‹ Une colonie féodale en Amérique [microforme]Chapitre 51 sur 63 · FE · texte numérisé non relu

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Le gouverneur de l'Acadie n'ignorait pas l’acharnement passionné que les gens de la Nouvelle-Angleterre nourrissaient contre les colonies francaises ; ceux de Boston étaient tellement furieux du double échec que leur armée avait éprouvé, qu'ils furent sur le point de faire un mauvais parti ! aux officiers qui l'avaient commandée; Subercase ne doutait. donc pas qu’ils ne revinssent prochainement à la charge, etil en instruisit la cour de France; il exposa ses embarras *, en énumérant les secours qui lui étaient nécessaires pour parer à une nouvelle attaque; en réponse à ces demandes, il vit arriver en 1708 deux petits bâtiments de guerre, la Vénus et la Loire. Malheureusement, ces navires n'amenaient point de soldats, et le ravitaillement qu'ils apportaient était des plus médiocres. Néanmoins, comme son esprit était plein d'activité et de ressources, le commandant français entreprit, malgré son dénûment, de réparer de son mieux les dommages causés par la guerre, et de remettre le fort en état de défense.

À défaut des ressources qu'il n'y avait pas trouvées, il utilisa les deux navires en les envoyant en croisière, ce qui lui procura quelques denrées aux dépens des Anglais * ; quand les bâtiments rentraient dans le port, il joignait les équipages à ses soldats et aux habitants pour activer le rétablissement des fortifications.

Mais ces travaux eux-mêmes lui suscitaient beaucoup d’embarras; il avait journellement deux cent cinquante

1! Garneau.

#4] n'y a plus dans le pays ni faux, ni faucilles, ni couteaux, ni fer... point de haches, point de couvertures pour les sauvages, point de sel pour les habitants, parmi lesquels quarante-trois familles n’ont même plus de marmites, les ayant cassées en se réfugiant dans les bois à cause de l'ennemi, etc... » (Lettre de Desgouttins, du 23 décembre 1707. Archives.)

3 Archives.

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