu de temps, il mourut. C'était une pleurésie.

Lui-même commet quelquefois des erreurs de diagnostic dans sa propre maison. Il les conte ingénuement, faisant entrer le lecteur dans sa vie privée : ,

A ce propos, je dirai ce qui advint à ma femme qui eut une fausse grossesse, alors que j'étais persuadé avec de très savants confrères et de très habiles matrones qu'elle était enceinte. Voici le cas. Ma femme avait alors trente-trois ou trente-quatre ans; elle était en excellente santé, d'un tempérament bon et sanguin. Dieu nous avait donné trois fils; les deux premiers étaient morts à des époques différentes, et le troisième était arrivé à l'âge de sept ans. Il était parfaitement bien de corps et d'esprit, et se développait à ce point, qu'on pouvait le dire doué au delà de la moyenne en force et en intelligence. Dès le quatorzième mois, il avait montré des marques d'intelligence qui auraientpu s'appliquer à un enfant ordinaire de quatorze ans^ Après deux jours de maladie, il rendit son âme à Dieu en pleine connaissance, se recommandant au Seigneur et faisant le signe de la croix. Ainsi nous nous trouvâmes privés de nos enfants, et la perte du dernier nous fut surtout sensible. La douleur de sa mère fut telle, que pendant trois mois elle resta comme folle jusqu'au moment où apparurent des signes de grossesse. A partir de ce moment le regret de l'enfant perdu s'adoucit. Elle reprit ses habitudes ; les menstrues avaient disparu, le ventre grossissait peu à peu, il y avait pesanteur dans l'abdomen et dans les lombes, et tous les autres phénomènes qu'elle avait éprouves au temps de ses précédentes grossesses avaient fait leur apparition. Pourtant, on notait cette particularité qu'à l'époque menstruelle ordinaire, il y avait un écoulement très minime de sang, alors qu'en temps ordinaire les menstrues étaient très abondantes. A la fin du troisième mois, ou au commencement du

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