I. — Recommandations généralet
La première colonne peut avoir à livrer des combats de positions, à donner Tassaut à un village ou à se défendre en route contre ane attaque exécutée par un ennemi audacieux et sûr de son terrain.
Pour les deux premiers cas, il ne peut être tracé de règles d*avance. On devra cependant tenir compte des principes suivants :
L'ordre dispersé ne saurait ôtre employé dans ce pays, où les causes qui ont conduit les troupes européennes à adopter cette tactique de com« bat n'existent pas, et où, d'autre part, nous serions en infériorité vis* à-vis d'adversaires qui n'ont à lutter ni contre le climat ni contre les difficultés du terrain. L'ordre serré s'impose.
L*action principale s'exerce par les feux. Il faut donc que les ofïlciers, en toutes circonstances, restent maîtres du feu de leurs hommes. A cet effet, ils feront une application presque unique des feux à commande* ment.
On ne tirera aux grandes distances que très exceptionnellement et sur de grandes masses. Il est inutile de tirer au delà de 500 mètres. Les bonnes distances sont comprises entre 230 et 400 mètres; à ces distances le feu ennemi ne peut ôtre très meurtrier pour nous, tandis que notre armement obtient alors ses efïets les plus sûrs et les plus terribles.
L'emploi utile des kropatschecks exige que l'on arrive sur l'ennemi, aux courtes distances, avec les magasins encore garnis. Dans Tassant des villages, les officiers des troupes indigènes s'efforceront par tous les moyens possibles d'éviter une trop grande dispersion de leurs hommes. Ils devront toujours conserver des groupes massés, pour parer à des retours oôensifs, toujours possibles, ou pour exécuter eux-mêmes des contre-attaques.
La cavalerie ne doit jamais charger contre des troupes qui n'ont pas encore tiré. Au contraire, lorsque les indigènes ont déchargé leurs armes, généralement lentes à recharger, l'action d'une charge de spahis peut être des plus efficaces.