‹ Une cigale au Salon de 1883Chapitre 5 sur 52 · LE PILOTE · texte numérisé non relu

LE PILOTE

Ils s'en vont, lentement, à travers la tempête;

Le navire, là-bas, paraît comme un point noir. Ils savent, ces vaillants, aventurer leurs têtes; Us avancent, faisant, tranquilles, leur devoir.

Le fiot, en furieux, les frappe et les secoue ; Leur barque est dans les airs et tantôt sous les flots ; On dirait que la vague, avec eux qui se joue. Prend à cœur de troubler ces braves matelots.

Ils sont à la merci de la mer, à cette heure. Le danger ne saurait faire pâlir leurs fronts. Sur la rive, à genoux, est la femme qui pleure; Eux, se font un chemin, à grands coups d'avirons.

Un navire, en détresse, a besoin d'un pilote ; Il s'agit de sauver un bâtiment entier.

Sur la mer. en courroux, corps sans âme qui flotte. Ignorant le réciï^ifissté comme un guêpier î

Ils avancent; la vague avide de naufrage, Vient, en vain, en hurlant, soulever le bateau; Ils veulent accomplir Tœuvre du sauvetage, Malgré les coups de mer et la rage de Teau.

Ils avancent; de loin, le passager qui tremble, Sent sa vie attachée à leur suprême effort.

Il avancent ; voyant leur courage, il lui semble Déjà voir s'envoler l'image de la Mort.

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