‹ Une colonie féodale en Amérique [microforme]Chapitre 8 sur 40 · Ÿ È Ÿ LA LA É · texte numérisé non relu

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HAMED LE COULOUGLI 147

Hamed le prit dans ses bras, et s'adressant aux trois derniers coulouglis qui défendaient la porte de leur dernier asile : — Il faut encore tenir pendant cinq minutes, leur dit-il.

— Jusqu'à la mort! répondirent - ils ensemble.

— C'est bien, repartit Hamed, mais il faut que vous viviez encore cinq minutes pour assurer notre vengeance.

Et il les quitta en emportant Ibrahim.

Ils descendirent longtemps un escalier étroit et sombre pra tiqué dans l'épaisseur du mur. La casbah avait cinq étages ; ils dépassèrent cinq portes de fer, ouvertes à l’avance par les soins du raïs; enfin ils s’engagèrent sous une longue voûte.

— Oh ! que je souffre, ami! dit Ibrehim.

— Patience et courage, nous arrivons, répondit Hamed. — Où me portes-tu donc? demanda encore le blessé. — À l'immortalité! répondit -il avec exaltation.

Ils arrivaient devant une porte basse ; Hamed la repoussa, et ils se trouvèrent au seuil d’une grande salle, dans laquelle il faisait plus noir qu’à l'ombre du sedjin !.

Le coulougli déposa Ibrahim sur les dalles avec les précautions attentives d’une mère pour son jeune enfant ; il appuya sa pauvre tête endolorie contre un pilier; puis il alla dehors chercher une torche, qu’il alluma. Quand il revint auprès du blessé, celui-ci vit plus de mille barils entassés sur trois rangs, sous les ogives sombres. Il comprit, et sa face pâle eut un

sourire: ‘Oh! Hamed, s’écria-t-il, tu es grand comme le Prophète!!!”

Cependant le raïs avait ouvert un baril avec son poignard: et il tenait sa torche haute. |

— Es-tu prêt? demanda-t-il à son compagnon.

— "1 main, dit Ibrahim, dont les regards commençaient à

1 Le sedjin est un arbre du purgatoire de Mahomet, sous lequel les âmes coupables séjournent pendant un temps déterminé; il projette une ombre

épaisse, et si large, qu’il faut 100 ans pour la traverser.

se voiler aux approches de la mort, ta main, que nous arrivions ensemble aux pieds d'Allah !

Hamed prit sa main, la pressa affectueusement et plongea sa torche dans le baril de poudre.

Une explosion, qui anéantit la casbah, détruisit tout un quartier d'Alger (l'histoire dit 600 maisons), qui coûta la vie à plus de trois mille janissaires et à dix mille habitants, ébranla la terre, fit reculer la mer à plus d'un mille du rivage, et porta jusques au ciel les témoignages de la colère terrible ou de l'héroisme sublime d'Humed le coulougli !

Comte A. DE VERVINS.

St- Louis, er septembre 1877.

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Il est préparé par le conseil des ministres, et les chambres n’entrent en délibération qu'après qu’il est prononcé. Si, ce - EU pendant, il y a lieu d’élire un président de l'assemblée législa - *i tive, cette élection se fait avant la lecture du discours du trône. 4

L'élection faite et le discours prononcé, les chambres pro - pal cèdent comme elles l’entendent, sans être tenues de donner hs la priorité aux mesures annoncées dans le discours du trône. Elles affirment généralement ce droit en faisant la première fi lecture d’un bill quelconque, pro formu. | 4

Le lieutenant- gouverneur en conseil ou ses ministres ne peuvent imposer aucune taxe sans l’assentiment des chambres. PA Ils ne peuvent, non plus, changer aucune loi, ni en faire de k 14 nouvelles.

Le lieutenant - gouverneur est néanmoins chargé quelque fois de mettre une loi en vigueur, par proclamation sous son sceau et sous la signature du secrétaire provincial. Mais ce pouvoir doit lui être conféré par les chambres.

Le chef de l'État ou ses ministres ne peuvent dépenser ou engager un seul denier du trésor public sans un vote préalable des chambres, auxquelles ils sont tenus de rendre un compte exact de tous les deniers employés, ainsi que de la manière dont ils ont été dépensés. Chaque somme est votée pour un #1 objet spécial, et l’excédant sur un item ne peut pas être em- th ployé à combler un déficit sur un autre item, sans l’assenti - ue ment du trésorier, qui doit lui-même obtenir la sanction des LU chambres à la session suivante. C'est, d’ailleurs, en partie pour

cet objet qu'il est, chaque année, voté une certaine somme B

pour les dépenses casuelles (contingent expenses). | Quelquefois, dans les cas d'urgence, le cabinet peut anticiper n le vote de la chambre et affecter une certaine somme à un n

objet qui n'avait pas pu être prévu. Il faut, pour cela, une | minute du conseil adoptée sur le rapport d'un ministre dé- D clarant qu’il y a urgence. | di te

Les ministres, comme nous l'avons vu plus haut, sont responsables devant les chambres, mais ils ne sont pas respon sables devant les tribunaux, de leurs actes administratifs. Toutes leurs délibérations se font sous le sceau du secret, et ils sont tenus de garder ce secret mème devant les cours de justice. Ils peuvent, néanmoins, faire certaines révélations devant la chambre, en légitime défense, et après avoir obtenu la permission du chef de l'État.

En tant que cabinet, les ministres ont à s'occuper des objets suivants :

L'initiative des mesures publiques, la conduite des délibéra tions dans les deux chambres, et la surveillance sur la législa tion ; les réponses aux interpellations des députés, la forma tion des comités, des commissions d'enquête, etc. ; la surveil lance et le contrôle des affaires publiques, en général.

Ils ont, en outre, à remplir tous les devoirs qui résultent de leur position de chefs de départements. Là

Les ministres qui appartiennent à l'assemblée législative doivent se faire réélire lorsqu'ils acceptent un portefeuille. La Ÿ chose n’est pas nécessairt, toutefois, lorsqu'ils ne font que : changer de département, ou qu'ils reprennent leur portefeuille dans un ministère nouveau après avoir fait partie du précédent. Cette acceptation deit, néanmoins, avoir lieu dans les trente jours à compter de la démission.

Le lieutenant - gouverneur en conseil nomme les conseillers législatifs. Il nomme également et peut démettre les juges des sessions de la paix, les officiers du service civil, les magistrats de district, les recorders, les coroners, les officiers des cours de justice, et, en général, tous les fonctionnaires publics qui re lèvent du gouvernement local. Il a le pouvoir de fixer le chiffre de leurs traitements, sauf le traitement des recorders, qui est fixé par le conseil de ville de leur municipalité.

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