‹ Une colonne dans le Soudan françaisChapitre 28 sur 63 · DIRECTION GÉNÉRALE A ADOPTER · texte numérisé non relu

DIRECTION GÉNÉRALE A ADOPTER

La situation étant telle, j'arrêtai de suite les propositions qui me semblaient, suivant moi, devoir écarter les dangers qui menaçaient la ligne ferrée. Il fallait parer au plus pressé, dégager la route du delta vers Lang-Son, sauf à s'occuper ensuite de la région de la frontière. Ces propositions sont contenues dans les deux télégrammes suivants, que j'adressais dès le 4 décembre au général en chef, avant même de quitter les Sept-Pagodes, où je résidais auparavant comme commandant du l'^'" territoire militaire.

Sept-Pagodes, 4 décembre 1893.

Territoire a Général en chef.

1242. — J'estime dès maintenant que le seul moyen de protéger efficacement ligne chemin de fer et nous préserver nouveau attaques et enlèvements, est de tenir dégagées les régions du Caï-Kinh et du Bao- Day, bordant la route de Lang-Son. En ce qui concerne Caï-Kinh, il y aurait lieu de demander gouverneur général être autorisé avoir de suite contre repaire Lung-Lat déjà tenu en observation par troupes établies par commandant Barre sur les positions qu'il a choisies. Ces troupes pourraient à la rigueur immobiliser la bande de 'J300 fusils qui occupe le repaire, mais il faudrait alors les maintenir constamment en position, ce qui occasionnerait aux hommes d'énormes fatigues et de gros frais de ravitaillement. Il vaut mieux se résoudre dès maintenant à disperser la bande et, pour cola, marcher sur le repaire en trois colonnes. 1" territoire pourra momentanément prêter deux compagnies tirailleurs, et on prendra à Hanoï les deux compagnies Européens nécessaires pour compléter les colonnes. Pour artillerie que je juge nécessaire adjoindre également à ces colonnes, vous enverrai propositions définitives dès mon arrivée Phu-Lang-Thuong où serai le 6 courant et où ai donné rendezvous à commandant Barre. Bande dispersée, il sera possible prendre telles mesures qui seront nécessaires pour occupation définitive Caï-Kinh et empêcher retour des grosses bandes qui ont porté la terreur sur ligne chemin de fer pendant plusieurs mois. En résumé, pour ne pas perdre de temps et utiliser bonne saison, il serait indispensable que gouverneur général donnât de suite autorisation commencer opérations. J'estime, en outre, si nous voulons empêcher nouveaux enlèvements, qu'il faut agir énergiquement contre bandes, sans nous préoccuper Européens

prisonniers ; je ferai d'ailleurs tout mon possible pour essayer les délivrer en cours opérations.

Sept-Pagodes, 4 décembre 1893.

N° 1243. Suite à télégramme n° 1242. — 11 est également nécessaire maîtriser Bao-Day et empêcher que bandes rejetées du Caï-Kinh ne fassent la navette et ne viennent s'y réfugier. Pour assurer ce résultat le plus simplement et avec le moins de frais possible, vous proposerai demander à gouverneur général organisation d'une colonne mobile de linhs-cô et de partisans placés sous les ordres de Doc-Xuyet, le huyen de Loc-Nam qui nous a déjà donné de nombreuses preuves de son dévouement et de son énergie ; il aurait sous sa direction 200 linhs-cô et 200 partisans. Je pourrais déjà mettre à sa disposition 50 linhs-cô, mais il lui en faudrait 150 autres nouveaux à recruter dans le Loc-Nam, d'oii une dépense nouvelle de 500 piastres environ. De plus, il serait indispensable nourrir partisans, d'oîi une nouvelle dépense mensuelle de 400 piastres, au total par mois 1000 piastres. Celte colonne mobile serait constamment dans le Bao-Day, battant le pays à l'est de la ligne Kep-Than-Moï. Elle pourrait être appuyée au besoin par nos forces régulières des postes du Loc-Nam. Bien entendu, ces mesures de protection de la ligne du chemin de fer prendraient fin à l'achèvement du tronçon Bac-Lé — Than-Moï. Dès autorisation gouverneur général donnée, ferai procéder immédiatement à organisation colonne mobile et au recrutement des 150 linhs-cô, tous pris parmi anciens tirailleurs ou partisans région.

Ces deux télégrammes indiquaient la ligne de conduite que j'entendais suivre vis-à-vis des bandes pirates, qui occupaient le Caï-Kinh et le Bao-Day depuis si longtemps et menaçaient la ligne du chemin de fer. Ils recevaient aussitôt l'approbation du chef de la colonie.

Le Bao-Day étant tenu et surveillé par la colonne volante de Doc-Xuyet et par nos garnisons du Loc-Nam, ce que j'estimais suffisant pour le moment, je portais tous mes efforts sur le Caï- Kinh, qui devenait ainsi le théâtre principal de nos opérations.

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