L'ÉVOLUTION VERS LE CATHOLICISME
Comment de Joux s'est-il converti ? Est-ce une conversion soudaine qui eut lieu sous le coup d’une forte émotion, ou bien une conversion lente et progressive préparée par de longues années de réflexion ?
Pour étudier la pensée de Pierre de Joux nous possédons un certain nombre de documents :
d’abord 32 sermons, écrits de 1782 à 1803, mais édités en 1803 et 1804 sous le titre de Prédication du Christianisme ;
ensuite pour les trois premières années à Nantes — 1804, 1805 et 1806 — des lettres qui se trouvent à la Bibliothèque de l'Histoire du Protestantisme, et que M. H. Durand Gasselin père a publiées dans une brochure intitulée : Réorganisalion de l’Église de Nantes au commencement du XIX° siècle. (Nantes 1911).
De 1805 à 1807 nous avons 9 discours de Te Deum, qui, s'ils ne nous apportent rien au point de vue dogmatique ou ecclésiastique, nous font au moins connaître les idées politiques de Pierre de Joux. Un discours sur la Guerre (1809) un Aecueiïl de cantiques (1812), un 7e Deum (Lutzen, 1813), l’'Oraison funèbre de Louis XIV, nous conduisent jusqu’en
1815, sans fournir aucun renseignement intéressant.
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Puis ce sont dix années de silence et d’obscurité, pendant lesquelles s'effectue presque tout le travail intérieur. Ce seraient certes les années les plus intéressantes à étudier, mais rien ne nous permet de soulever le voile, qui, brusquement, va s’écarter en 1825 pour nous mettre en présence d’un homme complètement transformé ; ce n’est plus un pasteur protestant, c’est un catholique convaincu que nous
montrent ses Lettres sur l’Italre.