‹ Une colonne dans le Soudan françaisChapitre 31 sur 63 · ORGANISATION DES TROIS COLONNES · texte numérisé non relu

ORGANISATION DES TROIS COLONNES

Dès le 18 décembre cependant, je constituais les colonnes appelées à concentrer leurs efforts sur Lung-Lat. L'ordre n» 1, ci-après reproduit, donnait la composition de chacune d'elles, mais ne pouvait indiquer, même approximativement, la date de leur mise en route, en raison de l'absence de porteurs et du dénuement des magasins qui, sur le théâtre des opérations, devaient les ravitailler.

Ordre 1.

1. — Conformément aux ordres du général commandant en chef, une colonne sera formée pour chasser les bandes pirates qui occupent le Caï- Kinh et particulièrement le cirque de Hung-Lat.

L'attaque se fera par trois groupes suivant trois directions convergentes vers le cirque de Lung-Lat.

H. — Le premier groupe, dit colonne n° l, sera composé de la manière suivante :

1° État-major. — Commandant de la colonne, commandant Famin; ofticier d'état-major, capitaine Chabrol, de l'état-major de M. le général commandant en chef; médecin, docteur Thoulon, major de la 6** batterie bis;

2° Troupes. — Deux compagnies d'infanterie de marine à 100 hommes

chacune venue d'Hanoï. La 13« compagnie du 2^ tonkinois. Une section de 50 tirailleurs de la garnison de Bo-Ha, commandée par le capitaine Orlanducci. Un détachement d'artillerie comprenant 1 officier et 12 artilleurs, dont moitié Européens, avec une pièce de 80 approvisionnée à 120 coups;

3° Partisans. -- 50 partisans du huyen de Vu-Nhaï;

4° Munitions de réserve. — 6 caisses de cartouches 1886 et 6 caisses de cartouches 1 879 ; 50 fusées de signaux (25 rouges, 25 blanches); 10 tubes incendiaires;

5° Outils. — 30 pelles, 20 pioches, 10 pics à roc, 10 leviers en fer, 20 serpes, 10 scies passe-partout, 2 égoïnes, 20 haches de bûcheron, 10 kilogrammes de cordage, 10 kilogrammes de fil de fer galvanisé, 10 pinces coupantes;

go YiDres. — Les Européens emporteront sur eux deux jours de vivres, et les indigènes (tirailleurs ou coolies) quatre jours. Le convoi portera, en outre, dix jours de vivres pour les Européens et six jours pour les indigènes;

7» Convoi. — Il sera affecté à cette colonne 644 coolies, savoir : 16, état-major; 68, compagnies d'infanterie; 34, 13^ compagnie de tirailleurs; 14, section Orlanducci; 104, artillerie, dont 14 pour personnel, 30 pour la pièce, 60 pour 120 coups; 12 pour carabines partisans huyen Vu-Nhaï; 4 pour cantine médicale; 24 pour 12 caisses réduites cartouches ; 12 pour les outils de terrassier ; 2 pour les tusées signaux et tubes incendiaires; 162 pour 10 jours de vivres pour les 220 Européens; 192 pour 10 jours de vivres pour 800 tirailleurs et coolies.

III. — Le deuxième groupe ou colonne n° 2 sera formé avec les troupes opérant actuellement dans le Caï-Kinh et sera composé de la manière suivante :

1° État-major. — Commandant de la colonne, M. le lieutenantcolonel Chapelet, du 3^ tonkinois, commandant le cercle de Lang-Son.

Commandant en second, commandant Barre, du 2® bataillon étranger, commandant le cercle annexe de Bac-Lé.

Médecin, docteur Baur, du 2^ bataillon étranger ;

2° Troupes. — Capitaine Ernst, du 10^ de marine, 150 fusils. Capitaine Genty, du 9^ de marine, 100 fusils. 20 fusils légion, lieutenant Garelly. 20 fusils légion, lieutenant Colombat. Capitaine Brodiez (6^ compagnie du 3"^ tonkinois), 65 tirailleurs. Lieutenant Maillard (7« compagnie du 1"' tonkinois), 100 tirailleurs. Capitaine Rémond (9® compagnie du 3^ tonkinois), 50 tirailleurs. Lieutenant Eilaire (2« compagnie du 2e tonkinois), 50 tirailleurs. Lieutenant Weinel (7^ compagnie du 3^ tonkinois), 50 tirailleurs. L'artillerie de cette colonne lui sera fournie par la troisième colonne, quand on sera devant Lung-Lat;

3*^ Partisans. — Les partisans levés du côté de Van-Linh et Tri-Lé accompagneront cette colonne;

4° Munitions de réserve et outils. — Les mêmes que pour la première colonne ;

5° Vivres. — Les Européens emporteront sur eux deux jours de vivres, et les indigènes quatre jours. Le convoi portera, en outre, quatre jours de vivres pour les Européens et les indigènes;

6° Convoi. — Il sera atTecté à cette colonne 449 coolies, savoir : étatmajor, 12; 2 compagnies d'infanterie de marine, 68; 1 section légion, 14; 2 compagnies de tirailleurs, 68; cantine médicale, -4; 12 caisses de cartouches. 24; outils, 12; fusées signaux, 2; 4 jours de vivres pour 800 tirailleurs et coolies, 128; 4 jours de vivres pour 360 Européens,

IV. — Le troisième groupe, ou colonne n'' 3, sera composé de la manière suivante :

1° Étal-major. — Commandant de la colonne : colonel Gallieni, commandant les 1*^ et 2^ territoires militaires ; lieutenant J/arim, officier de renseignements du colonel; médecin, docteur GzVûrrf. du 2^ tonkinois;

2° Troupes. — Capitaine Brulard (4^ compagnie du 2^ bataillon étranger), 60 fusils. Lieutenant Met, prélevé sur la garnison de Pho- Binli-Gia, 30 fusils. Capitaine Bethoy (3® .compagnie du 2« bataillon étranger), 50 fusils. Lieutenant Valton (3^ compagnie du 2^ tonkinois), 50 fusils. Capitaine Lagarrue (7^ compagnie du 2^ tonkinois), 200 fusils. Une section d'artillerie commandée par le capitaine de la batterie bis^ comprenant un lieutenant et 24 artilleurs, dont moitié Européens, avec deux pièces de canon et un mortier approvisionnés à 120 coups;

3° Partisans. — Les partisans de Pho-Binh-Gia marcheront avec cette colonne;

4° Munitions de réserve et outils. — Les mêmes qu'aux premier et deuxième groupes;

o° Vivres. — Les Européens emporteront sur eux deux jours de vivres, et l^iS indigènes (tirailleurs ou coolies) quatre jours; le convoi emportera, en outre, quatre jours de vivres pour les Européens et indigènes;

6° Convoi. — Il sera aftecté à cette colonne 672 coolies ainsi répartis : état-major, 20; une compagnie légion, 34; deux compagnies de tirailleurs, 68, personnel d'artillerie, 14; deux pièces de 80 et un mortier de 90, 360 coups, 180; fusées signaux, 2; cantine médicale, 4; 12 caisses de cartouches, 24; outils de pionniers, 12; 4 jours de vivres pour 180 Européens, 56; 4 jours de vivres pour 1000 tirailleurs et coolies, 172. Tous les coolies qui prendront part aux opérations seront entièrement à la disposition des commandants de colonnes.

Y. — Il sera mis à la disposition des commandants de colonnes une somme de 100 piastres pour le service des renseignements.

VI. — Les coolies devront être encadrés avec de bons caïs (1 par 10) et de bons dois (l pour oO). Ils porteront comme signe distiuctif un brassard blanc et numéro lé.

Des centres de ravitaillement, auxquels les colonnes pourront se ravitailler à l'aide de leurs coolies, seront établis à :

Cho-Trang, 8 jours de vivres pour 300 Européens et 800 indigènes ;

Van-Linh, puis plus tard à Hun-Len, ^30 jours de vivres pour 600 Européens et 1800 indigènes ;

Pho-Binli-Gia, 30 jours de vivres pour 200 Européens et 800 indigènes.

Ces magasins seront eux-mêmes réapprovisionnés, au fur et à mesure des consommations, par les soins de l'administration qui fera venir les vivres de Ïhan-Moï, Bac-Lé et Lang-Son.

Les colonnes seront constituées dès que les services administratifs auront réuni les coolies et formé les magasins d'approvisionnements.

La première colonne, formée à Phu-Lang-Thuong, se dirigera, par Bo- Ha, Motrang, Déo-Hinh, Yu-Nhaï et Hung-Giao, sur Vu-Lang.

La deuxième colonne, partant de Hun-Len, se portera par Tran-Yen à aïo-Nhaï.

La troisième colonne se formera à Pho-Binh-Gia et se dirigera sur Déo-Lung-Luong.

Ces trois colonnes, arrivées aux débouchés des chemins pénétrant dans le massif montagneux de Lung-Lat, chercheront immédiatement à se donner la main, de manière à former un cercle enveloppant complètement le cirque occupé par les bandes. A ce moment, la deuxième colonne receva son artillerie de la troisième. Le blocus commencé, les première et deuxième colonnes se ravitailleront à Hun-Len, et la troisième à Pho-Binh-Gia.

YIII. — Messieurs les commandants de colonnes s'occuperont, dès maintenant, de tous les détails d'organisation de leur colonne; ils organiseront leur système de renseignements et s'occuperont de trouver des trams, des émissaires et des guides.

IX. — L'ordre indiquant les dates de mise en mouvement des trois colonnes fera connaître exactement le jour et l'heure où elles devront déboucher sur les points de Yu-Lang, Mo-Nhaï, Déo-Lung-Luong, ainsi que les signaux de correspondance à l'aide de fusées adoptées pour permettre que l'attaque se fasse bien ensemble des trois côtés.

En attendant, M. le commandant de la deuxième colonne, en position vers Hun-Len, prendra toutes les dispositions qu'il jugera convenables pour couvrir la ligne du chemin de fer et maintenir les bandes en conservant le contact jusqu'au jour où, les services administratifs ayant pu réunir les approvisionnements et procurer les coolies indispensables^ les première et troisième colonnes pourront se mettre en mouvement.

Le 18 décembre 1893.

Le Colonel commandant les colonnes, Gallieni.

Chaque colonne fut subdivisée en groupes. Le groupe, qui est devenu classique au Tonkin, est une unité de marche et de combat, composée d'un noyau d'Européens et d'une quantité double ou triple de tirailleurs ; il est placé le plus souvent sous les ordres d'un capitaine appartenant à l'une des deux fractions qui le composent et dont chacune conserve à sa tête l'officier de peloton ou le sous-officier qui la commande en temps normal.

Cette organisation a le double avantage : 1^ d'unifier la composition des unités d'une colonne, qui comprend ainsi trois, quatre ou cinq éléments de même force et de même valeur, au lieu de deux compagnies européennes à 80 ou 100 fusils et deux ou trois compagnies indigènes à 2o0 par exemple; 2» de mettre dans chaque unité, en toute circonstance de temps et de lieu, par conséquent, un noyau européen en soutien immédiat des troupes indigènes, dont le moral se trouve décuplé par ce seul fait.

Je donnerai, pour exemple, la composition de la 3^ colonne, placée sous mes ordres directs, telle que la prévoyait l'ordre particulier no 2.

Ordre 2.

La colonne n» 3 sera divisée pendant tout le cours des opérations en quatre groupes, composés comme suit :

1" GROUPE. — Capitaine Betboy.

Lieutenant Détrie. — Légionnaires SO

Sous-lieutenant MuUer. — Tirailleurs 100

2® GROUPE. — Capitaine Lagarrue.

Lieutenant Le Rouvillois. — Tirailleurs 100

Lieutenant Met. — Légionnaires 40

3^ GROUPE. — Capitaine Brulard.

Lieutenant Valton. — Tirailleurs 100 |

Lieutenant Revellat. — Légionnaires 40 j

4^ GROUPE. — Capitaine Verreaux.

Légionnaires 50 ]

Tirailleurs 50 i

Elle comprend en plus :

L'ÉTAT-MAJOR. — Lieutenant Martin^ chargé du service des renseignements, accompagnera le colonel.

L'artillerie. — Capitaine Barrand.

i section de génie; Gérard, sous-chef ( Légionnaires 5

artificier ( Tirarllleurs 10

i section; 2 canons de 80™'", 1 mor- j Européens 18 )

tier de 15°^°^. Lieutenant . . I Indigènes 6 \

L'ambulawce. — Docteur Girard, médecin chef de la marine, avec personnel et matériel d'ambulance.

Le convoi administratif. — Sergent Maillet.

Lang-Son, le H janvier 1894.

Gallieni.

Enfin, les commandants de chaque colonne donnèrent à leurs troupes les instructions qu'ils jugèrent utiles, pour assurer le bon ordre des marches, la sûreté de leurs bivouacs, etc.

Je reproduis ci-dessous les instructions que j'avais adressées à la 3^ colonne.

Ordre 3.

Mesures à prendre pendant la marche et en cas de rencontre avec Vennenii.

l. — L'ordre de marche d'un groupe isolé sera le même que l'ordre de marche d'une compagnie ; son convoi devra marcher entre le 1" et le 2e peloton.

L'ordre de marche d'un ou de plusieurs groupes avec l'état-major et l'artillerie sera le suivant :

Pointe d' avant-garde. — Un guide, deux tirailleurs, deux légionnaires et un sous-officier autant que possible.

Distance. — De 100 à 300 mètres, selon le terrain.

Avant-garde. — Une section mixte, plus quatre légionnaires spécialement chargés des travaux de déblaiement avec un coolie portant une scie, deux haches, une pelle et deux pioches.

Distance. — De 100 à 200 mètres.

Gros de la colonne. — Un peloton mixte, marchant à 100 ou 200 mètres de l'avant-garde. — État-major avec les interprètes, des trams et des guides.

L'artillerie. — La section de munitions en tête du convoi avec les caisses portées par des coolies sous la conduite d'un gradé désigné par le commandant de l'artillerie.

Ambulance sous la direction de M. le médecin de 1"^^ classe Girard. — Convoi régimentaire sous la conduite d'un caporal. — Convoi administratif sous la direction du sergent Maillet.

Gallieni. 2

Les deux pièces de montagne pourront marcher pendant les sept premiers kilomètres de la première étape, c'est-à-dire jusqu'au point où l'on quitte la route de Dong-Dang, et, à partir de cet endroit, elles pourront être transportées par les mulets jusqu'à Pho-Binh-Gia; à partir de ce point, elles ne pourront plus être transportées que par les coolies.

Pendant les marches et les manœuvres, les sonneries seront remplacées par le sifflet; tous les officiers et les sous-officiers devront en être pourvus, afin de pouvoir transmettre sous bois les commandements d'en avant et de halte.

Le premier se composera de nombreux petits coups de sifflet ; le signal de lialte sera indiqué par un très long coup de sifflet.

Le colonel exigera le plus grand ordre et le plus grand silence pendant les marches. La colonne devra toujours être sur ses gardes et prête à combattre.

A toutes les pauses, qui seront faites après une période de 50 minutes de marche, les chefs de groupes feront serrer sur la tête aux distances réglementaires. Pendant les pauses, les sentiers devront, quand cela sera possible, être libres, afin que les ordres puissent être rapidement portés de la tête à la queue, si besoin est. Les faisceaux ne devront pas être formés, afin d'être toujours prêt à toute alerte.

Après 10 minutes de repos, chaque groupe se remettra en marche sans ordres.

L'heure de la première pause sera toujours indiquée. Dans les terrains couverts et rocheux, les distances entre les divers échelons devront être réduites de moitié et plus, si besoin est.

IL — A partir de Pho-Binh-Gia, il sera adjoint à l'avant-garde et au service des flancs-gardes des partisans connaissant le pays.

A partir de Déo-Ban-Thai (à 1 heure de Binh-Gia), les brodequins des légionnaires d'avant-garde et de flanc-garde devront être pourvus de patins en paille, afin de pouvoir marcher silencieusement dans les rochers.

Tous les cols et cirques, avant de s'y engager, devront être minutieusement reconnus en passant sur les flancs des sentiers autant que possible.

Si le col est sérieusement occupé, l'avant-garde, puis le gros devront successivement prendre des positions à droite et à gauche, tout en se couvrant du terrain, et placeront de suite des tireurs de position en attendant l'arrivée de l'artillerie; les mouvements tournants devront être immédiatement étudiés.

En cas d'attaque par les pirates sous bois pendant notre marche, les fractions placées en avant ou en arrière du point attaqué devront manœuvrer vivement, mais en silence, pour se porter sur le flanc des pirates. Les autres groupes prendront position derrière les abris les plus rapprochés et répondront à l'attaque par un feu lent, mais bien ajusté {éviter surtout les tireries inutiles). Pendant ce temps, le convoi devra

serrer sur la tête dans le plus grand ordre, et son escorte devra prendre une position défensive en attendant la reprise de la marche.

III. Bivouac, — Les bivouacs à prendre seront toujours indiqués d'avance autant que possible. A l'arrivée au bivouac, la section d'avantgarde ira immédiatement occuper les points qui lui seront indiqués pour servir d'emplacement aux grand'gardes ; des patrouilles devront reconnaître le terrain à 500 mètres en avant de ces points. Toutes les corvées en dehors du bivouac devront être faites en armes, les points d'eau devront être immédiatement reconnus, et, en cas d'attaque de jour et de nuit, la place de chaque groupe ou fraction de groupe devra être indiquée d'avance.

Pendant la nuit, le qui-vive et le mot d'ordre et le mot de ralliement seront remplacés par un certain nombre de battements de mains qui variera tous les jours; l'état en sera donné. Pendant la nuit, des attaches de surveillance seront placées en avant des sentinelles.

Les divers détachements devront être pourvus de coape-coupe pour pouvoir dresser des abris pour les hommes à chaque bivouac et pour pouvoir se frayer des passages à travers la brousse, quand le cas se présentera.

Les coolies devront également en être pourvus d'un certain nombre pour qu'ils puissent s'abriter sur un point qui devra toujours leur être indiqué dès l'arrivée au bivouac. Tous les coolies devront être encore pourvus de brassards placés sur le bras gauche; ils devront être traités avec bonté, tous les officiers devront y veiller.

Les coolies méritant des châtiments, suite de mauvaise volonté, de vol, etc., devront être signalés au colonel, qui les fera châtier selon la faute.

Les charges pour deux coolies ne devront pas dépasser 35 kilogrammes; on devra, toutes les fois que cela sera possible, faire des charges individuelles ne dépassant jamais 20 kilogrammes avec les vivres du coolie. En arrivant au bivouac, un poste de police de huit hommes, quatre tirailleurs et quatre légionnaires, sera installé; il fournira de suite une sentinelle chez le colonel.

Après l'installation des bivouacs, le colonel recevra le rapport. Il ne sera fait la soupe qu'une fois par jour; le soir, un déjeuner froid devra être préparé et donné aux hommes pour la journée du lendemain.

Dans la journée et dans la nuit, les officiers et les soldats ne pourront, sous aucun motif, s'éloigner du camp à plus de 500 mètres, sans en avoir obtenu la permission.

IV. Service de sûreté. — Pendant le jour, le service de sûreté sera assuré, autant que possible, par des tirailleurs et, pendant la nuit, par des Européens. Les petits postes avancés ne devront être placés qu'à la tombée de la nuit.

Les sentinelles devront être doubles.

Le matin, une heure avant le départ, des coups de sifflet très allongés seront donnés comme signal de réveil; un quart d'heure avant le départ, de nombreux petits coups de siftlet seront le signal de l'assemblée. A ces coups de sifflet, chaque fraction devra aller prendre sa position indiquée pour l'ordre de marche ; le colonel donnera le signal du départ.

Lang-Son, le i \ janvier 1894.

Le Colonel commandant les \" et 2^ territoires militaires, chargé de la direction de l'ensemble des opérations,

Galliem.

Page 1