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1 La Revue du Monde catholique contient une liste; des cardinaux qui diffère un peu de celle d'où j'avais tiré les renseignements contenus dans mon avant - dernière revue.
D'après cette liste, le sacré collége aurait été composé, lors de la mort de #4; Pie IX, de 64 cardinaux, se divisant comme suit par nationalités : 38 italiens, N MS : 9 français, 4 espagnols, 7 autrichiens, polonais, allemands, 3 anglais, 1 amé. 15 ricain, 1 belge, 1 portugais. Le cardinal Garcia Gil serait né en Espagne et non pas dans l’Amérique centrale.
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Mais c’est surtout par ses observations sur la constitution physique et chimique du soleil qu’il est devenu célèbre dans le monde entier. Le livre magistral qu’il a publié sur ce sujet a eu un immense retentissement. Il en terminait la préface par ces mots : ‘‘ Puisse ce travail être utile au lecteur en l’instrui sant et en l’invitant à rendre hommage à celui qui a placé sa tente dans le soleil : in sole posuit tabernaculum suum Altissimus. La seconde édition, publiée en 1876, est deux fois plus considé rable que la première, qui avait paru en 1873, tant l’auteur avait fait de nouvelles expériences et de nouvell:s études dans l'intervalle. Du reste, il ne se présentait pas une question nouvelle en astronomie, une dispute entre savants, que l’on ne se demandât : Qu'en pense le Père Secchi? Sa correspondance avec les corps scientifiques et les savants de toutes les parties du monde était, à elle seule, un immense labeur.
La science a encore fait plusieurs pertes. Parmi ces illustres défunts, tous parvenus à un âge très -avantcé, se trouvent quatre membres de l’Institut de France. La France est du reste, comme la remarque en a été faite plusieurs fois dans cette revue, le pays par excellence des longévités littéraires, politiques et scientifiques, et l'Europe l’emporte sous ce rapport de beaucoup sur l'Amérique.
Le doyen de ces quatre savants est donc A.- C. Becquerel, décédé à l’âge de 90 ans, le 18 janvier. Ses expériences, ses tra vaux et ses livres sur l'électricité, le magnétisme, la météorologie, la physique du globe terrestre, lui ont assuré un rang élevé dans le monde scientifique. Victor Regnaud est mort le jour suivant ; il était âgé de 68 ans. Il avait à peine trente ans lorsque les mémoires remarquables qu'il avait publiés sur dif. férentes découvertes de physique et de chimie, le firent admet. tre à l'Académie des sciences. Il s’est livré surtout à des travaux d’une précision et d’une minutie pour bien dire effrayantes. On peut en juger par le titre d’une étude qui lui avait été commandée par le ministre des travaux publics: “ Définir et déterminer les principales lois physiques et les données numé - riques qui entrent dans le calcul des machines à vapeur” Claude Bernard, dont la réputation était si grande que la proposition ‘de faire ses funérailles aux frais de l'État n'a pas ren-
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presque en même temps que Becquerel et Regnaud. IL était âgé de 65 ans. Il fut le successeur de Magendie et comme tel il a
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REVUE HUROPÉENNE 225
‘tenu en France, et l’on peut même dire en Europe, le premier rang dans la physiologie. Membre de l'Académie des sciences il eut, comme Biot et comme Flourens, l'honneur d’être égale ment membre de l’Académie française. Cet illustre corps a par là consacré le principe que la littérature embrasse toutes les branches des connaissances humaines, puisque, en effet, à toutes peut s'appliquer l’art de bien dire et de bien écrire.
Moins universellement connu que les illustrations que nous venons de mentionner, M. de La Saussaye a cependant des droits tout particuliers à une place dans cette petite revue nécrologique, et l’auteur de ces lignes, lorsqu'elles auront été livrées à l'impression, ne croira pas encore avoir payé complé tement la dette de la reconnaissance. Le noble et bon vieillard qui vient de s’éteindre lentement en son château de Troussay, près de Blois, était un ami du Canada et des Canadiens, comme pourrait le prouver au besoin une longue et intéressante cor respondance 1.
Jean-François de Paule de la Saussaye est né à Blois le 6 mars 1801, d’une très - ancienne famille de l'Orléanais. Il était par conséquent âgé de 77 ans lorsqu'il est mort vers ia fin du mois dernier. Il se livra de bonne heure à l'archéologie, après s'être d'abord destiné à la carrière militaire. En 1836, il fonda à Blois, avec un de ses amis, M. Étienne Cartier d'Ambhoise, la Revue de numismatique. Il publia successivement des travaux importants sur les Origines de la ville de Blois et sur les Antiquités de ia Sologne. Son Histoire du château de Chambord, publiée pour la première fois en 1837, a eu dix ou onze éditions ; et relle du château de Blois (1840) en a eu quatre. Son Guide «&w voyageur à Blois, son Histoire de Blois, les Antiquités de la
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1 Si j'en obtiens la permission de la famille de M. de La Saussaye, je publie rai peut-être un jour ces lettres remplies de l'esprit le plus charmant et qui reflètent la sérénité d’ure âme noble et simple. C’est presque fortuitement que j'ai fait à Lyon en 1866 la connaissance de cet homme distingué. C'est à lui que je dois d’avoir pu assister à l'inauguration de l'école normale spéciale de Cluny, et il m’a fait plus tard à Paris, à Blois et à Troussay le plus aimable accueil. J'ai visité en sa compagnie les châteaux et les monu ments dont il a écrit l’histoire. M. de La Saussaye m'a surtout frappé comme un type français qui se rapprochait tout à fait de celui de nos anciens
‘Canadiens. J'avais l'habitude, pour donner une idée de lui à mes amis, de le
comparer à tel où tel personnc ze de notre pays, ot plus particulièrement au spirituel et modeste autéur de La Ferre palernelle, feu M. Patrice Lacombe.
Sologne blaisoise, et nn grand nombre de mémoires publiés: dans les annales des sociétés savantos, en Franco ct à l'étranger, lui ont fait une réputation méritée d'érudit, Son style est simple et attrayant; il a su mettre un très- grand charmo aux recherches les plus rebutantes en apparence. Mais l'ouvrage qui a le plus contrilué a lui ouvrir les portes de l'Institut {Académie des inscriptions et belles lettres), c'est sa Numismatique de la Gaule narbonnaise, dont la première partie seu lement a été publiée. Conseiller général de Loir-et - Cher, M. de La Saussave fut nommé en 1845 recteur de l'académie de Poitiers, puis transféré à celle de Lyon. Les devoirs onéreux de cette charge, qui comprend la surveillance de toutes les institu tions d'éducation de tous les degrés dans un ou dans plusieurs départements, ne l'empêchèrent point de continuer ses études et ses travaux, C'est pendant ce temps qu'il a entrepris la publi cation des œuvres de Papin, et publié la vie de cet homme illustre et une introduction à ses œuvres, dans laquelle il ré clame énergiquement et habilement pour la France la priorité dans la plus grande découverte des temps modernes, celle de la vapeur. Tout dernièrement encore il publiail un volume bien intéressant sur les monuments littéraires gallo - romains de la ville de Lyon. On peut dire qu'il est mort vaillamment la plume à la main, comme il fût mort l'épée à la main, s'il eût suivi la première carrière a laquelle il s'était destiné,
Tous ces hommes absorbés dans l'étude des sciences et parve nus à un âge avancé, ont vu dans leur longue et placide existen ce bien des révolutions tourbillonner autour d'eux ; mais c’est pour le savant surtout qu'est fait le mot d’Horace, impavidum ferient rinae. y aurait une exception à faire pour Raspail, dont il a été question dans une revue précédente, et qui, lui, avait pris une part si active et si tapageuse aux convulsions politiques de son pays Mais, mème comme savant, Raspail était plus révolutionnaire, plus démolisseur qu'autre chose, et il n'est pas à comparer aux hommes dont je viens de parler. Ils sont morts aussi, probablement, à la veille de bouleversements plus grands encore que ceux auxquels ils ont assisté.
Toutes les grandes puissances sont en ce moment sur le quivive ; les télégrammes sous le titre d’Æastern complications nous apportent un jour des nouvelles de guerre, le lendemain des nouvelles plus favorables à la paix, ettrop souvent les deux à
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la fois. La rubrique ci-dessus n'est donc pas mal imaginée, car les affaires d'Orient se compliquent de plus en plus.
Le message de la reine recommandant l'appel des réserves à créé une vive sensation en Angleterre, et partout sur le con tinent, mais surtout en Russie et en Autriche. Ce message a été précédé de la résignation de lord Derby, qui a cependant déclaré, dans un débat récent, que ce n'était pas l'appel des réserves, mais @ne décision du conseil qu'il ne pouvait point, dans le momeut, faire connaitre ni discuter, qui l'avait forcé de sortir du gouvernement, On suppose qu'il s'agit d'instruc tions secrètes données à la flotte anglaise, lesquelles auraient amené, dans certaines éventualités, un conflit inévitable.
D'après tout ce que l’on peut voir, l'Angleterre arme séricu sement, el fait des préparatifs qui ne laissent guère de doute sur la détermination de lord Beaconstield et de ceux de ses collègues qui lui sont restés fidèles, de tenir tête à la Russie et de lutter seuls au besoin pour l'honneur et les intérêts de la nation. Cette détermination leur à été imposée par l'état des esprits dans les vastes possessions de l'Inde. L'effervescence causée par les succès de la Russie et les constantes et déplo rables reculades du gouvernement anglais, est arrivée à un degré tel que le vice-roi a dû soumettre au régime de la cen sure la presse hindoustane, qui, il faut l'avouer, ne se gènait nullement de tenir le langage le plus ouvertement séditieux et provocateur. Le Pall Mall Gazette donne de nombreux extraits de ces feuilles. Quelques-uns de ces passages feront voir qu'en effet les Hindous ont perdu tout respect pour le gouvernement,
Désormais, dit un de ces journaux, nul ne croira à la valeur des Anglais, et il est évident que, depuis la guerre franco allemande, leur influence en Europe est complétement évanouie.”
“L'histoire des cent cinquante dernières années, s’écrie un autre publiciste à peau bronzée, serait l’histoire du soin qu’a mis le gouvernement britannique à fausser toutes ses promes ses.”
“Le gouvernement anglais, lit- on dans une feuille publiée à Bombay, est un gouvernement abominable; et de même qu'il y a des monstres, assure-t-on, qui dévorent leurs
enfants, de même le gouvernement anglais se fait l’extermina— teur de ses propres enfants, c’est - à - dire de ses sujets.