ROCHEGROSSE
ANDROxMAQUE
La ville est toute en sang; mille têtes coupées- Gisent sur les chemins, près des palais en feu ; De toutes parts, la flamme arrive par bouffées; On n*entend retentir que plaintes étouffées, Lorsque Troie, en mourant, jette un funèbre adieu.
Sur le larg^e escalier des demeures royales.
Où Ton voit des pendus presque à moitié brûlés;
Où Je carnage a mis ses traces infernales,
On ne trouve que morts, que mourants dont les râles
Volent en frémissant dans les airs effarés.
Les guerriers morts, voici la dernière victime :
Des combats d'autrefois se souvenant encor.
Les Grecs veulent tuer un enfant, être infime.
Ils craignent que, plus tard, un grand esprit Tailime,
Car dans Astyanax ils voient l'ombre d'Hector.
Ils l'ont pris sans pitié dans les bras de sa mère. Andromakè s'élance et cherche son enfant.
Elle, si douce, semble une hyène en colère; Elle sort du harem dans sa toilette claire Où sont des swastika, de beaux soleils levant.
oc Rendez-moi mon enfant, rendez-le moi ; sa bouche Ne connaît pas la haine ; il ne saurait souffrir. C'est mon unique amour; que ma plainte vous touche. Les soldats Font saisie, elle lutte, farouche , En vain ; Astyanax en ce jour doit mourir.
Sur le haut du rempart, Odysseiis qui guette, Attend ; Andromakè ne saurait Fémouvoir.
Il croit qu'il est besoin d'écraser cette tête ; En regardant son ombre immobile et muette, C'est la fatalité que l'on croit entrevoir.
La ville est toute en sang; mille tête coupées Gisent sur les chemins, près des palais en feu; De toutes parts, la flamme arrive par bouffées ; On n'entend retentir que plaintes étouffées, Lorsque Troie, en mourant, jette un funèbre adieu.
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ERNEST AUBLET