‹ Une colonne dans le Soudan françaisChapitre 26 sur 63 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Pendant que j'exerçais le commandement du 2^ territoire militaire au ïonkin, j'ai été chargé, par le général en chef, de diriger plusieurs opérations contre les bandes pirates qui tenaient alors presque toute la haute région. Par suite de l'extension de nos possessions d'outre-mer, le nombre de nos officiers appelés à prendre part à des opérations de guerre aux colonies s'augmente constamment. Il m'a paru qu'il serait peut-être utile et intéressant pour eux de donner ici le récit des trois colonnes, que j'ai eu à conduire dans le Caï-Kinh, contre le chef pirate Ba-Ky, et dans le Yen-Thé. Bien que les grands principes de la guerre soient toujours les mêmes en tous pays et contre tous les adversaires, leurs applications varient suivant la nature des régions qui servent de théâtres d'opérations et suivant l'armement et la tactique des ennemis que nous avons à combattre. Un commandant de colonne ne donnera pas les mêmes règles de marche et de combat à ses troupes, si elles opèrent au Soudan ou au Tonkin. Au Soudan, la colonne prendra presque toujours la formation en carré, qu'il s'agisse de bivouac ou de combat ^

* Voir Une Colonne dans le Soudan français (1866-87). {Journal des Sciences militaires de novembre 1887.)

Gallieni. 1

Les petits postes ou sentinelles de surveillance seront placés à peu de distance en avant de la troupe. Au Tonkin, au contraire, on agira par petites colonnes séparées et indépendantes, concourant à un même but, mais pouvant se glisser aisément à travers les défilés et criques qui constituent le principal caractère topographique de la haute région. Le système de sécurité des troupes au bivouac sera bien plus perfectionné qu'au Soudan et comprendra de nombreux petits postes et groupes de sentinelles, installés aux cols et sur les accidents de terrain, couvraxnt la position. Au Tonkin même, les règles de conduite des troupes ne sont pas les mêmes suivant les régions, et nos soldats ne combattent pas dans les forêts du Yen-Thé comme dans les montagnes du Caï-Kinh.

Le compte rendu de ces expéditions fournira donc des renseignements qui pourront être utiles à ceux de nos camarades que leur service appelle à opérer dans la haute région du Tonkin. C'est la pensée qui m'a conduit à exposer ci-après les principaux événements militaires qui ont marqué mon commandement du 2e territoire, de 1893 à 1896.

Tananarive, le 21 février J899.

Gallie-M.

OPÉRATIONS DANS LE CAÏ-KINH

(Décembre 1893-JanYier 1894).

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