DOM. SUB. INV. S. M. MAGDALENAE
Ce qui signifie clairement : Magdeleîne a trouvé son mari sous sa maison : Sub domo invenit sinon maritum Magdalena... L'e qui suit commençait sans doute un autre membre de phrase dévoré par les siècles; mais ce qui nous reste de l'inscription suffit pour nous prouver que ce temple avait été dédié à la glorification de la vertu domestique et du recueillement virginal du gynécée. Leçon monumentale donnée par les anciens aux jeunes tilles ! Ce temple leur disait d'éviter les lieux publics, cirques, fêtes, promenades,
(1) Inscription du fronton de l'église de la Madeleine, temple renouvelé des Grecs.
et leur enseignait aussi qu'une personne sage, sans s'écarter du foyer domestique, pouvait fort bien trouver un mari dans sa maison, ainsi que le trouva cette Magdeleine qui mérita un temple par ses vertus. La mosaïque complète l'inscription et en développe le sens avec le relief le plus expressif. Ainsi, les mœurs de cette époque (1848) n'étaient pas corrompues, comme certains historiens l'ont insinué trop légèrement. C'était, au contraire, un noble siècle, celui qui élevait un temple à la vertu isolée, à la vierge cénobite, au pieux recueillement : Sub domo invenit.
Denis Zabulon et son ami s'avancèrent vers l'est, et, à peu de distance du monument de Magdeleine, ils découvrirent, sous des masses de lichen et de lierre, des tronçons d'une colonne triomphale, qui, selon toutes les apparences, avait eu un revêtement de bronze lorsqu'elle était debout. Le stylobate n'était point renversé ; quatre aigles, attestant l'origine romaine de la colonne, subsistaient encore, dans un assez bel état de conservation, aux quatre angles du stylobate. Mais ce qui combla de joie Denis Zabulon, ce fut une inscription romaine très-lisible, quoique dépecée, pour ainsi dire, par les ongles des barbares du nord. L'illustre savant parvint à reconstruire l'inscription dans l'ordre primitif, en rapprochant les débris de la plaque de marbre sur laquelle était gravée cette phrase latine :