‹ Une colonie féodale en Amérique [microforme]Chapitre 28 sur 40 · À PAR · texte numérisé non relu

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ent Le grand - druide avait plus de cent ans; et, depuis plus de

deux siècles ?, il communiquait avec Dieu. Sa science et sa

"On: sagesse n'avaient point d’égales dans le monde, et l’extase qui AU: donne la double - vue, le ravissement d’où jaillissent les proaid, | phéties, le visitaient et l’illuminaient plus que ne le fut jamais

aucun autre voyant. Comme chez la pythonisse des Grecs, ses regards s’égaraient quand ils quittaient la terre pour aller lire, au front du firmament bleu, les oracles que la Divinité écrit en lettres de feu avec ses étoiles. Alors, toutes les choses d'icibas étaient oubliées ou méprisées par celui qu’inondaient des flots de lumière céleste. Quand l'esprit de Gwyon, le génie révélateur, s’'emparait de lui, on voyait la matière livrée au souffle de l'inspiration, comme la voile d’un vaisseau au souffle du vent, palpiter et se tendre, comme prête à se rompre. L’urne devenait trop étroite pour l’effervescence de la liqueur qu’elle contenait; le corps de l’horime, insuffisant pour l’âme du pontife. L'intelligence quasi divine, l'esprit de prophétie débordait des lèvres, jaillissait des yeux, s’'épandait dans le geste ; et Li» LH RS le grand centenaire frappait de terreur autant que d’admira- AUS UE tion. Inexorable et impassible comme le Fatum des latins,

2 Nous rappelons que le siècle gaulois était de 30 ans. Voir la note 3, à AR la fin de cette nouvelle. À

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