‹ Une colonie féodale en Amérique (volume 2)Chapitre 3 sur 45 · II · texte numérisé non relu

II

26 UNE GO LOME FEODALE.

diens, il fallait les lier par un acte solennel à la domination anglaise, de telle façon qu'ils parussent rcnonc^er à toutes les garanties stipulées en leur faveur, à la suite de la paix d'I'treclit; Aieholsou calculait alors (pi'il pourrait pr('îsenter adroitement cette affaire comme étant terminée^ pour toujours, à la cour de Londres, où il était très-press('^ de se rendre à cette (époque.

Cette iuipossi])ilité de tout embarquement acadien, qu'il avait si liahilcinent méuagée, lui servit donc de pri^texte pour incriminer la néo'li(jencc des commandants français,. (|ui, disait-il, n'envoyaient pas les vaisseaux qu'ils avaient promis ; il partit de là pour persuader aux Acadiens (pf il ne leur restait qu'une chose à faire : c'était de rester paisiblement sur leurs hérita^jes en prêtant serment à la reine Anne. Ce serment fut repoussé par tous les Acadiens, to a ?nan\ en alléguant qu'ils étaient retenus dans le pays contre leur volonté.

iXicholson en fut outré, et chercha à les intimider en les malmenant et recom^ant même à la violence (lire les plaintes des Acadiens à M. de Pontchartrain, 22 septembre

1714, et la lettre du rrmjor Caulfield, du 1" novembre

1715. — Archives de la Nova Scotla). Voyant (xq)en~ dant (|ue le temps traînait en lon(jueur et qu'il ne pouvait plus guère retarder son retour en Angleterre, il arriva, de ]îégociations en négociations, à ajouter à la fonnule du serment qu'il leur proposait cette addition bizarre, dans la(juelle il accolait le roi de France au roi d'Angleterre; formule que les Ac^adiens ont plus d'une fois rappelée aux autres gouverneurs et que l'on retrouve plus ou moins formellement, dans la réponse des Acadiens au gouverneur Doucett, le 5 novembre 1717 {Archives , page 15), et dans

' Voir Archives de la Nouvelle-Ecosse : Lettre de Mascarène» du 6 avril 1748, paj^e 158, et la note éditorîale de ces Arcliives, pa{]e 164.

le serment prêté en 1730 à Pliilipps dans le quartier des Mines. (Archives du ministère des affaires étrangères, à Paris.)

« Les Acadiens reconnaissent le roi d'Angleterre pour « souverain seigneur de la Nouvelle-Ecosse ou Acadie; mais a s'engagent en même temps à ne prendre les armes, ni u contre le roi de France, ni contre le roi d'Angleterre, n

Ce serment fut accepté par les Acadiens. Nicholson en prit acte, et put ainsi, avant son départ, écrire à Londres qu'il avait conclu un arrangement définitif, au moyen duquel les colons français consentaient à demeurer dans la Nouvelle-Ecosse, en prêtant serment d'allégeance au roi d'Angleterre. Il avait de fortes raisons pour en agir ainsi ; nous savons en effet, par la correspondance de son successeur, Thomas Gaulfield, que la garnison était alors dans un état de pénurie très-grave, et hors d'état de passer l'hiver à Annapolis ^ sans périr de misère , si les Acadiens quittaient le pays ; Nicholson était donc très-pressé d'échapper à cette situation difficile.

Cette manière de faire est d'autant plus facile à concevoir, que les mêmes procédés furent employés par Arinstrong en 1727 et Philipps en 1730; il semble que leurs négociations aient été exactement calquées sur celles de Nicholson; quant à celui-ci, personne ne peut être surpris qu'il ait imaginé une pareille supercherie : les lettres de ses successeurs, et notamment celles de Gaulfield du 3 mai et du P' novembre 1715, nous le montrent comme dépourvu de toute délicatesse morale.

Ce fut lui qui inaugura ainsi cette série de subtilités cauteleuses et de transactions perfides au moyen desquelles les gouverneurs s'opposèrent jusqu'en 1 730 à l'exécution du traité d'Utrecht et du décret de la reine Anne,

1 Archives N,-E., 3 mai 1715.

28 UNE COLONIi: FEODALE.

tantôt en enipccliant les Aca( liens d'avoir des moyens d'embarquement, tantôt en leur persuadant par des promesses illusoires de rester sur leurs liéritag^es. Tel fut le premier (^erme de cette (piestion de la neutralité qui s'a^^ita pendant ([uarante ans, toujours éludée par les Anglais et toujours revendiquée par les Acadiens.

Après le départ de Nicholson, en 1715, le major Gaulfield devint lieutenant-^jouverneur à Annapolis. Nous avons cinq lettres de lui, dont une retrouvée par M. Gas[]^rain dans les Colonials Records, à Londres. Toutes se rapportent exclusivement à deux points de vue : les nécessités urgentes de la garnison , qui ne peut compter d'une manière régulière sur les fournitures de la Nouvelle-Angleterre, et en second lieu l'appréhension perpétuelle qu'il éprouve de voir les Français (juitter le pays, ce qui réduirait la garnison d'Annapolis au plus absolu dénument.

EnQn dans sa dernière lettre, mentionnée aux Archives le 24 décembre 1716, il annonce (ju'il a fortement engagé ceux de la rivière d'Annapolis à prêter serment et qu'il envoie leur réponse. Cette réponse, qui n'avait point été conservée aux Archives d'Halifax, M.Gasgrainl'a retrouvée à Londres dans les Colonials Records et en voici le texte :

u Nous ne pouvons jurer d'autre serment que celui-ci :

u Moy je promets sincèrement et jure (|ue je veux estre a fidèle et tenir une véritable alégeance à Sa Majesté le Ci loi George , tant que je sere à l'Acadie et Nouvelle iilscosse, et (pi'il me sera permy de me retiré là où je a jûgeré à propos avec tous mais bien, meuble et effet, u ([uand je le jugeré à propos san que nulle persone puise a man empesche.

M Arinapolis-Royal, ce 22 janvier 1716. '• Caulfield demande, en l'envoyant à Londres, qu'on lui

indique ce qu'il doit faire; on n'a pas trouvé la réponse des bureaux de Londres, mais il est probable que cet acte n'a eu d'autre résultat que de faire patienter un peu plus longtemps les Acadiens, en les maintenant dans cette indécision dont les Anglais se servaient pour sauvegarder l'occupation d'Annapolis.

Il faut croire que ces bureaux de Londres avaient bien à cœur de faire rester les Acadiens dans la contrée en s'assurant d'eux par un serrnent d'allégeance, car aussitôt que Caulficld fut remplacé par John Doucett en 1717, un des premiers actes du nouveau lieutenant-gouverneur fut d'envoyer dans toutes les paroisses acadiennes un autre modèle de serment; il lui fut répondu que l'on était prêt à accepter son serment, mais qu'ils ne voulaient prendre les armes ni contre Sa Majesté Britannique, ni contre le Roi de France, ni contre aucun de leurs sujets ou alliés ^ . Il convient de remarquer cette formule, car c'est à peu de chose près la même que ci-dessus, celle que les Acadiens ont toujours assuré avoir employée vis-à-vis de Nicholson et aussi celle qui est consignée sur le Serment juré aux Mines en 1730.

Voilà où en étaient les choses, lorsque le colonel Philipps fut nommé gouverneur en chef de la Nouvelle-Ecosse en août 1717. Nicholson et ses lieutenants ayant toujours vécu dans une expectative indécise et provisoire, lui laissaient une situation difficile. Au point de vue d'une stricte équité, toutes choses en effet étaient absolument dans le même état qu'au lendemain du traité d'Utreclit, puisque les Acadiens avaient toujours été empêchés de partir lorsqu'ils s'y préparaient, tantôt par la force, tantôt par des promesses trompeuses que couvrait un serment frauduleux.

^ Voir Archives N.-E, page 16.

30 TNE COLONIE FEODALE.

Deuxième période. — Le nouveau (>ouverneur, qui avait été inélé à toutes les iiitri{»;ues de son temps, était un de ces esprits présomptueux et vains tout veuiplis de leur méi'ite, [)âtés par la fortune et qui se eroient tout permis, parce que le liasard leur a été favorable. Nommé gouverueur en 1717, il n'arriva en Amérique (ju'en 1719; il débuta comme im foudre de guerre, lançant de tous côtés des proclamations, des reproches et des menaces; (piand il s'adresse aux Acadiens, il n'écrit pas : il fidmine.

Mais il partait en guerre avant d'être armé pour le combat : il semblait qu'il ignorât tout ce qui s'était passé depuis la prise de Port-Royal : le traité d'Utrecht; — la lettre de la reine Anne; — le besoin absolu (|ue le gouverneur et la garnison avaient de conserver les cultures des Acadiens; — les conditions formelles que ceux-ci avaient toujours apportées à la prolongation de leur séjour. Tous ces faits, il les ignore ou veut les ignorer; mais la nécessité, chira lex, lui apprit bien vite ce qu'il ne savait pas.

Il avait convoqué les Acadiens pour qu'ils eussent à prêter serment d'allégeance à la couronne d'Angleterre; ils arrivèrent à Port-Royal le 2G mai 1720, avec ral)bé Gaulin, curé des Mines. Philipps débuta de prime-saut par célébrer les louanges du Roi, et l'extrême bienveillance qu'il voulait bien montrer aux Acadiens en les admettant à son allégeance dans des conditions qui devaient certes dépasser toutes leurs espérances. Le Père Gaulin, prenant la parole, lui dit que Sa Majesté était en effet bien bonne de vouloir ainsi se mêler de leurs affaires, mais (jue sa proposition n'allait rien moins qu'à violer le serment qu'ils avaient juré devant Nicliolson, et qu'ils désiraient rester fidèles à leur parole, sans y rien cliajiger, car s'ils en modifiaient les termes, ils seraient expos(^s au resseutinfient des Indiens et à leur vengeance. La conversation

LA NEUTRALITE. — FÏIENCH NELTRALS. 31

reprit alors sur divers sujets, puis on se sépara sans rien conclure.

Les habitants des Mines lui envoyèrent peu après une lettre pour lui exposer que s'ils étaient restées si lon(;tenips sur leurs domaines, c'était malgré eux ; que d'ailleurs la reine Anne avait prorogé leur permis de séjour sans fixer aucun délai, et que si on les tourmentait sur l'article du serment, ils quitteraient l'Acadie pour se rendre avec leurs bestiaux sur les îles françaises, comme ils en avaient conservé le droit.

Très-mécontent de ces communications, le gouverneur d'Annapolis expédia à son collègue français de Louisbourg une longue série de plaintes contre les Acadiens; cette épître n'eut d'autre résultat que de lui attirer une verte réplique de l'officier français; celui-ci lui reprochait de fausser le texte des traités et de méconnaître la lettre de la reine Anne, d'après laquelle la situation des Acadiens était parfaitement régulière.

Philipps se sentit très-embarrassé en recevant cette épître, d'autant plus embarrassé qu'il connaissait ou devait connaître une lettre que le marquis de Vaudreuil, gouverneur général du Canada, avait écrite de sa main au lieutenant-gouverneur Doucett, le 22 septembre 1718, lettre dans laquelle il se plaignait de ce que les officiers anglais refusaient de délivrer aux Acadiens des passe-ports pour partir, et ta liberté <£ emmener avec eux leurs meubles et leurs bestiaux; il devait aussi connaître la lettre de M. de Brouillant, du 21 juillet 1718, adressée au même gouverneur Doucett, et celle de M. de Pontchartrain, du 7 novembre 1714, l'une et l'autre portant plainte contre les officiers et les gouverneurs de la Nouvelle-Ecosse qui s'opposaient au départ des Acadiens. Philipps était donc pris littéralement la main dans le sac, car s'il ne connaissait pas toutes ces pièces, il était d'une igno-

raiice impardonnable, et s'il les connaissait, il (^lait de mauvaise foi en se plaignant du séjour prolon^jé des Aeadiens.

Aussi sa réponse à M. de Brouillant, du 10 août 1720 (Archives N,-E), porte-t-elle la trace très-visible des difficultés dans les(|uelles il se trouvait acculé : il ne ré;)()jid pas un mot aux accusations réitérées que les Aeadiens avaient portées contre les officiers d'Annapolis ; il assure M. de Brouillant que dans toutes ces discussions il n'apporte aucun mauvais vouloir personnel, il n'agit que d'après des ordres supérieurs ; il s'excuse gaucliement de n'avoir point parlé du décret de la reine Anne, et il proteste qu'il a pour elle le plus grand respect; il reconnaît toute l'autorité de son décret, mais il fmit en équivo(juant sur la lettre de Pontchar train, qui, dit-il, n'a pas insisté en 1714 sur l'exécution de ce décret; comme si une omission vis-à-vis d'un droit formel constituait une renonc^iation !

Lorsque l'on analyse avec soin toutes ces lettres, toutes ces démarches, toutes ces ambiguïtés et que l'on considère le besoin absolu où les Anglais se trouvaient de conserver les Aeadiens dans la presqu'île , il est difficile de se défciidre d'un soupçon sur la bonne foi de Doucett et de IMiilipps. Ces soupçons naissent d'autant plus aisément (pie, dans toute leur correspondance, les gouverneurs anglais semblent prendre à tâche de ne jamais citer le décret de la Reine; ils n'en parlent que contraints et forcés, alors (|u'on le leur met sous les yeux; et, d'autre part, il est non moins surprenant de voir une partie des lettres que nous citons faire défaut dans la collection imprimée des Archives de ta Nouvelle-Ecosse, notamment la lettre du marquis de Vaudreuil et celle de M. de Brouillant de 1718, c'est-à-dire les plus importantes. L'ensemble de ces faits présente donc une physionomie loucJie ([ui a frappé tous ceux qui les ont étudiés ; et plus on les étudie, plus ils deviennent suspects.

Ces négociations, ces transactions boiteuses fatiguaient Philipps , sans aplanir les difficultés qui l'entouraient; il prit donc le parti de s'adresser au capitaine Mascarène, l'officier le plus intelligent de la garnison, et lui demanda un rapport, sur la situation de l'Acadie et des Acadiens ; cet exposé porta le dernier coup à ses illusions. Mascarène, dans une étude que Ton pourrait encore consulter avec profit, étal)lit fort clairement que, si l'on a conservé très-longtemps les Acadiens sur leurs terres, bien qu'ils n'eussent jamais accepté l'allégeance de la couronne, c'est qu'on avait un grand intérêt à ne pas leur permettre de quitter le pays : — P parce que leur retraite, laissant la garnison anglaise dans un isolement absolu, la priverait de tout approvisionnement proche et régulier; — 2^ parce qu'en partant, s'ils coupaient les digues qu'ils ont construites, ce serait un mal irréparable, le pays devenant incultivalile pendant de longues années ; — 3" parce que les Indiens ai)andonnés à eux-mêmes, dans ces paroisses désertées, ruineraient tout et deviendi-aient beaucoup plus dangereux qu'auparavant ; — 4° enfin, parce que cette masse de population française laborieuse et riche, transportée avec tous ses bestiaux sur le territoire canadien et notamment dans les lies du golfe, y créerait une force redoutai)le contre les colonies anglaises.

Pour lui, Mascarène, la seule manière de résoudre la question, était d'augmenter le chiffre de la garnison et d'établir près d'elle une ou plusieurs fortes colonies anglaises qui assureraient l'indépendance de ces services et des approvisionnements .

Ce ne fut pas sans une certaine confusion que Philipps lut le travail de Mascarène : tandis que les Acadiens prétendaient avoir conservé la plénitude des droits de sortie que la reine Anne leur avait accordés sans réserve ; tandis que le commandant français de Louisbourg et le marquis

(le Vaudreuil cojiiiniiaieiil absolument cette priUentioji en produisant des textes et des (alts sans réplique; vojlà ses propres officiers ([ui venaient certifier <^[ue jamais \cs Acadiens n'avaient juré de serment d'alh^geance pure et simple, que les {youverneurs avaient accepté ces l'éserves ostensiblement ou tacitement, à cause de la jiécessité' absolue où ils se trouvaient de conserver les cultivateurs fVaucais de la Nouvelle-Ecosse ; et il reconnaissait même, autant que sa situation officielle le lui permettait, (pie plusieurs fois, sous le coup de cette nécessité, ou avait empécbé directement ou indirectement le départ des Acadiens ^ .

Le (gouverneur commença donc à apercevoir Finexactitude de ses conceptions, le vide de ses projets et les fausses démarcdies dans les([uelles il s'était fourvoyé tout d'abord : il modifia aussitôt ses allures ; au lieu de rarro(]an(T des premiers jours, il entra en transaction avec les Acadiens, ainsi qu'il résulte des lettres qu'il écrit à Londres au Board of plantations^ . Dans ces lettres, après avoir donné libre (M3urs à son dépit et à sa colère (M)ntre les habitanis du pays, en sug^j^érant même i\é]k l'idée de la proscription si elle était possii)le, il revient aux idées iniuK^liatement pratiques : il propose, d'une part, de renvoyer cbez eux avec de bonnes paroles les déput(\s a(^adieus ([u'il convoquait, en leur promettant une prolon^jation de si^jour; cela permettrait de (}a{;ner du temps, jus(|u'au moment où l'on aurait pris un parti ({ui pût permettre de se passer d'eux dans le pays. Je les vois, en effet, dit- il, continu(M- à travailler, à préparer leurs terres, à bâtir (H)mine des {jens tout à fait étran(;ers à l'idc^e de quitter leur maison. [Archives, page 51, li{;ne 32.)

^ Lettres de Mascarèiie, de 1748. Aichive.^ N.-IJ, p. 158 et 159. 2 Voir, Archives N.-E, les lettres de juillet 1720, des 26 et 27 septembre, du 28 dccemhre, p. 33, 35, 36, 55.

LA iSEUTliALITK. — FREiNCIl NElITllALS. 35

Dans la lettre du 2G mai 1 720, il avait insinué confidentiellement aux membres du Board que Ton pommait peutêtre rédiger pour les Acadicns uji serment spécial, avec quelques ménagements (|ui le rendraient plus facilement acceptable. Dans celkî du 26 septembre, il termine en disant : a J'espère qu'il se formera quelque plan dans la a mère patrie, pour peupler cette contrée avec des gens a de la Grande-Bretagne, au printemps prochain; tes u habitants, d'ici là, ne penseront point à s^éloigner^ u jouissant en ce moment du bénéfice du délai que je a leur ai accordé, jusqu'à ce que j'aie reçu vos nouvelles u instructions*... ') Les Lords of Board saisirent au vol une proposition qui momentanément coupait court à ces interminables discussions, tout en les dispensant de prendre une résolution définitive : ils expédièrent donc, le 28 décembre 1720, cette réponse qui mérite d'être conservée :

a II nous semble que les Français de la ]\ouvelle-Écosse

a ne deviendront jamais de bons sujets de Sa Majesté ;

a c'est pourquoi nous pensons, qu'ils devront être expula ses du pays aussitôt que les forces que nous avons u dessein de vous envoyer seront arrivées dans la Nou-

tt velle-Ecosse Quant à vous, ne vous hasardez point

a dans cette expulsion sans un ordre positif de Sa Majesté; u à cet effet, vous ferez bien de persister vis-à-vis d'eux a dans la même ligne de conduite prudente et réservée; u tâchez de les détromper au sujet du libre exercice de " leur religion, (jui leur sera certainement accordé, si l'on i^juqe que cela soit utile pour rester sur les terres qu'ils u occupent, n

Cette lettre est une merveille dans son genre : il est vraiment regrettable (|ue certains auteurs modernes ,

» Archives N-E,, p. 35 et 36.

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