‹ Une cigale au Salon de 1883Chapitre 35 sur 52 · LA CHANSON DU VICAIRE · texte numérisé non relu

LA CHANSON DU VICAIRE

Après dîner, au presbytère.

On est joyeux et saas façon.

On ne pourrait guère se taire Après dîner, au presbytère; La guitare en mains, un vicaire Souriant, dit une chanson.

Aprèsdiner, au presbytère, On est joyeux et sans façon.

Devant les moines, gais convives.

Quelle chanson peut-il chanter?

Foin des chansonnettes trop vives.

Devant les moines... gais convives.

— IIO —

Sont-ce des complaintes naïves ?

Un rire franc viéht d'éclater!

Devant les moines, gais convives, Quelle chanson peut-il chanter?

« Je me souviens qu*en ma jeunesse,

Mes frères, j'ai fait un péché;

Un gros péché, je le confesse.

Que voulei-vous... dans la jeunesse !

Je dérobais une caresse ;

Vous m'en voyez encor fâché ;

Je me souviens qu'en ma jeunesse,

Mes frères, j'ai fait un péché.)

« Au fond des bois, dans la feuillée,

J'oublie un instant le bon Dieu ;

Une fillette était couchée.

Au fond des bois dans la feuillée ;

Ma vue en est émerveillée ;

Et, seul avec elle en ce lieu,

Au fond des bois dans la feuillée,

J'oublie un instant le bon Dieu.

« J'embrasse, et j'ai pour récompense Un soufflet de sa blanche main.

Un moment, hardi, je m'avance, J'embrasse, et j'ai pour récompense Une fillette qui s'élance En criant : « Voilà, gros vilain! »

J'embrasse et j'ai pour récompense Un soufDet de sa blandie main.

> Depuis, ô mes amis, mes frères, J'ai toujours aimé le Seigneur.

Je suis à l'abri des colères.

Depuis, ô mes amis, mes frères.

Rejetant les bleus éphémères.

Ne pensant qu'au divin bonheur, Depuis, ô mes amis, mes frères.

J'ai toujours aimé le Seigneur. »

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