‹ Une commune normande sous l'Ancien régimeChapitre 16 sur 101 · T'enements · texte numérisé non relu

T'enements

Un autre type de mouvance féodale est dans le tellement, qu’il ne faut pas confondre avec l’expres-

APOGÉE ET DÉCADENCE DE LA FÉODALITÉ 5i

sion usitée aujourd’hui pour désigner des bâtiments contigus, formant un tout.

Il est difficile d’assigner au tènement féodal, dans les derniers temps, un sens précis, spécial . distinct. Ce mot vient de tenur e , dont il exprime une variété.

1 11 si§nifiait qu’une terre était dans la mouvance d un fief. (Voir dans Chéruel, Dictionnaire historique des Institutions , Tenur es, les évolutions successives qui ont eu lieu dans la condition des terres et dans les mots, depuis l’époque carlovingienne.) Les occupants étaient des tenanciers quelconques, et on ne voit pas toujours une différence bien marquée entre les tènements et les autres inféodations.

Léopold Delisle nous dit qu’aux tènements étaient attachées certaines prérogatives « dont la “ cause venait le plus souvent de leur position « dans le siège d'une agglomération d’habitants.

« Telles les tenures par bourgage, non seule- « ment dans les bourgs proprement dits, mais « encore dans de très petites paroisses rurales ». {Classes agricoles, p. 39.)

Je doute qu’à Y ieilles les tènements aient été entièrement dans la partie qui avoisine l’église. On en trouve ailleurs aussi.

L’origine des tènements semblerait même antérieure aux aînesses.

De bonne heure, du reste, des confusions se produisirent. Dès le xie siècle, « les choses et « même les noms (dans les tenures) n’étaient « plus reconnaissables. » (Cheruel, Tenures.) Au xvme siècle, tout s’embrouille. Dans les aveux Adam à Blanfuné (1739), et à de Chambor '1756), on parle du tellement ou miment Bardin- Fouquet. L’aveu Nesiede 1756 l’appelle nûment du pressoir Bosquet, dénomination fantaisiste qui, dans l'aveu de 1602, dépendait de l’aînesse Adam.

De là, certaines locutions à toutes fins que l’on trouve dans des contrats de vente, pour atteindre plus sûrement la qualité, quelquefois indécise, de l’objet aliéné. C’est ainsi que, dans la vente Henry à Blanfuné du i3 novembre 1714, au notariat de Beaumesnil, « l’acquéreur demeure char- « gé des rentes et faisances, droits et devoirs...

« dont les héritages vendus peuvent être sujets...

« envers la seigneurie de Vieilles dont ils dépen- « dent nûment, puinément ou autrement. » De cette façon, rien n’échappait aux appétits de Blanfuné, homme habile s’il en fut !

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