LISTE DE DOCUMENTS
QUI O'T ÉTÉ DÉJÀ IMPRIMÉS AVEC INDICATION DES LIVRES OU l'oN PEUT LES TROUVER.
Concession faite a William Alexander, comte de Stirling, par Jacques P*", de la Nouvelle-Ecosse, en 1621. Sir Ferdinand Gorges et le capitaine John Mason, étaient intéressés dans cette concession. Le titre est en latin et a été publié dans le Mémoire des commissaires anglais et français relativement aux limites de l'Acadie. Ce titre est aussi analysé par Beamish-Murdoch, p. 65.
Lettres patentes de Louis XIV, de février 1648, en faveur de Charles de Menou^ sire d' Aulnay ^ pour divers privilèges en Acadie. Cet acte contient le détail des travaux que d'Aulnay avait exécutés en Acadie, Cet acte est publié dans le même Mémoire des commissaires sur les limites, susénoncé; il est aussi relaté par BeamisK-Murdocb, p. 116. Voir aussi la p. 113.
Contrat de mariage entre Latour et madame veuve d' Aulnay, en 1653. Reproduit en anglais par Beamish-Murdoch, p. 120. Ont signé comme témoins : Doucet dit Lvverdure et Bourgeois. Ce contrat est déposé à la Société littéraire de Québec, qui le tient de la famille d'Entremont.
Commission délivrée à Nicolas Denis, vers 1635, citée dans le Mémoire des commissaires déjà cité, p. 719 à 723.
Concession accordée, le 20 septembre 1684, sur la invière de Richibouctouy sous le nom de seigneurie de Clignancourt, aux frères D'Amours des Chauffours. Citée par Beamish-Murdoch, p. 163. A la même date, autre concession à Jean Sarreau de Saint-Aubin.
Plusieurs actes passés par d'Aulnay, durant ses voyages en France, en 1641, 1642, etc., etc., devant M« Beaufort, notaire à
Tours. Ces actes ont été publiés par M. Moreau, dans son Histoire de VAcadie. (Paris, ckez Técliener, 1873.)
Ce même livre contient aussi sur les travaux de d'Aulnay en Acadie, et sur sa famille en France, beaucoup de détails intéressants et de pièces authentiques fournis par la famille de Menou. Le livre n'est plus dans la commerce, mais nous en recommandons la lecture dans les bibliotlièques.
Mémoire de d'Aulnay^ laissé en 1644 , sur la période qui a précédé sa venue en Acadie. Cité dans la même histoire susénoncée par M. Moreau, chez Téchener.
Gazette de Renaudot, 1632 ou 1633 : détails sur les travaux de Razilly en Acadie. Citée aussi par M Moreau.
La présence de madame de Poutrincourt à Port-Royal, relatée p. 49 et 53 du 1«^ vol. de la Colonie féodale, et les cultures de Biencourt a Port-Royal sont constatées par des pièces publiées par le P. Garayon, dans la Première mission des Jésuites au Canada» Paris, 1864.
Lettre de Charles de Latour au roi de France^ citée, p. 6T, vol. 1«^. Supplique de Latour, de 1627^ citée p. 68 et 71.
Le séjour des Récollets en 1619, p. 74, et Le voyage du sieur de Kraïnguille en France, p. 75 et 76, vol. 1*"*, ont été cités sur des notes recueil les par moi, alors que M. Ferland faisait son cours d'histoire à l'université Laval de Québec. Aujourd'hui, je ne puis en retrouver trace dans cette histoire publiée en volume ; mais je certifie que ces faits ont été imprimés alors que le cours de M. Ferland se publiait dans les journaux.
Recensement de 1671, imprimé dans la France aux colonies, p. 124, par Rameau, en 1859, chez Jouby. Ce recensement fort curieux a été trouvé par nous fortuitement, avant que M. Margry eût mis les Archives de la marine dans la belle ordonnance que l'on peut y remarquer aujourd'hui.
C'était dans un carton oii l'on avait rassemblé un tas de vieux papiers de diverses origines, parmi lesquels gisait celui-ci, particulièrement chiffonné, sale et rebutant plus que les autres. Par quel hasard ai-je fixé les yeux sur lui plutôt que sur ses voisins?
Je ri[jnore ; c'est le secret de bien des découvertes, mais il est probable que je l'arracliai ainsi à la perte et à l'oul^li.
Cette perte eut été assez rejrrettable, car il contient infiniment de détails très- utiles qui permettent, par des études comparé;'s, d'obtenir de précieuses indications jusque sur le peuplement primitif de TAcadie, en 1640, 1630, et môme au delà.
Il y avait, en 167J, quatre familles qui remontent aux Ecossais du comte de Stirlinff : Colleso?i, — Peselet ou Paiseley, — Mélanson, — i'itre ou Peter,
Après l'avoir très-longuement et très soigneusement étudié, nous avons pu reconnaître, dans ce recensemeiit, plusieurs omissions ; en le comparant avec les recensements suivants et plusieurs autres documents, nous avons constaté les omissions suivantes :
Ainsi il ne porte que Miclitl Poirier; il y avait plusieurs autres Poirier; les Le jeune manquent; Rc(jnaut Poidvuiieau; les lioiri; Vigneau; les Pelletret et peut-être les Peselet; les Guérin et les Aucoin, par suite de la même erreur. La femme dite veuve Aucoin était une fille Aucoin , veuve de Guérin, d'où il suit qu'elle a ses enfants réunis avec ses frères, et qu'en réalité il ne figure sur le tableau aucun Guérin, ni aucun Aucoin maie. Enfin on n'y trouve ni les Lutour^ ni les Godin-Chatdlon, etc.
Du reste, les omissions paraissent inévitables; je ne connais aucun recensement oii il ne s'en rencontre.
Nous avons constaté que l'accroissement des Acadiens provenait surtout de l'excédant des naissances; mais en même temps, comme tous les recensements sont nominaux, nous avons pu reconnaître dans quelle proportion les diverses couches de l'immigration avaient influé sur la formation de la population acadienne :
Les familles acadiennes constatées dans le recensement de M. de Grandfontaine, en 167J , y ont contribué pour les six neuviènjes ou deux tiers de la population acadienne. Ces familles ne représentent guère que soixante immigrants primitifs.
Les immigrants survenus depuis 1671 jusqu'à 1707, au nombre de quarante-cinq, contribuent à la population pour deux neuvièmes.
Enfin, ceux qui ont créé des souches nouvelles, de 1707 à 1714, au nombre de cinqnante-huit, ont contribué aux progrès pour le dernier neuvième seulement, les deux tiers de ces derniers immigrants sont restés établis à Port-Royal, de sorte que les seigneuries des Mines, de Beaubassin et celles qui les avoisinent ont été presque exclusivement peuplées par les pretnières couches d'immigrants.
Voir à la fin de VAppendix de curieux documents, venus de Belle-Ile, sar les familles primitives de l'Acadie.
Titre de concession de Cobeguid a titre de fief^ 28 mars 1689, extrait des registres du conseil souverain à Québec.
« Jacques René de Brisay, marquis de Denonville, etc., etc
M Réquisition à nous faite par le sieur Mathieu Martin d'une des « plus anciennes familles d'Acadie, y étant le premier né; à ce « qu'il nous plut lui vouloir accorder une terre qu'il a nommée « Saint-Mathieu, dite Oué-Cobeguid , fort propre pour contenir M plusieurs liabitants, située à l'Acadie
« Avons, audit sieur Mathieu Martin, accordé et concédé, par « ces présentes, le lieu dit Oué-Cobe{]uid, qu'il a nommé Saint- « Mathieu, qui comprend tout le fond du bassin des Mines, avec « deux lieues de profondeur de chaque côté dans les terres, à « commencer vis-à-vis l'embouchure de la rivière Chicabena-
« cadv, etc avec droit de traite, de chasse et de pêche à titre
« de fief, sei{Tneurie et justice.
K A charge d'habiter et cultiver ladite terre et la faire habiter « par des tenanciers, de rendre la foi et hommage au château « Saint-Louis de Québec, et de payer les droits ordinaires à chaque w mutation; le tout suivant la coutume de Paris, à charge de con- « server, et faire conserver par ses tenanciers, les bois de chêne « qui se trouveront sur la concession, propres pour la construction
« des vaisseaux réserve des mines et minières à charge de
« commencer dans trois ans de ce jour à travailler pour habiter, à « peine d'être déchu, et prendre ratification des présentes dans « ledit temps.
« A été enregistré à Québec l'arrêt de confirmation du
« conseil d'État du roi de ladite concession du 14 juillet 1690, M enregistré le dernier septembre 1692. »
(Ce Mathieu Martin est le fils de Pierre Martin ci-dessus cité.)
Extrait d'une lettre de M, de Menneval^ du 6 septembre 1689.
« Dans une lettre à M. de CHevry, Menneval lui parle de l'af- « faire Desgoutlins et lui dit : qu'il a écrit sur Desgouttins avec « réserve, parce que c'est de lui, M. de Clievry, qu'il le tient, et N qu'il pensait qu'il désirait peut-être qu'on ne sût pas trop qu'il w était un méchant homme; mais il assure que Desgouttins lui a « suscité beaucoup d'ennuis et de désagrément. 11 a été sur le point M de l'envoyer au Canada rendre ses comptes à M. Denonville, « avec son camarade M. de Soulégre.
«< Ils en avaient grand'peur tous les deux; mais l'évêque qui était « ici a intercédé pour eux, et il les a gardés. Peut-être que Des- « gouttiris s'amendera et il ne lui veut pns plus de mal qu'à lui- « même. D'ailleurs cela ne peut tirer a grande importance, car lui, K Menneval, pense bien ne pas rester bien longtemps à Port-Royal ; « il a écrit à M, de Seignelay pour lui demander de revenir en « France, etc. » (Archives de fa marine.)
Mémoire signé par Desgouttins^ 2 octobre 1690.
u Il se plaint que les procès ne lui étaient point soumis
« par le gouverneur qui les renvoyé à l'intendant du Canada. Ces M renvois ont ruiné cinq ou six familles par les dépenses extraor- « dinaires qui en résultent. Le gouverneur favorise le commerce « des vaisseaux anglais. Les prêtres font de mc'îue; ils ont de « grandes habitudes et correspondances à Poston. Je vous ai in- « formé l'année dernière d'un bannissement de quelques familles « faisant dix-neuf personnes... Plaintes contre M. Trouvé sur ce « fait et sur les confessions. Un nommé Dominique Carreau, qui M avait été nommé sergent royal par M. de Meubles, a fait appeler « ce M. Trouvé qui a refusé d'aller le confesser.
« Quelques particuliers ont voulu refuser la dîme, sur lequel « refus le sieur Trouvé m'envoya le frère Logoul, afin que je con- « damne ces habitants au payement de la dime.
M Origine de ce droit de la dîme. — Le sieur Petit arriva ici, il « y a environ douze ans, avec ordre de son évêque, pour s'y établir
« et y desservir la cure et en faire sortir un Cordelier nommé le w Père Moulin, qui en faisait les fonctions depuis douze ans, « moyennant 400 livres de pension faite par les habitants. Le « sieur Petit se coiitenta d'abord de cette pension (on fit alors « accommoder le presbytère, couvrir l'église et la lambrisser); « trois ans après, M. Petit étant allé à Québec, revint avec ordre «t de son évêque de substituer a la pension une dîme au vingt- * sixième grain, et beaucoup d'habitants s'y opposèreint. » . . . .
«♦ Quand le sieur Pasquine était ici, M. de Menneval le fit
« conduire au Port-Rossignol, à quarante lieues d'ici, par une barque « qu'il loua à Pierre Lejeune et un autre habitant^ moyennant «* 24 livres, mais ensuite il fit un marché où il porta cette dépense « à 40 livres, de sorte que Pierre Lejeune, qui n'avait, lui, reçu que « 24 livres, vînt me réclamer le surplus; alors M. de Menneval, « qui avait touché 40 livres, envoya chercher Pierre Lejeune pour «« le mettre en prison, et cet homme a été contraint de s'évader « pour éviter ce traitement.
«Au mois d'avril, M. de Menneval m'ordonna d'aller aux « Mines avec la barque d'un particulier frétée 90 livres, pour « apporter ici des bleds pour la garnison, quoiqu'on aurait pu « en trouver ici assez pour aller jusqu'à la moisson, comme il s'est « vu, car il a ordonné aux habitants de lui apporter la plus grande « partie de leur bled avec défense à qui que ce soit d'en vendre « aux habitants et soldats; mais M. de Menneval voulait envoyer « des marchandises anglaises aux Mines par ce bateau, ce qu'il fit; « mais quand le blé arriva des Mines, il fit porter tout le prix du «« fret au compte du Roi, malgré mes observations qu'il eut dû en « supporter une partie à cause des marchandises que le bateau « avait portées en allant
« Diverses plaintes encore de concussions contre M. de
« Menneval Mention de trente soldats amenés, en 1687, par
« M. de Gargas.
En note est écrit ; u Le sieur de Lamothe-Gadijlac supplie Votre « Grandeur de lui envoyer un ordre qui confirme ceux qu'il a « obtenus de M. de Denonville^ étant résolu d'y faire un établis- K sèment considérable.
« Signé : DES Goettins. » (A?^chives de la marine.)
Lettre de M. de Mennevaï, du 7 novembre 1689, sur la conduite des sieurs de Soulègre , Desgouttins et de Lamoihe-Cadillac , au Port-Royal,
« Le sieur de Soulèfjre est lieutenant de la compa^rnie, et le « sieur Des{i;outtins, écrivain du Roi, est lieutenant frénéral de la « justice. Ils sont arrivés l'année passée, je suis obli(Té de dire « qu'ils valent encore beaucoup moins que ceux qu'on a ôtés d'ici; « et je n'ai rien (ïa{i;né au change.
•♦ Le sieur de Soulègre serait un assez bon ofHcier s'il le voulait, « mais il gâte le peu de bonnes qualités qu'il a par une grande « (juantité d'autres si mauvaises qu'elles le rendent insuportable. « (^est un très-mécliant esprit, brutal, séditieux, liargneux et dif- " ficultiieux plus qu'homme que je connaisse; il ne peut obéir <i sans murmurer, et surtout grand cabaliste, ce qui l'a, m'a-t-on « dit, fait chasser des îles où il était; et comme il est adroit à faire « du mal, il s'est servi habilement de la facilité du sieur Desgout- « tins pour me donner de la peine, ce que lui, Desgouttins, n'au- <i rait jamais entrepris, je crois, s'il n'avait été conseillé et poussé «< par ledit Soulègre.
« Le sieur Desgouttins est un jeune homme qui aurait pu bien « faire, mais il est fort entêté de sa capacité, qui n'est pas grande, « et des deux charges qu'il occupe ici.
« Ces deux méchants esprits ont été encore plus gâtés par un « nommé Cadillac, qu'ils ont trouvé ici; ce Cadillac, le plus «' tnéchant esprit du monde, est un étourdi chassé de France pour « je ne sais quel crime ; lequel étant tombé ici et se trouvant « ])arent du sieur de Gargas ou de Vargas (l'écrivain qui a précédé « Desgouttins) et ami du sieur de Miramont, il se lia avec eux « contre moi, et après qu'ils furent révoqués et partis d'ici, il *<■ empauma les sieurs de Soulègre et Desgouttins qui, n'étant pas « assez habiles pour voir qu'ils voulaient brouiller, ils formèrent « ensemble une cabale pour me traverser en tout ce qu'ils pou- « vaient , et dans un de leurs conseils secrets , on a su qu'ils « avaient dit : Il faut faire enrager le gouverneur et les prêtres; « ce qu'ils n'ont osé nier, et depuis ce temps-là, ils y ont travaillé « autant qu'ils ont pu sans qu'eux ni moi leur en ayons donné « aucun légitime sujet.
u Pour parvenir li leur fin de me traverser, ils ont commencé « par tacher de me mettre mal avec les deux prêtres qui sont ici; « à quoi ils n'ont rien épargné, mais voyant que tout ce qu'ils « faisaient et disaient pour cela était inutile, ils se sont déchaînés « contre eux et contre moi.
« Ils avilissent autant qu'ils peuvent leurs personnes et leur
«< caractère..., disant qu'il ne faut pas payer les dîmes,
« qu'ils font le commerce, ce qui est très-faux et autres sottises
« qui sont fort préjudiciables, car il est impossible de décrier le « ministre sans atteindre le ministère, et je suis obligé de dire * qu'on ne peut pas avoir une meilleure conduite que ces ecclésias- « tiques, et tout leur crime est de n'avoir pas voulu se laisser cor- « rompre pour leur aider a me traverser.
«< Pour ce qu'ils font contre moi, il n'est pas concevable jus- « qu'où va leur sottise et leur insolence, jusqu'à porteries soldats- « habitants à la désobéissance et au mépris de l'autorité
« Un de leurs plus grands griefs, c'est sur le commerce, dont ils « sont tous deux fort friands; ils se sont joints ensemble, et quoique K je leur aie dit que les officiers ne devaient point commercer, ils « n'ont pas laissé de vendre et de débiter chez eux du vin et de « l'eau-de-vie à pot et à pinte et plusieurs autres marchandises M en détail qu'ils avaient apportées ou qu'ils ont pris d'ailleurs... « et ils prétendent continuer à l'avenir, faisant de grands projets « et voulant se cacher sous le nom et la personne du sieur de « Cadillac.
« Ils se plaignent tous deux que je l^ais leurs charges, que je me « mêle de tout, et ne leur laisse rien à faire; ce qui est vrai, car « lorsque les uns ne font rien, il faut bien que d'autres fassent « tout, ce en quoi je suis beaucoup plus à plaindre qu'à blâmer ; « et ils me donnent à eux seuls plus de peine que tous les autres « du gouvernement ensemble.
« Le sieur Desgouttins a pris en aversion particulière le sieur « du Breuil, qui fait ici fonction de procureur du Roi, à cause par-
« ticulièrement qu'il le voit bien vivre avec moi Il s'est mis
« dans la tête de faire servir le sieur de Cadillac de notaire et de « greffier contre mon avis; et parce que je lui ai dit que c'était « un fripon et un méchant esprit, capable d'embrouiller ces pau- « vres gens-cy dans mille chicanes et procès pour en profiter, il
u l'a, sous un autre prétexte fait aller à Québec pour obtenir, à ce
* qu'on m'a dit, de M. Denonville et de M. l'intendant des letti'es « pour lui faire exercer ces char{][es malgré moi
« Ils se sont vanté?, Soulèf^re et lui, depuis que leur courritr est « parti , qu'ils avaient écrit contre moi , et ils témoijrnent une « grande impatience pour son retour. C'est le sieur Souleîj^re, esprit « brouillon, qui a fomenté tout cela sous main, car Desfjouttins ne « fait rien sans son conseil
« Dans le temps que lui, Desj^outtins, sonf;eait à faire son mariage, «'je fus obligé de fciire mettre son beau-père, Thibeaudeau, en « prison, et de lui faire payer une petite amende pour avoir con- « trevenu aux ordres établis dans ce pays pour la traite de l'eau- « de-vie avec les sauvages ; cela n'est pas croyable , les sottises » qu'il a dit là-dessus, m'en parlant à moi-même comme d'une « injustice que je faisais, que je manquais aux formalités comme M si j'avés deub lui renvoyer la connaissance de cela, etc., etc.
M Y avant eu un desmêlé entre deux habitants pour une mesme u terre concédée à deux différentes personnes par M. Perrot et ■' par M. de Meules, et voyant cette affaire prête à causer du « désordre, je donnai une ordonnance pour y remédier et la fis « publier à la porte de l'église par le procureur du Roi. Le sieur « Desgouttins causa un vacarme publiquement à la porte de l'église, « comme si je n'avais pu seul faire cette ordonnance sans sa par- « ticipation, disant tout haut qu'il fallait s'en moquer et autres « sottises... J'en ai fait une information que je vous envoie avec u copie de l'ordonnance, pour voir s'il avait lieu à cet emporte- « ment.
« Il y engagea le sieur de Belle-Ile, comme vous le verrez par »« une liaison étroite qu'il a avec lui, pour s'en servir à des fins « particulières. Le sujet de l'emportement du sieur Desgouttins
• est que, voulant avoir cette terre (au préjudice de Mathieu (' Martin, premier concessionnaire) pour lui, pour son beau-père « et autres parents de sa femme, il prétendait que cela était dans <i la concession du sieur Belle-Ile^ dont il avait tiré un billet, disant « qu'on ne pouvait l'avoir que de lui (la seigneurie de Wecobe- " guit , il mit le feu à la tête du sieur de Belle-Ile, qui n'y eût «t pas songé snns cela, pour lui faire faire des impertinences. Puis " ensuite, craignant que cela n'y fût pas (que ladite terre n'était « pas dans la concession du sieur de Belle-Ile), comme on m'a dit " en effet que cela n'y était pas, et cherchant alors une autre ruse, M il se voulut servir de la dernière concession de M. de Meules «« au préjudice de la première de M. Perrot, et fit chasser de son
« autorité, et par sa cabale, ceux que Mathieu Martin, premier « concessionnaire^ y avait envoyés pour travailler ; protendant de « haute lutte et malgré moi, et la justice de la cause de Mathieu «« Martin, faire cette usurpation dans la vue d'y faire avec le « temps un cabaret d' eau-de-vie pour la traite avec les sauvages. « A quoi son beau-père Thibeaudeau est fort porté et que lui ne « désapprouve pas; ce que je n'aurais pas vu étant à plus de
« vingt-cinq lieues de moi
« Voyant tout cela renversé par mon ordonnance, il se déchaîna « contre moi, disant qu'il ne laisserait pas de continuer, que je « ne serais pas toujours ici, et que je serais révoqué, sinon cette « année, du moins la prochaine; les pauvres gens, à qui il dit cent « sottises là-dessus, croyent qu'il en a le pouvoir : voilà, comme « vous voyez, qui est d'un bon juge, que l'intérêt ne doit pas gou- « verner
« J'ai friit mettre le sieur de Belle-Ile en prison pendant quelques « jours pour toutes les sottises qu'il a faites et dites là-dessus; ce « qui paraît avoir animé davantage nos deux officiers mutins au « lieu de les retenir.
« Les sieurs de Soulègre et Desgouttins, tous deux fort avides « de pelleteries, ont envoyé le nommé Briard (Pierre Lejeune dit « Briard), espèce de sauvage, beau-frère du sieur Desgouttins, à la « traite dans le bois vers le cap Sable, contre la défense que j'ai « faite d'y aller sans ma permission, et lui ont donné entre autres « choses de l'eau-de-vie, pour en traiter avec les sauvages contre * la défense particulière que j'en ai faite.
« J'ai su qu'outre cela ledit Briard avait dit cent sottises
« auxdits sauvages, au mépris de l'autorité du gouverneur, pour « relever celle du sieur Desgouttins, son b eau- frère ; entre autres, «« que le gouverneur n'avait pas l'autorité de défendre l'eau-de-vie, «' et qu'il ne laisserait pas d'en apporter, etc., etc., ainsi que l'ont « déposé deux habitants français établis en ces quartiers
« Ayant su tout cela, je fis avertir ledit Briard, au retour de sa « traite, de venir me parler pour savoir par lui-même la vérité; tt mais il ne vint pas, je le fis avertir une seconde fois, il n'obéit « point encore, et par ses réponses me fit bien connaître qu'il se « sentait soutenu par ces Messieurs, et qu'il était conseillé par M eux de ne pas obéir, de peur que ne le faisant parler, je ne « découvrisse tout ce qu'ils voulaient cacher; mais voyant bien « qu'à la fin je ferais prendre ce coquin -là, et se doutant bien « qu'il jaserait pour sortir de prison et que je saurais la vérité.
M ils l'ont fait évader et changer de demeure avec sa femme ; et « je n'ai pu encore découvrir où il est. Ce petit maiinîre-lù contre « un gouverneur ne me paraît guère soutenal>le, et fait l)ien voir H leur mauvais esprit et la désobéissance dont ils sont capables. .
« Pour le sieur de Soulègre, on ne peut vivre plus mal avec un
« gouverneur qu'il ne le fait 11 est entièrement attaché aux
« questions d'intérêt : je l'ai averti qu'il ne fallait pas qu'il fît le « commerce, je lui ai refusé un bomme payé, et je ne veux pas « cfu'il projite de la paye de quelques soldats a qui je permets « quelquefois cV aller travailler pour les habitants; tout cela sont « à son égard des crimes capitaux qu'il ne me peut pardonner. // M se prétend le seul officier des soldats ici. Il dit que je ne dois
K point m'en mêler Il me traverse plutôt que de m'aider
« pour le service, et je n oserais le faire entrer dans cent petits « détails qu'il faut que je fasse moi-même.
« Je le tiens pour incorri;;ible et incapable d'amendement,
« ne se payant point de raison, et ne craignant rien; sa meilleure « défense est que ne se plaisant pas ici, il dit qu'on lui ferait plai- « sir de l'en ôter, qu'un meilleur emploi l'attend à Rocbefort, où « il est enseigne de vaisseau, et quen tout cas if ira servir en
« Angleterre Il a pris fortement parti pour Helle-Ile et Des-
« gouttins, il les soutient, fomente leur mécontentement et leur « promet son appui
« Plusieurs désobéissances considérables dans le service m'ont « obligé de le mettre aux arrêts cbez lui, à quoi il a eu de la peine « a obéir, me disant insolemment qu on n'y mettait jamais tous les « ofjiciers d'une garniso)i; se croyant apparemment a couvert de «< cela parce qu'il est tout seul .
« Le plus grand de leurs reproches, c'est qu'il est venu, cet « hiver ici, deux petits bâtiments anglais; à deux diverses fois, j'ai <» permis aux habitants d'y prendre quelques marchandises dont « ils avaient extrêmement ])esoin, comme : bled d'Inde, biscuits, « des outils pour travailler à la terre, du fer, de la mélasse, et « quelques étoffes. Prétendant qu'en cela j'ai contrevenu aux
« ordres de la cour Et ce qui est de remarquable, c'est qu'en
« ayant renvoyé quelqu'un sans permettre d'en prendre, le sieur « Desgouttins m'a accusé de dureté pour me desservir auprès des « habitants. Ainsi, de quelque manière que je fasse, je suis sujet a « la censure
« Le Roi entretient quatre-vin^jt-dix soldats et trois sergents^ « six caporaux et six anspessades ; il y a un sergent, deux capo- «t raux et deux anspessades qui ne sont pas remplis faute de sujets « capables, mais les quatre-vingt-dix soldats sont complets. — II « y a, outre cela, six soldats a qui f ai donné congé, de se marier *• ou de s* établir au pays ^ qui ne reçoivent point de paye depuis cela.
« Ils voudraient faire croire que je mets ces différences de solde « dans ma pocVie; mais la Cour verra le contraire, car j'en fais faire « un petit fonds, pour subvenir ici à cent dépenses extraordinaires « pour lesquelles je n'en ai point. — J'en fais faire un état signé « de moi et de l'écrivain, que j'envoie à M. de Seignelay, avec »< remploi qui en a été fait; j'ai proposé audit sieur de Soulègre « de le signer aussi avec nous, afin qu'il soit témoin de ce petit « manège que je fais ici pour le Roi, mais il ne le veut pas appa- « remment pour tâcher de me faire une affaire de cela qui méri- « terait plutôt un remerciement
« On me dira sans doute, qu'étant ici le maître, je ne dois pas M souffrir tout cela, mais j*y suis en vérité bien empêché, je vois « de près ce quon ne peut voir de loin et je suis souvent obligé, K pour de bonnes et fortes liaisons, de dissimuler et de ne pas « porter les choses aux extr équités qui seraient dangereuses. Ce « pays-ci n'est pas comme un autre, et il y faut souvent raisonner
«« et agir autrement qu'ailleurs Et puis étant nécessaire d'un
« châtiment un peu fort, j'attends l'arrivée du navire qui nous M doit venir, pour voir par les nouvelles qu'il apportera quel parti " j*aurais à prendre.
« J'ai donné en attendant avis de tout cela à M. de Denonville^ « mais il est si difficile qu'il y ait communication de Québec ici, « qu'il m'est plus aisé d'être secouru des ordres de France que des « siens, ne trouvant pas tous les ans une occasion favorable pour « lui écrire ni lui pour moi » [Archives de la marine.)
Extrait d'un mémoire de 1690, Desgouttins, du Breuil, Cadillac.
«« DesgouttinSj à qui M. de Menneval a remis les provisions de w juge, avait été présenté par M. de Ghevry, et avait été secrétaire « de son père; ils sont au désespoir de l'avoir donné. Ce malheu- « reux a commencé par épouser une paysanne et à projeter la
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« course et le commerce dans les l)ois, par le moyen de son beau- « père et de ses deux beaux:- frères. On pourrait donner la com- « mission de ju^je au sieur du Brcuil, a présent procureur du roi; u c'est un bomme de quarante-cinq ans, de Paris, qui est avocat, « et dont la mère a fait porter parole de lui donner dix mille écus, « s'il trouvait à se marier bonnètcment a l'Acadie. » [Pieire Chienet du Breuil a épousé, vers 1691, Louise Doucet ; il mourut quatre ou cinq ans après, laissant trois enfants dont deux p,arçons.)
« Cadillnc est à présent à la suite de Monsei{i[neur, s'étant trouvé « en France p.ir la relàcbe inopinée du vaisseau de M. de la « Gaffinière, sur lequel il avait été embarqué parce qu'il connaît « presque seul les places et la coste de la Nouvelle- York et de « la ]Nouvelle-An{T[leterre, et qu'il avait cté.jugé indispensablement u necasaire pour V entreprise quon croyait devoir exécuter, quand « les vaisseaux partirent du Port-Royal. Il s'est embarqué par « ordre, et il supplie Monsei{i|neur de lui donner de l'emploi, et « de le dédommafjer de la dépense de son voyage et de l'aban- « donnement de son habitation et de sa famille,
« On ['a reconnu pour être en effet fort éveillé et capalde des « pratiques que M. de Menneval a remarquées. C'est un aventu- « rier qui a rôdé toute l'Amérique septentrionale et qui paraît « l'avoir fait avec application et en avoir rapporté d'assez exactes « connaissances. Il se dit (jentilliomme et avoir été capitaine « d'infanterie; il a de l'esprit, il s'est fixé depuis peu a l'Acadie, « où il a épousé une paysanne dont il a eu des enfants, et une « mauvaise habitation^ où il a espéré de pouvoir subsister par son
« industrie il serait juste de lui allouer une indemnité, il vit
« ici d'emprunt et à bout de toutes ressources.
« On est aussi obligé de remontrer que si, dans quelque temps que « ce soit, on veut faire quelque entreprise sur la Nouvelle- York ou « sur la Nouvelle-Angleterre, il y sera acteur nécessaire, a cause « de la connaissance des côtes et des places, du côté de la mer " particulièrement. Il y a lieu d'espérer qu'étant averti qu'il serait « châtié s'il retombait dans les même fautes (les plaintes de M. de « Menneval), il pourrait devenir un bon habitant, et qui peut ser- « vir, en cas que le Port-Royal soit attaqué. On pourrait donc lui « permettre de retourner pour aller secourir sa fatnille, en lui don- M nant quelque cliose pour le dédommager de soii voyage. » (^Ar- « cliives de la marine.^
Sur la fondation des Mines, — Extrait d'une lettre de DesgouttinSy de 1694. (^Archives de la marine.)
M Pierre Theriot (Terriau), l'un des jujjes commis par M. de « Gliampigny aux Mines, est venu me dire que, le dimanche 23 mai, « M. Saint-Cosme, missionnaire, a chassé sa femme de l'église en « disant qu'elle causait da scandale avec un nommé Jean Theriot, « son neveu, qui logeait chez elle..... Gela a causé beaucoup de u rumeurs dans le pays, et la plupart des assistants, en sortant de tt la messe, disaient hautement qu'ils n'étaient pas en sûreté, et « qu'il ne tenait qu'au sieur Saint-dosme d'en faire autant de nou- « veau, quand il voudrait
« Ledit Pierre Theriot est le plus considérable des Mines, dont « il est comme le fondateur, ayant avancé presque tous ceux qui « y sont venus s'habituer; sa maison étant l'asile de tous les « veuves et orphelins et gens nécessiteux, qu'on ne doit pas être « surpris si son neveu reste chez lui, puisque trois ou quatre de « ses autres neveux en ont fait de même en attendant que leur « habitation fût logeable: de plus, ledit Jean Theriot que l'on « accuse est marié à la sœur de sa tante; j'ai fait de mon mieux « pour rassurer ces bonnes gens » [Archives de la marine.)
Avant Theriot, s'était déjà établi aux Mines Pierre Mélanson, qui nous paraît être venu en ce lieu comme agent du seigneur, M. de Belle-Ile. Il est qualifié, dans un recensement, capitaine de la milice; dans un autre, on voit que les fusils sont déposés chez lui, ce qui est un signe distinctif du manoir; enfin, à diverses reprises, il semble représenter l'autorité publique. Si nous considérons en même temps que sa femme était une Mius d'Entremont, c'est-à-dire une parente du seigneur des Mines, il est permis de croire qu'il résidait aux Mines comme procureur fiscal de la seigneurie.
Fondation de CbipOdy • — Extrait de la lettre de Desgout' tins, du l®*" novembre 1699.
« Plusieurs habitants de Port-Royal, chargés de nombreuses
;i34 DEUXIEME SERIE.
n familles, ayant découvert une rivière dans le fond de la haie « Française, appelée Chipody, en juillet 1698, auraient représenté « à M. de Villebon le dessein qu'ils avaient de s'y établir , (^e « qu'ils n'auraient osé faire sans sa permission; lequel le leur per- « mit, et ils auraient exécuté et travaillé cet établissement tout « l'automne dernier; ils ont morne un moulin prêt à être trans- « porté sur leurs terres; mais ils se sont vus arrêtés par une « opposition de M. de Villieu, au nom de M. de La Vallière, son « beau-père, et de M. de Villebon, neveu du sieur de La Vallière, « lequel se prétend seigneur de tout ce pnys. — Sur ce, quelr|ues- « uns de ces particuliers assemblés dirent à M. de Villieu qu'ils « étaient prêts de reconnaître M. de La Vallière, si tant est qu'ils « fussent sur sa concession, mais qu'ils savaient que ladite terre
« ne lui appartenait pas et était fort éloi^Tnée de sa concession
« Le sieur de La Vallière dit qu'il y a toujours fait la traite,
« et que l'an dernier, Beaubassin son fils y a encore biverné; le « nommé Guillaume Blancbard et autres habitants du Port-Royal « sont venus ici, il y a deux jours, pour prendre des conccs- « sions dudit sieur de Villieu, comme fondé du sieur de La Val- « Hère; mais celui-ci, ne voulant leur donner que deux arpents « de front pour fourrages, et de la terre pour semer huit barri- M ques, ils se sont en allés sans rien faire. Or, il est a remarquer « que cette terre n'est qu'une prairie, qu'il n'y a aucune profon- « deur et un habitant ne peut pas élever des bestiaux, ce qui re- « tarde l'établissement de la colonie et cause un notable préjudice " à ses habitants. Les nommés Jean-Antoine-Pierre et Michel Thi- « baudaut comme ceux qui ont découvert ladite rivière et y ont fait le « transport à leurs frais, avec leurs bâtiments, des habitants qui « ont pris des habitations dans ladite rivière, supplient qu'on leur « accorde à titre de fief deux lieues de front, au lieu oii ils ont M commencé leur établissement. V^ous ne pourriez, Monseigneur, en « {>ratifier en ce pays de plus dignes sujets. »
Dans un résumé de cette lettre fiiit pour le ministre, on voit en marge, écrit de la main de Pontchartrain : « Défendre d'exécuter «jusqu'à nouvel ordre, sauf les permis aux habitants de défri- « cher. » (^Archives de la marine.)
Extrait d'un rapport du sieur Desçouttins, du 2 octobre 1702, contenant la suite de la création de Giiipody et de curieux détails sur la fondation de Beaubassin et des Mines.
« Le 14 de ce mois, les habitants étant assemblés pour
« recevoir les ordres de M. de Brouillan, M. de Villieu, profitant « de ce temps, proposa au sieur Thiheaudau et au nommé Pierre tt Godet, chefs de famille, que s'ils voulaient le reconnaître pour u seigneur et lui payer une rente, il leur concéderait, au premier, K la rivière de Ghipody, où il a déjà commencé un établissement,, « et au second, celle de Pécoudiak; ils répondirent qu'ils n'avaient « que faire à lui puisque la terre ne lui appartenait pas et n'était K pas dans la concession du sieur de La Vallière dont on a seu
« les bornes par l'arrêt de la Cour
« Il est faux, ajoutaient-ils, qu'il ait partapfé sa terre à sea
« six enfants, puisqu'il l'a affermée à Guillaume Mas et à Jacques u Bouy, habitants du Canada ; il avance aussi qu'il y a mis cin~ « quante habitants, ce qui est faux ; il n'y en a que trente-deux et « dans ce noml)re trois seulement qu'on peut qualifier tels, les « autres n'étant que des malheureux qui ne cueillent pas pour « vivre et a charj^e à la colonie ; il y a quinze ans que le sieur de « La Vallière ne tient plus ni feu, ni lieu, et les habitants ont eu « recours pendant ce temps au sieur Nelson, Anglais, pour avoir un « moulin, et c'est défunt Jacob Bourgeois qui y a mené les premiers « habitants, lorsque M. le chevalier de Grandfontaine commandait « à Pentagoët, et Pierre Arsenaut d'autres quelques temps après. « Le sieur de La Vallière a traversé de même les habitants qui « ont commencé à s'établir aux Mines, où il prétendait étendre « ses bornes, ce qui retarda de trois années l'établissement. M. l'inu tendant de Meules passant en ce pays et faisant droit sur les « remontrances du sieur Le Borgne, débouta le sieur de La Val- « lière de ses indues prétentions et les nommés Pierre Therioty « Claude et Antoine Landry, et René Le Blanc continuèrent leurs K établissements. Le premier ayant de quoi et surtout bien du K bled qu'il avait amassé au Port-Royal, le distribuait aux autres « qui lui ont rendu sans intérêts, et le sieur Le Borgne qui en était « le seigneur n'y a contribué en rien, et ce sont ces gens-là qui « ont mis les Mines en l'état qu'il est.
K II en sera de même si Votre Grandeur veut accorder au sieur u Thibaudeau la rivière de Ghipody, une demi-lieue de chaque « côté de la rivière et deux lieues en montant, et à Guillaume « Blanchard la même grâce pour la rivière de Pécoudiak qui sont « à une demi-lieue environ Tune de l'autre.
« Le premier a équipé et fait les frais de la première découverte M sous les ordres de f^u M, de Villebon; il y a actuellement sept « cents toises de fossés de faits ; il y a fait un essai de blé qui est M bien venu, il a actuellement six grands garçons, dont un établi,
« et huit filles mariées qui ont des enfants en état de faire valoir M une habitation; il a de plus un moulin à I)lé et un à scie prêts « à y conduii-e, il s'offre d'y établir dans quatre ans seize habitants « ou plus dont il serajt sûr sans la guerre.
« Le nommé Blanchard a un bâtiment, et aussi de grands gar- M çons, des gendres et des neveux, qui mettront Pécoudiak en « valeur et y placeront autant d'habitants, et dans trois ans la « colonie en tirera du secours, au lieu que le pays est rebuté de « M. de Villien; et je puis sûrement assurer, connaissant l'incliw nation des habitants, que quand le sieur de Villieu en serait le « seigneur légitime, il ne trouverait personne du pays pour y aller : « il les a trop traversés, et ils savent comment il a traité les habite tants de Beaubassin, comme représentant M. de La Vallière, « tant à l'égard des marchandises qu'il leur vendait, que dans le « payement qu'il en recevait, et pour le payement des arrérages « des rentes qu'il leur a fait payer sans déplacer, ce qui obligeait « les habitants à donner leurs bestiaux à son mot, et qu'il ne vou- « lait écouter ces malheureux dans leurs demandes incidentes, et « représentants qu'il leur était du par le sieur de La Vallière et « par sa famille. »» (^Archives de la marine,^
Arrêt rendu par le Conseil d'État, en 1703, le 20 mars. Cet arrêt, mentionné par Des{>outtins et par l'arrêt postérieur rendu en 1705, « confirma et maintint les habitants de l'Acadie dans la « possession des établissements qu'ils avaient formés à Chignitou, « à Pécoudiali, etc., etc. » .
Extrait d'un mémoire de Desqouttins , en date du 29 novembre
« Nonobstant la guerre, les deux habitants qni ont com-
« mencé des établissements à Ghipody et à Pécoudiak, dans la « prétendue concession de M. de La Vallière, se disposent à y « aller ce printemps; M. de Brouillan à qui j'en ai rendu compte. » (^Archives de la marine.^
Ici se montre malheureusement dans le texte de ce mémoire une lacune évidente; et il est ensuite question de tout autre chose.
Texte de l'arrêt rendu par le Conseil d'État, le '2, Juin 1705, au sujet du litige entre M. de La Vallière et les colons de Chipody, Pécoudiak, etc.
« Confirmant et expliquant les lettres de concession accor-
« dées audit Michel Leneuf, sieur de La Vallière, le 24 octobre « 1676, le Roi lui concède le lieu nommé Chignitou par les sau- « vages et en français Beaubassin^ situé au fond de la baie Fran- « cois, avec l'étendue de cinq lieues de tout côté, dii lieu et « manoir seigneurial de Beaubassin, qui feront dix lieues carrées « pour en jouir en propriété, fief, seigneurie, moyenne et basse « justice, dont l'appel ressortira au juge royal de Port- Royal, à « charge de foy et hommage, au fort et château de Port- Royal, « aux droits de vingt livres à toute mutation hors en ligne directe.
« Sans toutefois que ledit sieur de La Vallière puisse déposséder « les habitants de ladite province, qui se trouveront en possession « des terres et héritages qu'ils occupent en ce territoire, et qu'ils « cultivent, habitent, et font valoir, ou font cultiver, conforme- *' ment à l'arrêt du 20 mars 1703; à la charge seulement des cen- « sives et droits seigneuriaux envers ledit seigneur de La Vallière « pour les terres qu'ils possèdent en ce territoire. »
Ledit arrêt de 1703 avait confirmé et maintenu les habitants de VAcadie dans la possession des établissements quils avaient formés à Chignitou et à Pécoudiak. Voir la lettre de Desgouttins,
Terres communes autour de Port-Royal. Extrait d'un rapport de 1701 par le gouverneur de Brouillan.
«* Les terres situées aux environs de Port-Royal et en
« montant la rivière du Dauphin, produisent du blé et des légumes « comme celles de France, quoiqu'elles ne soient pas si bonnes; si « les habitants n'étaient pas des paresseux, elles produiraient davan- « tage. Ils pourraient même s'aggrandir en se servant des terres
« hautes, mais ils ne (lai{jnent point les cultiver, parce que le tra- « vail en serait plus pénible, et par là ils se trouvent réduits à « de petites portions de terre, quoique leurs concessions soient <t très-{{randcs ; ce qui est un alms qui doit e(re réformé, attendu » qu'une si jurande étendue de pays est concé léc à un petit par- « ticulier qui n'est point en état de travailler, ce qui fait qu'il «< reste en non valeur, au lieu que si cela était parta{»é au prorata M de ce qui sérail raisonnable, bien des jeunes {jens se détermine- <« raient peut-être alors a cultiver les terres hautes.
« Il y a aussi a régulariser les bornes, car les premières
« terres concédées ont été très-mal limitées, et depuis, même dans « ces derniers temps, un autre abus s'est introduit, qui est d'avoir « concédé à divers les terrains qui primitivement avaient été « réservés pour V usage commun, où chacun envoyait paître ses « bestiaux, de telle sorte qu'aujourd'hui personne des habitants « autour du fort ne sait où envoyer le moindre bétail, ce qui « excite beaucoup de mécontentement et de plaintes. » (^Archives m.aritimes.)
Extrait d'une lettre de Desrjouttins de 1703.
" M. de Menneval, en 1688, avait accordé à quelques habi-
« tants du Port-Royal les prés qui sont aux environs du fort, « mais nous leur avons notijîé que ces prés étant communs^ on « ne le pourrait ôter au (rénéral des habitants, mais qu'ils en « pourraient jouir jusqu'à ce que l'on sonfreàt sérieusement à l'éta- « blissement du Port-Royal. » (Archives maritimes.)
Observation sur les terres communes.
Dans les colonies des Illinois, on rencontre presque partout ce souci de ménager des terres communes autour des établissements; ces extraits contribuent donc à prouver que c'était un usage sinon général, du moins très-fréquent, de réserver des terres pour l'usage (^ommun des habitants. On nous permettra en outre de faire observer que la lettre de M. de Brouillan, fort bien intentionnée sans doute, témoigne d'une inexpérience bien fâcheuse en matière coloniale, quand il récrimine contre les concessions trop étendues et qu'il accuse la paresse des habitants; c'est une loi élémentaire de tous les établissements primitifs de requérir une grande étendue de terrain pour chacun et de ne cultiver que les meilleures terres
pour ne demander aux autres que leurs produits naturels : bois^ pâturage, chasse et pêche de la morue.
Exti-ait de la vie de la Sœur Bourgeois, par M. Faillon, t. II, p. 173. Sur la Sœur Chausson, maîtresse d'école à Poit-Royal.
Il paraîtrait que c'est sur la demande de M. Geoffroy, Sulpicien, curé de Ghamplain, que la Sœur Chausson, de la congrégation des Filles de la Croix, partit de la Rochelle le 12 mai 1701 et arriva à Port-Royal après cinquante jours de traversée. Les habitants étaient réduits à la dernière misère, la ville ayant été prise et brûlée plusieurs fois par les Anglais :
M Notre église, écrivit la Sœur le 27 octobre, est dans une « pauvreté affreuse. Elle n'est couverte que de paille, les murs ne « sont faits que de colombage, les vitres ne sont que de papier; « il n'y a point de cloches, et on appelle le peuple à la sainte « messe au son du tambour. A l'autel, on est obligé de se servir « de chandelles, il n'y a ni gradin, ni chandelier, ni crucifix, ni M tableau, ni encensoir. Il n'y a même pas une armoire pour ser- « rer deux ou trois chasubles de méchant camelot et deux aubes « presque usées. Mais ce qui est plus déplorable, le Saint Sacre- « ment n'est conservé que dans une boîte de bois formée de quatre
« planches Les Anglais ont enlevé un tabernacle qui était
" propre, les vases sacrés et tout le reste. »
Dans ces circonstances, la Sœur Chausson écrivit une lettre circulaire à toutes les religieuses Ursulines, Carmélites et Yisitendines, appelant leur charité pour procurer a l'église de Port- Royal les objets les plus nécessaires au culte divin. La Sœur Chausson se rendit d'une très-grande utilité a Port-Royal pour l'éducation des filles, et le 27 février 1703, le gouverneur écrivait au ministère : « Je crois qu'il est nécessaire de lui accorder « quelque petit secours, afin de l'aider à subsister et de faire un « établissement, sans quoi elle sera obligée de repasser en France. »
M. de Saint-Vallier, évêque de Québec, avait aussi dessein d'établir une communauté de maîtresses d'école à Port-Royal; il le proposa aux Sœurs de la congrégation, mais la cession de l'Acadie arrêta ce projet.
340 TROISIKME SERIE.
Mémoire de Brouillan, du 25 novembre 1703.
« II faut établir la Mève et on ne saurait trop tôt commen-
« cer, à cause du {{ranfl nombre de jeunes habitants qui se trouvent « actuellement en ce pays et à s'en aller aux Anjjlais, comme Font « fait l'année dernière quatre ou cinq petites familles. J'avais pris « la liberté de vous donner avis que cela ne pouvait manquer « d'arriver, autant par t inclination quils ont pour V Anglais que « parce qu'ils ne trouvent point à s'employer; il est à craindre « que bien d'autres ne suivent l'exemple de ceux qui sont déjà « partis, à moins que je ne puisse les arrêter par l'espérance que « je leur donne qu'on établira incessamment la côte de l'Est, qui « est la seule cbose après laquelle ils respirent, tous nos jeunes « gens voulant se donner à la pêclie de la morue. »
Établissement des soldats congédiés sur les tei^res; avantages a leur faire. Extraits de la correspondance officielle de M. de Brouillan, 1705.
« Donnera-t-on, comme au Canada, les vivres pendant un an aux « soldats qui se marieront à i'Acadie? « (Réponse en mar^i^e : Non a présent f mais quand la paix sera faite.) » Ne serait-il pas à « propos que les habitants qui voudront faire de nouveaux établis- « sements se missent en villages autant que faire se pourra? Il « est nécessaire d'expédier un ordre particulier afin de commencer « à mettre ce projet à exécution, lorsque les hal)itants des Mines « qui ont été brûlés se rétabliront. Il en faudrait un pareillement « pour engajrer les mêmes habitants à bâtir un petit réduit à l'en- « trée des Mines. »
(Ces propositions sont approuvées en marf[e.) (Arch. mar.)
1706. — Correspondance de Desgouttins.
« Il ne s'est point encore recueilli tant de blé en Acadie qu'en « 1706.
« Les habitants ont reconnu la nécessité qu'il y avait de s'atta-
PIÈCES JUSTIFICATIVES ET NOTES SPÉCIALES. 34l
« cher aux terres hautes et s'ils l'avaient fait d'abord le pays serait « beaucoup plus avancé, parce que les marais où ils se sont arrêtés « sont sujets à être souvent inondés par les marées; elles ont été « si fortes le 5 novembre dernier que la mer est entrée dans tous « les marais du pays sans exception, ce qui ne s'était vu de mémoire « d'homme,
« Gela les détermine à sonjrer aux terres hautes ; ils connaissent « à présent qu'en abandonnant les marais, ils produiront du foin « qui leur donnerait lieu d'augmenter leurs bestiaux, et d'avoir « du fumier pour les terres hautes
« Les livres terriers sont au greffe et j'en ai donné des extraits « aux habitants qui l'ont demandé, par l'absence du sieur Lopi- « not. » (^Archives de la marine.^
Lettre de Desgouttins, du 23 décembre 1707.
« La colonie, sans l'inquiétude des Anglais qui l'ont tenue
« en armes et en mouvement pendant trois mois et demi, se voyait « à la veille d'être à son aise par l'abondance où elle allait être « de vivres ; le nombre de leurs bestiaux et surtout de moutons « les allait habiller, le débit leur aurait fourni les nécessités pres- « santés, et comme ils sont accoutumes à se passer de peu, ils se « seraient trouvés contents, ils auraient eu de la grosse toile suf- « fisamment pour se passer de chanvre et de mélis. Ceux des « Mines ont plus tftnassé de lin cette année qu'ils n'en peuvent « travailler de deux ans , il n'y aurait que la toile fine qui leur « aurait fait besoin.
M Votre Grandeur tire une conséquence très-judicieuse sur cela, « mais comme ces petites manufactures s'exécutent par une pure « nécessité, elles cesseraient quand l'habitant trouverait ce qu'on « lui apporte de France à un prix raisonnable^ ils auraient assez « à s'occuper ailleurs. Leurs besoins actuels est de couvertes, de « grosses étoffes de laine, de marmittes de fer, ayant quarante-trois « familles qui en manquent, les ayant cassé en les sauvant dans « les bois à cause de l'ennemy, et du sel, il y a trois mois qu'il n'y « en a pas dans le pays, et comme on tue en ce temps-ci pour «t l'hiver et pour le printemps, on ne pourra le faire à moins que « de faire sécher les viandes.
« Nous serions très-heureux, Monseigneur, dans le temps
« présent si nos ennemis roulaient encore apporter les nécessités u du pays, et prendre du castor dont il rejjoqje ; sans ce qu'ils ont « apporté, on ne mangerait point de soupe, les terres auraient été « incultes, on aurait arraché Tlierhe pour faire du foin, et on « aurait mordu son pain; il n'y avait ni marmites, ni faulx, ni « faucilles, ni couteaux, ni fer en ce pays, ni haclies^, ni chaudières « pour les sauvages, ni sel pour l'habitant. M. de Subercasse est « très-porté à exécuter vos ordres à cet égard, et l'habitant aimera n mieux languir que d'avoir recours à eux; ils sont si aigris et si u animés qu'ils n'en peuvent souffrir le nom, pourvu qu'on l(;ur i* apporte des marchandises. Ceux qui se sont signalés dans la « dernière action contre les ennemis, mériteraient bien une dis- « tinction de Votre Grandeur, cela produirait un très-bon effet; H M. de Subercasse a fait donner aux blessés^ à chacun, un habil- M lement de soldat; comme; le plus fort est de donner, il a peu « coûté d'y ajouter la flatterie, les ])elles paroles et l'assurance que « Votre Grandeur se souviendrait d'eux dans les occasions, ce qui « leur a fait plus de plaisir que le présent, quoiqu'ils en ayent « grand besoin
« J'ai vu le placet que le sieur de Pobomcoup a envoyé à
« Votre Grandeur pour satisfaire à ce qu'elle m'ordonne pour cela,
« C'est un bâtiment échoué, et une baleine aussi échouée,
« qui comme épaves appartenaient à l'administration ; le sieur de M Peaubomcoup ayant eu avis de ces débris par d(;s sauvages, y u envoya trois de ses enfants, qui mirent hors de marée ce qu'il y « avait de ce débris, et mirent le feu au bâtiment pour en avoir la « ferraille, et ayant passé de là où était une baleine, ils lui cou- « pèrent les barbes et firent du tout comme pour eux-mêmes ; ils « se le persuadaient ainsi, ne sachant les ordonnances, ayant trop « peu fréquenté le monde, et passé leur vie au coin d'un bois.
« hvf. sieurs de La Tour, Deschoffours, et six autres habitants M envoyés par M. de Bronillan (pour relever les épaves) y étant M arrivés, trouvèrent le coton, la mélasse et l'eau-de-vie anglaise « fort en désordre, les sauvages s'étant accommodés de ce qu'ils « avaient voulu.
» M. de Brouillan voulut alors envoyer chercher les enfants
« du sieur Peaubomcoup pour les emprisonner, tant pour avoir été « à ces débris, sans ordre, que pour la dissipation. Il ne sut la « vérité que longtemps après; le peu de communication qu'il y a « d'ici à Peaubomcoup, qui est a quinze lieues dans le nord-est du
« cap Sable, et la crainte de paraître, est cause qu'ils n*ont osé « rien demander; ce qui est de positif est que M. de Peaubom-
« coup envoya trois de ses enfants à ce naufra^je, qu'ils ont
« été vingt-lmit jours en ce pénible voyage, et qu'ils y ont beau- « coup souffert du froid et de la faim, 150 livres les rendraient « contents.
« Le sieur de Peaubomcoup est natif de ce pays, fils du sieur « Philippe Mius d'Entremont, natif de Normandie, décédé il y a « sept ans (1700) â{jé de quatre-vingt-dix-neuf ans et quelques « mois, il ne lui manquait pas une dent, il avait été major^ sous « feu M. de Latour, gouverneur de ce pays, et il y a pendant dix- « huit ans exercé la charge de procureur du Roi, qu'il n'a cessé que « par son grand âge. Le sieur de Peaubomcoup actuel, marié à « Anne de la Tour de Saint-Etienne, en a quatre grands garçons, « quatre grandes filles et une petite de dix ans ; il a une part dans « la seigneurie de Port-Royal,
u Depuis l'affaire des Anglais, je n'ai pu avoir encore un
« lieu pour travailler, la sécheresse a été si grande pendant cet
« automne, que les moulins à planches n'ont pas pu scier, je
« n'ai qu'un cabinet très-petit sans cheminée, et je suis fort occupé M par le débarquement des effets du Roi, et distribution d'icelles
« Les habitants des Mines, Beaubassin et autres lieux de la
« côte y ont accouru croyant avoir leurs nécessités, ils s'en sont « retournés bien chagrins, se voyant eux et leurs familles sans
« habillements Il a (lui Desgouttins) une famille nombreuse
M de six garçons et quatre filles, il demande pour l'aîné une place « de garde magasin ou une lieutenance dans les troupes.
M Signé : Desgouttins. » (^Aj^chives mai-itiines.)
Mémoire de Brouillan, du ^7 février 1703.
« Il faudrait aussi donner des ordres pour faire venir huit
« cents hommes du Canada ici par Pentagoët.
« Il avait engagé les habitants de l'Acadie de faire la pêche
K le long de la côte; et il y aurait eu, cette année, quinze ou vingt « barques qui y auraient été employées, si un corsaire anglais n'avait « pas enlevé celles qui commençaient à la faire. » (^Archives de la marine.)
Mémoire de Desgouttins, du 29 novembre 1703.
" On m'avait donné le nommé Glémenseau de la part de
u M. de Brouillan, pour servir à la distril>ution des vivres et « munitions du Roi. Il me revint qu'il y faisait quelque malversa- « tion.
H J'en fis plainte à M. de Brouillan et comme Glémenseau
" était absent et qu'on l'attendait de jour en jour, je demandai
M qu'il fut arrêté à son arrivée Glémenseau étant arrivé, on le
« Ht arrêter, mais peu de temps après on l'élargit et on lui fit « rendre ses liardes , sans autres formalités que de prendre la « parole de la demoiselle Barat qui a promis de le représenter « toutes fois et quand il sera nécessaire, » (^Archives de la marine,)