LA FORÊT HUMIDE
IIXX SHONVTId
Par goût d’abord et par nécessité aussi pour suppléer à l’insuffisance de leur agriculture, les Mbwihas passent une grande partie de leur vie à vagabonder à travers la forêt, occupés à chasser, à pêcher et à recueillir des produits sylvestres. Le miel, les fruits, surtout les oranges sauvages, ont une place importante dans leur alimentation, mais ce n’est qu’en cas de disette prolongée, de nécessité absolue, qu’ils ont encore recours, comme les Guayakis, à la farine de palmier. |
L'usage du maté leur est familier ; ils préparent dans les villages mêmes, et par très petites quantités à la fois, les feuilles cueillies dans la forêt en les faisant sécher toute une nuit sur une claie au-dessus d’un feu vif.
La pêche et surtout la chasse leur apportent des ressources régulières et importantes. Ils ne sont pas restés aux procédés de chasse inférieure des Guayakis ; ils emploient constamment des pièges, soit des collets très résistants en écorce de philodendron (gouembé-pi), soit des pièges à assommoir.
Les collets, de force et de taille différentes, servent à capturer tous les animaux, du lourd tapir à l’agouti, si joliment baptisé lièvre doré par les premiers voyageurs français. Ce sont des pièges ingénieux faits d’un nœud coulant horizontal placé sur le sol au-dessus d’un petit trou et couvert de terre molle ; ce nœud est relié à
La forêt et ses ressources.
a une branche flexible fortement ployée et maintenu en place par une petite fourche cachée dans la terre, soutenue par deux supports formant trébuchet. Le tout est installé à une place où de nombreuses empreintes attestent le passage fréquent du gibier ; les Mbwihas poussent le soin jusqu’à placer l’appareïl exactement à la place d’une empreinte de pas, ayant remarqué que les animaux sauvages passent et repassent au même endroit en posant toujours leurs pieds dans leurs traces précédentes. Quand un animal marche sur ce piège, il enfonce légèrement dans la terre molle, renverse la fourche et libère la branche ployée qui se relève avec violence resserrant brusquement le nœud. La victime prise et soulevée par une patte peut rarement se dégager ; les chasseurs l’assomment à coups de masse ou l’achèvent à la flèche.