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& L'acharnement vindicatif dont il a fait preuve lors de faf faire de l’ex- guicovar do Baroda, les trop fréquerus attentats des Européens contre l'existence des natifs, l’habitnde qu'ont les Anglais de les assimiler à de simples bôtes de somme, la rapacité de ses fonctionnaires, qui ne songent qu'à s'enrichir et non à venir en aide aux pauvres paysans des districts où sévit la famine, telles sont les principales causes d'un immense mécontentement destiné à produire de terribles résultats.
‘“ Patience cependant! Les Anglais ne brillent pas par l’h6roisme ; ilest notoire qu'ils doivent la possession de l'Inde à leurs ruses diplomatiques et non à leur bravoure... Du moment où la victorieuse Russie franchira l'Himalaya, ils n'auront qu'à détaler au plus vite s'ils veulent sauver leurs têtes.”
Certes, ce langage est explicite ; il est sans détours, et l’'Angleterre peut se tenir pour avertie. On dira peut-être que la victorieuse Russie traitera les rayas un peu plus mal encore que ne le fait l'Angleterre ; peu importe, ce n’est pas ce dont les Hindous s'occupent dans le moment. Notre ennemi, c’est notre maitre, a si bien dit LaFontaine ; et il est probable que Pilpay, le grand fabuliste indien, de qui l’on assure que proviennent tous les apologues qui ont cours dans le monde, était du même avis.
Donc il est urgent, si elle ne veut pas que ces menaces recoivent leur exécution, que l'Angleterre se montre l’Angleterre d'autrefois ; qu’elle se réveille et qu’elle réponde par des faits à ce reproche que même les journalistes de l’'Hindoustan osent lui faire: ‘“*L’Angleterre est dans la terreur de la Russie, et c’est pour cela qu’elle a abandonné la Turquie. Le gouvernemeni anglais souffre de deux maladies : le vil amour du lucre, le mépris des besoins du peuple.”
Son isolement n’a pas d'autre cause que son égoïsme. Personne n’est empressé de s’allier à une puissance qui ne veut s'occuper que de ses propres intérêts, de ses intérêts matériels surtout. Et c'est ainsi que s’explique la réponse de sir Stafford Northcote aux chefs de l'opposition, qui lui reprochaient de s'engager dans la guerre sans alliances. Si nous faisons: la guerre, nous aurons des alliés, a-t-il: dit Le marquis de:Salisbury avait déjà fait la même réponse, il y: a:déjà-quélque temps. | V.
Oui, que l'Angleterre se montre une bonne fois:résolue à:
REVUE BUROPÉENNE 229
combattre, à mettre toutes ses ressources en jeu; qu'elle le prouve:en faisant dès aujourd'hui tous les sacrifices nécessaires, et elle aura des alliés. ‘Trop d'autres États sont intéressés à résister aux deux grandes puissances du Nord, la Russie et l'Allemagne. La Servie désire un agrandissement ot une autonomie que la Russie, pas plus que l'Autriche, ne veut sincèrement lui accorder ; la Roumanie, à qui l’on enlève déjà la Bessarabie, sent bien quel ost le sort que lui prépare sa trop puissante alliée ; la Grèce, que l'Angleterre paraît vouloir faire entrer dans ce qu'on appelait autrefois le concert européen, est jalouse de l'influence de la race slave. Tous ces États, ou au moins quelques-uns d’entre eux, pourraient se tourner contre la Russie. L'Autriche, dont les intérôts sont tout aussi froissés que ceux de l'Angleterre, n'est portée à transiger sépa rément avec le czar que parce qu’elle ne croit pas à la sincérité de son ancienne alliée. Enfin, la France elle-même a déjà indiqué plus de penchant pour l'Angleterre que pour la Russie ; et, dans tous les cas, si un effort sérieux est fait par l'Angleterre et l'Autriche, son attitude sera telle qu’elle tiendra en respect l'Allemagne et l'Italie.
Loin donc qu'il y ait une imprudente provocation dans les mesures prises par le gouvernement, comme l’a prétendu M. Gladstone, elles sont conformes à l'antique précepte : Si vis pa -
.cem, para bellum. Si la paix est maintenue, ce sera uniquement
par suite de la politique de lord Beaconsfield ; si, au contraire, la guerre éclate, c’est que rien n'aurait pu l'empêcher, si ce n’est la plus abjecte soumission conduisant à de nouveaux et
‘continuels sacrifices, et finalement au démembrement de
l'empire.
En parlant de la guerre, ai-je besoin d'ajouter : Di avertant omen ! Malgré notre éloignement du théâtre des premières hostilités, nous sommes ainsi situés que nous pouvons nous attendre au moins à des troubles sérieux, à une perturbation probable dans nos relations avec nos voisins. |
Le Herald de New-York publiait dernièrement un article que le Courrier des États - Unis a traduit et qui, selon lui, reflète exactement le sentiment général et peint bien le caractère américain. Si les conclusions de cet article sont en faveur d’une stricte neutralité et d’une application rigoureuse, des principes du. droit international, le début n’est aucunement