‹ Une colonie féodale en Amérique [microforme]Chapitre 44 sur 63 · ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES

Habitants. . .| 466 Bêtes à cornes.| 715 Moutons... .| 768 Porcs. . . . %62

Fusils, . , . .| 92

A tous ces chiffres, il convient de joindre pour Chipody 55 habitants en 1707, et 300 pour les fiefs sauvages.

1 Rapports des gouverneurs français. (Archives de la marine.) — Rapports des Anglais. (Archives d'Halifax.) 2 Recensements. (Archives de la marine.) (Appendix.)

Une progression considérable se montre sur tous les points durant ces sept années : le bétail s'était accru de plus d'un quart, et les cultures ne le cédaient point au reste : la nouvelle colonie des Mines fournissait, à elle seule, plus de blé qu'il n’en fallait pour nourrir toute la province, Aussi exportait-on fréquemment sur Boston des grains et du lin; les navires de cette ville ramenaient en échange, du fer, des outils et des objets manufacturés. Les communications en effet étaient si irrégulières avec la l'rance, que, malgré les prohibitions légales, il fallait bien subir ce commerce interlope; et nous étions heureux, dit Despouttins, d'être approvisionnés par nos amis les ennemis'. Les moulins à blé et à scie se multipliaient, ct nous apercevons déjà à chaque instant la trace des exportations de planches et de bois scié.

Ces tableaux accusent une population de plus de 1,500 âmes, et l’on doit l’évaluer à 1,800, si l’on tient compte des gens fixés sur les côtes de l'Est et dans ces

capitaineries sauvages dont nous avons déjà parlé? et dont nous nous occuperons de nouveau tout à l'heure, Depuis 1689, c’est-à-dire en dix-huit ans, la population totale avait donc plus que doublé, s’augmentant de 847 personnes,

Parmi les 1,500 habitants, 350 hommes peut-être étaient dans la force de l’âge; mais sur ce nombre eût-on pu mobiliser 160 hommes à la fois, c’est-à-dire la moitié? Cela est fort douteux; ces hommes d’ailleurs étaient maintenant étrangers aux habitudes de la guerre; les temps de d’Aulnay, de Latour, de Le Borgne étaient déjà bien loh derrière eux! La population pouvait donc offrir d taires braves, énergiques et d’un très-bon service, ais en

! Correspondance administrative de Desgouttins, (Archives. ) — Beamish (passim).

2 Voir chapitres 1v et v.

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Pour défendre la colonie contre les attaques des Anglais, il eût donc fallu que la métropole y concourût pour une large part. Bien souvent les gouverneurs du Canada et de l'Acadie avaient présenté à la cour des remontrances aussi sages que bien motivées, sur les dangers de la situation fausse de la Nouvelle-France, constamment compromise par la politique continentale du gouvernement, et à laquelle on n’envoyait cependant ni colons pendant la paix, ni soldats pendant la guerre. Mais ces avis étaient toujours restés infructueux. Louis XIV possédait à un haut degré les qualités et les défauts du caractère francais : l’extension de la France en Europe, le retentissement de sa gloire militaire, l'éclat de sa situation et de ses relations avec les autres souverains, le flattaient et l’éblouissaient trop, pour qu'il pât s'intéresser beaucoup à la création et au développement de ces humbles villages du nord de l'Amérique, dont on pouvait espérer cependant un si rand avenir. D'autre part, le Roi n’aimait point les entreprises de longue haleine, dont il fallait patiemment attendre et diriger les progrès ; il aimait à faire grand et vite, et s’imaginait volontiers qu’une colonie pouvait s'impro= viser comme le château de Versailles. Après s'être occupé du Canada pendant dix ans, il pensait que ce pays devait être peuplé et consolidé ; aussi s’étonna-t-il singulièrement, on 1675, de n’y trouver encore que sept mille habitants"; il en témoigna alors un profond mécontentement, et à partis de ce moment on aperçoit que ce sujet cesse de frapper son attention ; le Canada et l’Acadie semblent plutt être devenus pour lui un fardeau, un souci désagréable et gènamt; toute leur importance disparaissait à ses

! Lettres à M. de Champigny, du 17 mai 167% et du 15 avril 1676. (4rchives de la marine.)

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