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apparut, à la tin d'août 1820, aux membres de la Commission d'exploration chargée de déterminer l'emplacement d'un nouveau comptoir : « C'était un carré régulier flanqué de quatre bastions, qui avaient 3 "^,50 de flanc, 9'",40 de face ; les courtines avaient 21"\80. Des magasins étaient construits en dehors du fort, dans la partie ouest, près du village. Nous trouvâmes sur le terrain onze pièces de canon, auxquelles il manquait les boutons de culasse et les tourillons ; les gens du pays les avaient cassés pour les fondre et en faire des balles. Quatre autres pièces étaient dans les villages et deux autres à Makana (1). «
Le fort Saint-Joseph fut occupé pendant près de trois quarts de siècle, mais les deux autres, Saint-Pierre et Farabana, eurent une existence plus éphémère. Ce dernier, élevé par David, en 1744, laissa néanmoins d'importants vestiges. En 1844, les indigènes, venant solliciter son rétablissement de la mission Huart, qui explorait la Falémé, affirmèrent qu'il subsistait encore u des ruines de pi'ès de 2 mètres de hauteur et la plus grande partie des canons > qui furent retrouvés par Faidherbe en 1858 (2).
Quant au fort Saint-Pierre, rien n'en survécut. On ne connaît d'ailleurs point la date de sa disparition. Le commerce de la Falémé ne fut jamais très actif, et, dans la pensée de Bruc, le poste ne devait être qu'un point d'appui pour pousser plus avant dans la vallée, jusqu'aux régions réputées riches en mines d'or. Les tentatives ayant échoué, on peut supposer que le fort Saint-Pierre fut abandonné d'assez bonne heure. L'enseigne de vaisseau de Beaufort rechercha vainement ses ruines en 1825, et Raffencl ne fut pas plus licureux, en 1844, Tout ce qu'il put apprendre des indigènes, c'est qu'à Kidira-Tata il avait existé un établissement considérable, avec des canons selon les uns, sans canons selon les autres. Certains même prétendaient connaître le nom de son constructeur ou d'un de ses commandants, Moussa-Rip. Mais il n'en restait aucune trace et les habitants ne s'accordaient point sur son emplacement exact. A quelque distance en
(1) Sén, IV, 15; 10 avril 1821.
(2) Sén. m, mission Huart ; 16 févr. 1844.
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aval, au village do Diboly, Raffcnel retrouva les vestiges d'une construction de 30 mètres de côté, dont les pierres amoncelées s'élevaient encore à 0'",40 au-dessus du sol. Cette construction, de dimensions trop restreintes, n'avait pu être un fort : son existence était d'ailleurs récente et les naturels citaient encore le nom de son propriétaire, un sieur Dubois (1).
Et cependant, durant un siècle, sauf de rares et brèves interruptions, le trafic avait été important sur le hautfleuve. Car, si les diverses tentatives faites pour tirer parti des richesses minières du Bambouk et de la Falémé n'aboutirent jamais qu'à des insuccès, le fort Saint- Joseph n'en fut pas moins, principalement de 1714 à 1758, im centre de troc des plus actifs.
En résumé, on peut dire qu'au cours du xviii'^ siècle, l'exploitation directe, tentée à plusieurs reprises, avait échoué. Diverses raisons y contribuèrent : fausses appréciations, difficultés matérielles, hostilité des indigènes, climat. Au contraire, le système d'échange réussit pleinement. I^a leçon du passé ne fut pas entièrement perdue ; jointe à l'expérience acquise après quelques déboires, elle fecilita la tâche des colons du xix^ siècle.
(1) Sén. III, mission Huart ; 16 février 1844. Raffenk' , Voyage dans T Afrique centrale. Paris, 1846, p. 421 .