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verneur et lieutenant général en Canada, Acadie, Terre - Neuve et autres pays de la France septentrionale, commandait les troupes, traitait avec les sauvages et avait la préséance dans toutes les cérémonies. Il administrait tout le pays, depuis l’Acadie jus qu’au golfe du Mexique, s’aidant des lumières d’un conseil dont l'évêque et l’intendant faisaient partie. Mais celui-ci, nom mé inlendant général de la justice, police et finance en Canada, Acadir, Terre- Neuve, et autres pays de la France septentrionale, avait sa part d'autorité. Il devait examiner les mesures du gouverneur, les contrôler et en faire rapport chaque mois au ministre d'État en France. C'est ainsi que l'on avait prévenu les excès du pouvoir absolu. L'intendant devait aussi prendre garde que les conseillers n’abusassent de leur position pour des intérêts personnels.
L'administration, d’après M. Parkman, était pleine de ména gements et de douceur ; elle était paternelle ; et M Parkman remarque qu'il y avait peut-être excès de libéralité de la part du roi à l’égard des colons. Le roi subvenaiït aux dépenses les plus considérables ; il payait les troupes, les employés supé rieurs ; il subventionnait le clergé, bâtissait les églises, aidait
les congrégations religieuses et les hôpitaux ; il soutenait les
personnes indigentes et venait en aide à chaque branche de commerce et d’industrie ; souvent il faisait ce que les colons auraient pu faire facilement eux - mêmes.
Toute l’organisation, suivant M. Parkman lui-même, était la
meilleure qu'on püt trouver pour répondre à la situation. Les soldats, choisis parmi les meilleures troupes de Turenne et de Condé, étaient en général animés du désir de travailler au triomphe de la foi; la plupart s’établirent dans le pays, et laissèrent les traditions les plus pures à leurs enfants. Ce sont ces braves soldats et leurs descendants qui ont fait de si grandes choses en Amérique. Ils ont conquis un continent, et, pendant un siècle, repoussé les attaques des colonies voisines, et ces sauvages qu'ils ont. soumis, ils se les sont attachés par les liens d’une sincère affection. Et ces adversaires qu'ils ont tenus en échec, ils ont conquis leur admiration, au point de devenir à leurs yeux des héros légendaires, et d’être chantés et célébrés par leurs plus grands écrivains : Fenimore Cooper, Washing ton Irving, Longfellow, Bancroft et Parkman.
Il fallait que les institutions qui les ont formés et conservés,
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eussent une certaine grandeur et une certaine puissance pour arriver à de tels effets. Ce vieux régime, que M. Parkman soumet parfois à de si vives critiques, avait donc ses avantages et son prix, et l'élément religieux, qui avait sa large part dans les vues de Colbert, n'a-t-il pas eu aussi sa large part dans le résultat et dans le succès ?
Il est vrai que, dès le commencement, il y eut, entre les colonies françaises et les colonies anglaises, une disproportion de population qui semblait assurer à celles - ci la prédominance et enfin le triomphe.
Mais le but des deux établissements n'était pas le même, et le gouvernement français ne songeait pas tant à augmenter la population qu’à la maintenir dans ses premières vertus. D'ailleurs, cette disproportion n'aurait jamais eu d’inconvénient, si
‘les principes qui avaient présidé à l'établissement de la Nou-
velle - France eussent été conservés. Le gouvernement avait en vue de n’envoyer que des sujets décidés à gagner les sauvages à la vérité, et à leur donner l’exemple d’une société vraiment chrétienne. Pour cela, il fallait une population bien choisie et il n’était pas nécessaire qu'elle fût nombreuse. Cela eût été contraire à la fin même de l'établissement, qui était de laisser aux peuples sauvages la possession de leurs domaines, de les civiliser et de leur faire connaître et pratiquer l'Évangile. La sévérité qu’on déploya à l'égard des Iroquois ne fut qu’un incident, qui cessa dès qu’ils eurent renoncé à leurs incursions, et cette sévérité ne fut jamais employée à l'égard des autres nations, plus pacifiques et plus morales.
Combien en était-il autrement pour les colonies anglaises ? Leur but était de s'emparer de tout le littoral, d'en chasser les indigènes, et de s'établir à leur place. Les premiers colons anglais arrivèrent en grand nombre dès le commencement du le siècle, dans des vues purement commerciales. Ils furenthien tôt favorisés par des circonstances toutes particulières à l’Angleterre, C’est-à- dire l’émigration forcée de plusieurs partis religieux et politiques. Ces différents partis, qui avaient tou -
jours vécu en lutte dans le Royaume - Uni, vinrent s'établir pacifiquement côte à côte sur les rives de l'Atlantique. De 1621 à 1634, les presbytériens, ne pouvant supporter le joug de l’6- : glise établie sous Élisabeth et Jacques TI, arrivèrent au nombre ‘de 30,000 dans le Massachusetts. Vers le même temps, les catho -