Missive ducali, mazzo 93, f. 231, verso
3. Lellre du secrétaire ducal Bartii. Calchi au podestat de Pavie. Missive ducali, mazzo 189, f. i't.
4. « Un jour que j'assistais à un cours dans l'auditorium, je vis les étudiants se livrer à toutes sortes de jeux pendant que le professeur était en chaire, faisant un vacarme allreux pour l'interrompre et l'apostrophant afm de le forcer à terminer plus vite, ce qu'il fit (;n clfot au milieu tlo leurs acclamations et de leurs bruyants vivats. >> (Thomas Flatter, p. 489.)
En temps de carnaval' c'était un usage, chczlesctudiants, de dérober les livres des professeurs et de ne les leur restituer que contre la remise d'un ilorin par ouvrage ^
A ce moment de l'année, tout est prétexte à querelles et à tumultes '. Une lettre de Jacques de Pontremoli, un des vicaires généraux du duc de Milan, fait le récit d'une nxe entre étudiants masqués qui eut lieu dans un bal donné à l'hôtel Beccaria. Un étudiant allemand glisse en dansant et tombe. Chacun de rire; il se relève et demande raison à l'un des assistants et la querelle dégénère en une bataille entre Allemands et Italiens.
Il faut même que Galeas Marie autorise certains étudiants à porter des armes. Un rescrit du 14 octobre 1467 « concède le port de toutes armes au noble Jean de Cologne, étudiant allemand en droit civil dans notre Université; car des gens mal intentionnés qui le poursuivent de leur haine lui ayant, à plusieurs reprises, tendu des embûches, il hésite, avec raison, à continuer ses études dans notre ville de Pavie ». Il est rare que les réjouissances se terminent sans quelque bagarre. L'usage veut qu'à l'occasion de la nomination d'un recteur ultramontain, on donne des joutes publiques. Aux étudiants viennent se joindre les palefreniers et les valets de l'Université, tous ces mauvais garçons dont les étudiants eux-mêmes sont victimes et qui, au dire d'Etienne de Bourbon, étaient presque tous des voleurs.
Le 15 août 1453, le Référendaire de Pavie écrit à François Sforza :
1. A Bologne les lois avaient même pourvu aux plaisirs des étudiants Une loi ordonnait que les juifs paieraient 104 livres et demie aux jurisconsultes, et 70 livres aux artistes pour être employées à un festin de carnaval. {Stat. Bon., lib. 4, p. 96.)
2. Renieri Guicciardini, qui fut recteur de l'Université de Pise pendant cinq années, avait eu l'idée de réunir quelques camarades et d'aller masqués pour prendre les livres. Un autre étudiant, Angelo Gostaiizo, ayant en la même idée, se prit de querelle avec Guicciardini. Et, à la suite d'une bataille dans laquelle il eut l'avantage, Costanzo et ses compagnons se promenèrent par toute la ville armés de pied en cape.
3. Les divertissements n'étaient pas toujours très raffinés. A Bologne, la fête la plus populaire était la porchella : elle consistait en une somptueuse course au palio pendant laquelle on jetait un porc rôti au peuple qui s'en disputait les morceaux à coups de poings, tandis que du haut des balcons, on versait sur la foule le bouillon dans lequel on avait cuit l'anuual. [Rasser/na nazionale, i" février 1898.)
Je sais que V. E. est très préoccup(5e d'affaires sérieuses et de dangers menaçants. C'est donc avec regret (pic je crois devoir lui faire connaître des troubles qui ont eu lieu ici, dans la nuit de dimanche dernier. Ce jour-là, à l'occasion de la nomination du recteur de l'Université, des valets, des palefreniers, des maîtres d'armes et autres gens du peuple firent une joute. Les cavaliers étaient accompagnés d'individus portant tous des bâtons. Ils se divisèrent en deux camps pour la joute; les guelfes d'un côté, les gibelins de l'autre. Pour éviter toute dispute, il fut décidé que le palio, consistant en une pièce de velours de sept brasses, serait partagé entre les deux camps. L'un des palefreniers qui portait la pièce de velours se mit à parader dans la ville, suivi d'une foule de jeunes gens à cheval. Tous chantant et criant arrivèrent à la 24« heure, à la porte Saint-Jean. Ils y trouvèrent une foule de plus de mille hommes armés qui criaient : "Vive celui-ci! Vive celui-là! A mort les Guelfes! A mort les Gibelins! Et dans la bagarre sept ou huit personnes furent blessées. Il ne m'appartient pas de faire connaître à Votre Seigneurie les noms des insligateurs de ces troubles. C'est affaire au podestat. Mais je prie Votre Seigneurie de remarquer que les excès commis en ces derniers temps sont restés impunis et qu'il serait nécessaire de réprimer ceux-ci, sans quoi le désordre ne tardera pas à s'accroître.
Signé : Bartrolome de Corigia^
En terminant ce très court aperçu de la vie des étudiants quattrocentis les, nows demanderons à l'écolier-poète qui nous donnait tout à l'heure une description de Pavie de nous énumérer les plaisirs et les charmes de la vie de l'étudiant mondain :
Je passe ma vie à lire et à écrire et je converse avec les savants, je vois ici la vertu honorée et les belles manières en usage, de nobles seigneurs se promènent dans la ville à la recherche des nouvelles. J'entends parler leurs femmes avec un doux accent, elles passent belles et souriantes dans leur voiture et s'emparent du cœur des jeunes gens par leur doux regarda Et souvent l'hy-
1, Ceux qui voudraient connaître plus en détail la vie de l'étudiant consulteront l'ouvrage de M. Gauotto : Jason del Maino et les scandales ntiiversitaires au xv* siècle.
2. Qui sento favollar con dolei aocenli l.,c Jjello donne lor ne le carrctte
E gir allègre a pasii tardi e lenti
ménéenous réunit en ces banquets joyeux, en fôtes et enjeux.
Et le temps passe gaiement; l'on cliante et l'on rit et l'on danse et les soucis et les peines s'enfuient...
C'est dans ce milieu que se passait la vie scolaire. Voyons maintenant quelle était la sanction des études.