‹ Une commune normande sous l'Ancien régimeChapitre 67 sur 101 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Vieilles à l’état de Commun, de Communauté, de Commune.

§ 1er

o mme on l’a vu au chapitre n, d'après Fustel de Coulanges. « ce qui est au- « jourd'hui une commune rurale était, « il y a douze siècles, un domaine. »

J’ai donc suivi l'ordre chronologique en parlant d’abord des fiefs.

Jusqu’en 1789, la Commune, telle que nous l’entendons aujourd'hui, avec sa personnalité civile, sa physionomie actuelle, ses magistrats, son fonctionnement, n'existait pas. » Cependant, dit Léopold Delisle ( Classes agricoles , p. 1 3 7 ) , les habitants n’en avaient pas moins « des intérêts com- « muns à sauvegarder. A certains égards, entre les

« hommes d'une paroisse, d’un fief, d'un hameau (1), « s’était formée une certaine communauté, recon- « nue non seulement par chacun des intéressés, « mais encore par les étrangers. Ordinairement, on « désignait par l’expression de commun , l’ensem- « ble des habitants... Ces communs exerçaient la « plupart des droits qui appartenaient aux véri- « tables communes (2), mais ils n'avaient ni chefs, « ni conseils... chacun des intéressés devait interet venir toutes les fois qu’il y avait une décision à « prendre, et... l’acte était rédigé au nom person- « nel des individus qui y avaient pris part. »

Entre autres exemples, Lépold Delisle rapporte (p. 1 38) la transaction passée le 25 juin i3oo entre le Prieur de l’Abbaye de Beaumont et les « hom-

(1) Entre les voisins, entre les hommes du voisiné, voir suprà, chapitre 11.

(2) La communauté d’habitants dont on s’occupe ici fut un fait général, nécessaire, né de la force des choses, qui a fini par être accepté, s’est maintenu et développé à travers les siècles. Cette communauté ne doit pas être confondue avec la commune jurée du moyen âge qui, résultant d’une charte, d’une concession, était une exception et un privilège, etqui, après avoir été consentie, a pu souvent disparaître ou s’amoindrir. Cette distinction est bien marquée par Babeau (Le village sous l'ancien régime , pp. 10 à 1 3). — Sur la commune jurée, voir Augustin Thierry, (Essai sur leTiers Etat , chapitre i«r).

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