LA COUR DE RÉCRÉATION
La cour de récréation mérite d'être appelée classe, moins par les choses & r’elle révèle que par ses eïfets positifs. On ne saurait douter que son influence indirecte pour le bien ne soit très - puissante. C’est là que surviennent ces incidents dont yn maitre sérieux et attentif peut, à un moment donné, tirer un si grand parti ; c’est là que l'élève trouve constamment l’occasion de mettre en pratique les leçons de patience, de bonté, de géné rosité, de justice, etc., que l’on s’est efforcé de lui inculquer.
Mais la cour de récréation est d'elle-même une force édu catrice durable dans ses conséquences. Il s’y fait une véritable éducation ; il s’y exerce sur les enfants une influence mutuelle qui façonne continuellement leur caractère, et dont ils ressen tiront les suites pendant toute leur vie. Cette influence, surtout en l'absence d’une surveillance morale, peut quelquefois de venir funeste ; mais, le plus souvent, elle s'exerce au profit du bien. Car il ne saurait exister de nombreuses réunions d’enfants qui se livrent au jeu avec entrain, sans qu’il en résulte beaucoup de bien aux points de vue physique, moral et social. Et, d’après ce principe, plus une école est nombreuse, plus grande est la somme de bien qui s’y opère.
De toutes les images qui restent dans l'esprit, et que les cir constances rappellent le plus vivement à notre imagination, il y en a peu qui soient aussi durables, aussi distinctes, ou qui se reproduisent avec une réalité aussi vivante que celle des jeux auxquels nous avons pris part à l’école. C’est une preuve de l'intérêt que nous y avons porté. Il faut, de plus, que ces jeux nous aient fortement impressionnés : autrement, l'empreinte
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