‹ Une Conversion au Catholicisme: Le Pasteur Pierre de JouxChapitre 32 sur 41 · Les «traditions · texte numérisé non relu

Les «traditions

Une fois ces deux principes posés : l’autorité absolue en matière de foi et la nécessité d’une Eglise universelle, garant de cette autorité, il avait en somme peu de chose à «ajouter » pour devenir un véritable catholique. Du moment qu’il accepte l’autorité, il accepte du même coup tout ce qu’impose cette autorité.

D’abord le culte de la Vierge. Comme le remarque très justement Pierre de Joux, on n’adore pas la Vierge, et nous n’avons pas le droit de dire qu’en principe le catholicisme soit idolâtre. Qu'il le devienne en pratique par le paganisme inconscient de ses adeptes, c’est fort possible, mais « on ne saurait sans un manque absolu de candeur et d’équité, taxer les catholiques romains d’idolâtrie, comme l’ont fait quelques protestants. » (*) On ne rend pas un « culte » à la Vierge.

«Si l’honneur que l'Eglise catholique rend à la bien-heureuse Mère du Sauveur du monde, aux martyrs et aux saints, peut être appelé religieux, c’est qu’il se rapporte nécessairement à l’auteur adorable de leur béatitude et de celle que nous espérons. » (:)

(‘) Réorg. Egl. Nanies, p. 66.

(?) Italie, tome I, lettre VI, p. 66.

(*) id. tome II, lettre XL, p. 244,

Quant à l’infaillibilité du pape nous avons vu (') que, pour de Joux, l’affirmer c’est vouloir « ridiculiser » l'Eglise. Il croit simplement à la primaulé de Pierre :

« Les papes dès la fondation du christianisme, furent les premiers pasteurs, parce qu’ils succédèrent à St-Pierre, à qui Jésus- Christ avait donné la primauté, en lui confèrant cette charge : pasce oves meas. » (?)

C’est à peine s’il songe à prouver la succession apostolique, — cette antienne de la polémique catholique — parce que, tout protestant qu’il était, il y croyait déjà avec sa mentalité d’anglican.

Pour la question de l’hostie, Pierre de Joux me semble resté quelque peu protestant et insister beaucoup plus sur le rôle spirituel du sacrifice que sur sa réalité matérielle. C’est peut-être du catholicisme quand même.

« Ce Dieu de miséricorde, a voulu devenir lui-même notre aliment journalier, être salué de nos lèvres, et logé dans notre sein pour nous rendre la vie spirituelle que nous avions perdue ; pour nous créer de nouveau par la substance divine de sa chair et de son sang, pour demeurer à jamais en nous, comme la vie même de notre âme. » (:)

L’on m’accordera facilement que la confession n’est pas un dogme catholique et qu'elle n’est pas par définition antiévangélique. Il est des heures où nous avons, même les plus forts, besoin d’aide et de direction; et quelle sécurité morale de savoir notre confident digne de toute notre confiance !

Qu'il y ait eu des abus; que l’absolution soit trop facilement

accessible à tout venant; qu’elle soit un encouragement à

(!) cf. même ch. p. 92.

(*) Jtalie, tome II, lettre XXXV, p. 137.

) id. lettre XXX VIII, p. 212.

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