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voilà pourdq e l'Amérique ir, N'en dé e quintessen ient pour le ère l'esprit 1 un système M. Delisle, gacité, nou prtaient dans e pouvait ps vec confianc( hr un contine
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ides : nous voulons corriger le passé, ad usum Delphini; voilà pourquoi lon a affublé les premiers colonisateurs e l'Amérique de nos sentiments et de nos manitres de ir, N'en déplaise cependant à beaucoup d’abstracteurs e quintessence, lorsque les gens de cctte époque parient pour le Nouveau Monde, ils ne se tourmentaient ère l'esprit pour imaginer une constitution politique 1 un système social.
M. Delisle, avec bien moins d’emphase, et plus de gacité, nous a expliqué les choses d’un seul mot : ils prtaient dans les colonies le système féodal, parce qu’on pouvait pas faire autrement, et lorsqu'ils ont suivi
vec confiance leurs chefs naturels pour aller s'installer
br un continent ignoré, ils ont agi absolument comme ils
Auaicnt agi chez eux, s’il s'était trouvé un territoire
acant à leur proximité. Voilà comment les colonies du ix-scptième siècle ont été des établissements féodaux.
Les Bienc Bfcodale de 1 Bfiguré dans sieur de Por gnc, avait er fût bon catl cause monar toutes ses gu sa bravoure, son dévouer «l’ordre du «camp de s « tait son in!
Cependant
l Moreau,
“.. Chacun dit : Y a.t-il des trésors? Y a-t-il « des mines d'or et d'argent? cet personne ne “ demande : Ce peuple-là est-il disposé à en- « tendre la doctrine chrétienne? Quant aux «“ mines, ily en a vraiment, mais il faut savoir « les fouiller ; la plus belle mine que je sache, “c'est du blé et du vin avec la nourriture du “ bestial; qui a ceci, il a de l'argent, et de “ mines nous n'en vivons point. »
(Lescansor, chap, 11.)
Les Biencourt sortaient d’une bonne et vieille famille Hfcodale de Picardie, dont plusieurs membres avaient figuré dans les Croisades; en 1590, Jean de Biencourt, sieur de Poutrincourt, baron de Saint-Just en Champagne, avait embrassé la cause du roi Henri IV. Bien qu’il Efût bon catholique, il était personnellement dévoué à la cause monarchique et au Roi lui-même; il le suivit dans toutes ses guerres, se distingua dans maintes affaires par sa bravoure, et le Béarnais prisait tout particulièrement son dévouement ct sa sagacité. « Il était chevalier de «l’ordre du Roi, gentilhomme de sa chambre, mestre de «camp de six compagnies d'hommes à pied, et on van- « tait son intelligence à l’égal de son courage". » Cependant il faut convenir que le sieur de Poutrin-
l Moreau, Hist. de l'Acadie. — Marc Lescarbot.
court, chevalier preux et loyal, avait amassé en tout Be leurs amis ceci plus d'honneur que de fortune : le démembrement But de fonder des anciens héritages et de grandes dépenses avaient Be nom de la déjà, bien avant lui, amoindri la situation de sa famille, Bo la mère pe lui-même, durant ses campagnes, avait contracté plu "entra à d’un emprunt qui pesait lourdement sur la baronnie , favori de Saint-Just. Aussi, quand il se réinstalla dans son ma: Bar les chart noir après la paix, et que, suivant les lecons et l'exemple Rplusieurs ma de Sully, il voulut améliorer les cultures et les produits Mes fonds co de ses domaines, il s’aperçut promptement combien sa Méges comme position était difficile. vis défrayer
Ses ressources étaient trop bornées pour entreprendre Ehir les ressot les travaux qui eussent été nécessaires, et d'autre part la perspective de nouveaux emprunts l’effrayait outre mesure; il portait souvent ses regards sur l’avenir, et sur les générations qui devaient le suivre, ainsi que leoncours per c'était alors l'habitude des chefs de famille honnêtes levaient et prudents, et il se sentait inquict, craignant que la Ex reler famille des Biencourt, en déclinant sans cesse, n’en vint et vassaux le: à déchoir dans les derniers rangs de cette noblesse rui-
jagissait mai is et dévoué ette sorte dc
emménerait gènes que l’c Enisme. Tous il assura à :
entrer dans personne dan « Le sicu Lu désireux d
née, dépossédée, réduite aux aventures, qui, dépouillée de ses ficfs patrimoniaux, végétait, sans indépendance et sans dignité, à la solde des princes ct scigneurs dont leurs ancêtres avaient été les égaux.
C’est dans ces dispositions d'esprit qu’il vivait fort retiré à Saint-Just, avec sa femme Jeanne de Salazar et ses enfants, consacrant toute son économie et son industrie à lutter contre les difficultés de sa mauvaise fortune; il ES: choisir qu mettait de l’ordre en toute chose, réparant peu à peu RS: mille, fem ses bâtiments, ménageant la bonne distribution des four- RS courront € rages et des engrais, surveillant l’accroissement de son Ex généreuse bétail, lorsqu'il recut, en 1602, la visite d’un de ses
anciens compagnons d'armes, M. de Monts, sieur du : ; ! Chroniqu
Guast. Celui-ci lui apprit que plusieurs gentilshommes dLesoanbot
A tout Me leurs amis formaient en ce moment une société dans le ‘ement But de fonder au nord de l'Amérique une colonie qui, sous tvaient Me nom de la Nouvelle-France, devait être une extension unille; Mc la mère patrie de l’autre côté de l'Océan.
é plu "entra à ce sujet en des détails très-circonstanciés : ronnie , favorisait ouvertement ce projet et l’encourageait
n ma par les chartes ct privilèges les plus étendus, tandis que emple Bblusicurs marchands de Paris et de Dieppe fournissaient oduite es fonds considérables pour son exécution '; les priviien sa Méges commerciaux attachés à l’entreprise devaient à la
vis défraycer les avances de ces bailleurs de fonds et fourendre Mhir les ressources nécessaires au soutien de la colonie, Il > part s'agissait maintenant de trouver des gentilshommes haroutre Mis ct dévoués à leur patrie, qui voulussent apporter dans ir, et Mctte sorte de conquête leur activité, leur sagacité et leur que concours personnel. Les terres et forêts que l’on occupe-
mêtes levaient être partagées entre eux, à titre de ficfs ue là 4x relevant de la couronne, ayant pour tenanciers
\ vint » ruiuillée
et vassaux les familles de cultivateurs européens que l’on emméncrait dans le pays nouveau, et les sauvages indigènes que l’on civiliscrait en les convertissant au christia-
ce €t Enisme. Tous ces récits plaisaient fort à Poutrincourt, et dont RE assura à son vieil ami qu’il se sentait très-disposé à entrer dans ses vues, et peut-être même à payer de sa Ure- personne dans la réalisation de ces projets. t ses « Le sicur de Poutrincourt, dit Lescarbot, se trouva trie M4 désireux de voir ces terres de la Nouvelle-France, et d’y €; 1 M: choisir quelque lieu propre pour s’y retirer avec sa fapeu M: mille, femme et enfants; pour n’être pas des derniers qui four- Bi courront ct participeront à la gloire d’une si belle et si Son Du généreuse entreprise, il lui print envie d’y aller *, » Ce ses du
1 Chronique de Lescarbot.
mes ? Lescarbot, liv. IV, ch. 11.
LE er
dans tous les suite au dép Alonts, Poutri ravé, QUI de ent au Ha quatre navire!
Kaint-Laurent destinés tous Mes fourrures, &ur les deux a t munitions engagés et où
E Le but de alors l'Acadi ous le nom d int spécifié re 1603 au Mootoycrent pe bresqu'ile, pe ‘hui baie de barquèrent en le Pussa-mastruisirent au ion des riguc révéla de tel tablissement printemps sui Poutrincou ux;ilavait | n france, s
pays presque inhabité et ces grandes forêts vicrges offraien à Poutrincourt pour l'avenir, et pour sa postérité, un physionomie particulière et des espérances conformes; ses désirs; il songea que du manoir principal qu’il aurai fondé il pourrait diriger, comme autant d’essaims secon. daires, chacun de ses cadets sur quelque fief nouveau x milicu de cette vaste solitude; il assurait ainsi pendant plusicurs générations à la famille de Biencourt une séri d'établissements territoriaux, au milieu desquels se fi élevé comme une colonne le grand manoir de la branche ainée, le tout formant une sorte de principauté dont il eüt été le créateur. Notre baron était un homme des temp antiques, amateur de la tradition des ancêtres, dévoué a culte de la famille; il entrevit donc avec satisfaction « vaste champ qui s’ouvrait, en Amérique, aux espérances, « à la légitime ambition, des gentilshommes francais ; il ni tarda pas à s'identifier entièrement aux idées de son com: pagnon d'armes, et lui promit tout son concours, quani celui-ci le quitta pour rejoindre Henri IV à Paris. L’ann& s’était à peine terminée (1603) que M. de Monts lui rap pela ses promesses : « Sachant le désir du sieur de Poutri « court qui étoit d’habiter par delà, et y établir sa famill « et sa fortune, et le nom de Dieu tout ensemble, le sieur « de Monts lui écrivit, et envoya un homme exprès pour « lui faire ouverture du voyage qui se présentoit. Ce qu «ledit sieur de Poutrincourt accepta, quittant tout « affaires pour ce sujet, bien qu’il eût des procès de cor « séquence ‘... »
Nous n’entrerons pas ici dans de plus grands détail, sur la formation de la Société qui fut alors créée à Pari pour la colonisation de la Nouvelle-France, sous le pr tronage spécial du Roi; on les trouve avec surabondant
! Charlevoix.
Moreau, —— * Lescarbot.
! Lescarbot, liv. IV. gravé par M. I
Hans tous les historiens du Canada’. Nous arrivons de juite au départ de nos gentilshommes pionniers : de Alonts, Poutrincourt et de Chaste; de Champlain et Pontavé, qui devaient plus tard coloniser le Canada, se réurent au Havre avec plusieurs autres; là, ayant équipé quatre navires, ils en dirigèrent un sur l’embouchure du Baint-Laurent et un autre sur le détroit de Campseau, lestinés tous les deux à la pêche de la morue et au trafic Mes fourrures, tandis qu'ils s’embarquèrent le 7 mars 1604 Sur les deux autres; ceux-ci étaient chargés de provisions t munitions de toute sorte, ayant à bord cent vingt engagés et ouvriers divers ?, Le but de leur expédition était la péninsule appelée lors l’Acadie, ou plutôt, la Cady, connue aujourd’hui jous le nom de Nouvelle-Écosse, ainsi qu'il est expressénent spécifié dans la commission donnée le 8 novembre 1603 au sieur de Monts par le roi de France. Ils ôtoyérent pendant un certain temps les côtes de cette presqu'ile, pénétrèrent dans la baie Francaise (aujonr- ‘hui baie de Fundy), puis revenant sur leurs pas, ils débarquèrent en juillet sur l’ile de Sainte-Croix, dans la baie We Passa-ma-Cady, où ils résolurent de se fixer. Ils y construisirent aussitôt quelques magasins palissadés, en préviion des rigueurs de l'hiver; mais cette rude saison leur révéla de tels inconvénients dans la situation de leur établissement, qu'ils se décidèrent à le transporter dès le printemps sur la terre ferme, en un lieu plus favorable. Poutrincourt cependant n'avait point passé l’hiver avec ux; ilavait profité du retour de l’un des navires renvoyé n France, sous le commandement de Pontgravé, pour
ffraient té, un Mes } | aurai
secon-
ces, ct 5 il ni n COM: quani |
!' Charlevoix, — Garneau, — Ferland, — Beamish Murdoche,
Moreau, —— Parkman.
* Lescarbot, Voir aussi l'étude si intéressante faite sur Pontgravé par M. Benjamin Sulte. Ottawa, 1876.
retourner dans ses foyers. L'étude des lieux n'avait fai que le confirmer dans ses projets, mais il était nécessair qu'il prit les mesures utiles à leur accomplissement : | voulait choisir lui-même les ouvriers qui devaient k seconder dans son entreprise, s'assurer de certaines re. sources, revoir sa femme et ses enfants, prendre certain arrangements d'argent et de famille, afin de pouvoir & consacrer librement, pendant plusieurs années, à l’œuvre difficile de la première installation. Déjà en effet il avai jeté les veux sur un lieu qui lui parut éminemmer ropr à son établissement ; c'était une belle rade donnant surkh baie Française, qu’il avait visitée durant l'exploration de 160%; il l'avait fort admirée, ainsi que le pays qui l'envi ronnait : M. de Monts avait alors spontanément offert (ke lui attribuer en fief ce canton, qui paraissait lui plaire fort et qu'ils nommèrent le Port-Royal.
Cette promesse avait été faite et acceptée de granl cœur, Elle recut ensuite sa confirmation et son exécution: mais dans l'embarras où se trouvèrent les chefs de l’expidition au printemps de 1605, après avoir perdu plusieur homines du scorbut, il fut décidé que malgré cette attribution, et tout en réservant les droits éventuels de Po trincourt, on transporterait aussitôt sur les rivages de cette rade l'établissement provisoire de l’ile Sainte-Croix. afin de placer la colonie dans une condition plus fav rable.
La rade de Port-Royal (aujourd’hui Annapolis basi est en cffet fort belle, et nous croyons bien faire en reproduisant ici la description qui en fut écrite quatre an après par Marc Lescarbot, un des compagnons et collabr rateurs de Poutrincourt, lequel nous a laissé une précieuse chronique sur l'établissement de Port-Royal !,
1 Lescarbot, Hist, de la Nouvelle-France.
« Ce port «vers le suc « seAUX qui «du monde « moulins d «dits cotea « peuvent fe “espace, Ce «ladite rivi ki port pour
« Le sieu we pré, il le “sieur de À «pris lettres «de s’y reti «tien et fra «dit port a
Au point bassin, elle « qui sépare l domine légè même des « colonie au p que M. de 1 lieu où exis la garnison
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« Ce port est environné de montagnes du côté du nord; « vers le sud, ce sont coteaux, lesquels versent mille ruis- «seaux qui rendent le licu agréable plus que nul autre «du monde, et il y a de fort belles chutes pour faire des « moulins de toutes sortes. A l’est est une rivière entre les- «dits coteaux et montagnes, dans laquelle les navires « peuvent faire voile jusqu'à quinze lieues, et durant ect «espace, ce ne sont que prairies d’une part et d'autre de “ladite rivière, laquelle fut appelée l'Éguille. Mais ledit « port pour sa beauté fut appelé le Port-Royal.
« Le sieur de Poutrincourt ayant trouvé le lieu à son «gré, il le demanda, avec les terres y continentes, au «sieur de Monts; ce qui lui fut octroyé, et depuis en a «pris lettres de confirmation, de Sa Majesté, en intention «de s’y retirer avec sa famille pour y établir le nom chré- «tien et françois, tant que son pouvoir s’étendra. — Le- «dit port a huit licues de circuit. »
Au point où la rivière de l’Éguille débouche dans le bassin, elle en recoit une autre plus petite, et sur la pointe qui sépare les deux cours d’eau s’élève un mamelon qui domine légèrement la rade. C’est en ce lieu, au confluent même des deux rivières, que vint prendre terre la petite colonie au printemps de 1605, et ce fut sur ce mamelon que M. de Monts établit ses constructions, à peu près au lieu où existe encore maintenant le petit fort occupé par là garnison anglaise.
Autour du bassin, le sol plat et fertile forme un immense vallon circulaire, et s’élève par des pentes graduées jusqu'aux collines qui bordent le fond du tableau ; tout ce qui n'était pas atteint par le reflux des marées était couvert d'admirables forêts. Les matériaux que l’on apportait de Sainte-Croix, et le bois qui abondait sur le lieu même, permirent donc d’édifier en très-peu de jours un bâtiment l'habitation et un magasin; le tout fut entouré ensuite
d’une enceinte palissadée, et ce fortin recut le même nom que la rade qu’il commandait, celui de Port-Royal : i occupait exactement l’emplacement actuel de la ville d’An. napolis. Ce fut le premier établissement fixe formé par le Éuropéens, dans ces contrées septentrionales ; nous devon même ajouter qu’au nord du golfe du Mexique il n'existait alors qu’un autre établissement européen, celui de Saint. Augustin dans la Floride, qui appartenait aux Espagnol
U fallut un assez grand travail pour réinstaller la colo. nie dans son nouveau site; les constructions, qui étaient tout en bois, ne présentaient pas une œuvre très-compli quée, mais encore devait-on abattre et amener les charpentes, éclairer et défricher les environs du fort, emmasr siner ctordonner tous les approvisionnements ct munitions. Pour ménager les vivres, on se livrait à la pèche et à h chasse; en même temps, on reconnaissait le pays et l’on s
mettait en rapport avec les indigènes (Micmacs où Souri- BR
quois), qui se montrèrent fort accommodants pour le nouveaux venus. Ils apportèrent quantité de pelleteries. qu'ils échangèrent volontiers contre toutes sortes de bagatelles provenant de notre industrie; leur grand che Membertou manifesta pour les Francais la plus vive sympathie; il ne se lassait point de séjourner parmi eux, st renseignant de son mieux sur tous leurs usages, essayant même parfois de s’y conformer, et il devint pour eux dans la suite un ami sûr et dévoué. Cependant tous ces soins demandaient du temps et du souci, si bien qu’on atteignit l’automne sans avoir encore pu faire aucune culture !. Dans l'intervalle, Pontgravé était revenu de France avec un navire chargé de munitions et portant un renfort de quarante hommes. M. de Monts, voyant alors si colonie installée dans un lieu propice, songea à aller
1 Lescerbot,
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rejoindre Poutrincourt, qui était encore en France, fort occupé à donner ses soins à ses propres affaires et à celles de la Société. De Monts savait combien ce dernier désirait vivement revenir en Acadie, et il voulait lui resti-
tuer la liberté de ses mouvements; d’ailleurs les besoins
financiers de l’entreprise, dont il avait été le promoteur, rendaient maintenant sa présence plus utile à Paris que dans la colonie elle-même. Il s’embarqua donc pour l’Europe au commencement de l’automne 1605, emmenant avec lui les engagés dont le temps était expiré, et les pelletcries troquées avec les sauvages. Pontgravé demeura à Port-Royal comme son lieutenant, en compagnie de Champlain, de Champdoré et de l'abbé Aubry, missionnaire qui accompagnait l’expédition.
Ceux-ci s’employèrent activement, avec les hommes qui étaient restés sous leurs ordres, à tout préparer pour
Laffronter un nouvel hiver; ils avaient une grande barque à et une chaloupe avec lesquelles ils parcoururent les côtes,
en pèchant et en trafiquant avec les sauvages; la chasse non plus ne fut point négligée, et les approvisionnements se trouvèrent ainsi considérablement accrus. Les relations avec les Indiens furent entretenues avec soin,
D afin d’en obtenir facilement les fourrures, qui jusqu’à pré-
sent fournissaient les seules ressources propres à défrayer les dépenses de la colonie; on abattit et l’on charroya des bois de charpente et de chauffage, on travailla assidûment à l’accroissement et à l’arrangement des constructions, et tous ces soins conduisirent les colons jusqu'aux premières neiges.
Ce second hiver, sans être aussi difficile que le précédent, fut encore pénible à traverser; six hommes périrent du scorbut, le missionnaire succomba ; les provisions se trouvèrent un peu courtes, et, l’été survenant sans que le convoi attendu de France eût paru, l'inquiétude