‹ Une Conversion au Catholicisme: Le Pasteur Pierre de JouxChapitre 33 sur 41 · PQ AE · texte numérisé non relu

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ne rien décider par soi-même, ne prouve nullement que le principe de la confession soit condamnable.

« Voyez cette âme inquiète ou déchirée par le repentir ou agitée par les passions qui lui font la guerre ou près de succomber aux plus séduisantes tentations, ou battue enfin par les orages du doute, de l’infidélité ou des fausses croyances ; elle trouve dans le tribunal de la pénitence, toujours ouvert à ses vœux un asile inviolable, un refuge assuré... Il y a tant de consolation à exposer ses peines secrètes; ces fautes humiliantes, il est si heureux de pouvoir les confesser à quelque homme supérieur, à un prêtre respectable, vraiment religieux, à la fois indulgent et sévère, prudent et discret dont la conscience tranquille nous fortifie, nous fait participer au calme dont il jouit. » (‘)

Pierre de Joux ne se doute pas qu’il donne au prêtre des qualités personnelles que celui-ci ne possède pas toujours ; il pose ainsi des conditions que doit remplir le confesseur pour être digne de son emploi. En cela, il reste encore protestant car il attache moins d’importance au sacerdoce qu’à la valeur morale de celui qui le remplit.

Qu'il s'agisse enfin de la communion des Saints, il me semble qu’il interprète cet article du Symbole des apôtres, d’une manière toute protestante.

«Nos prières atteignent en un instant les rives éternelles, où elles répandent d’indicibles consolations dans le cœur de ceux que nous avons seulement perdus de vue, quand ïls sont allés habiter des climats fortunés où la mort ne règne plus, où ils nous attendent, où l’esprit d’amour leur fait parvenir ces témoignages de notre tendresse. C’est ainsi que nous pouvons réaliser pleinement cet article de foi du Symbole apostolique: « Je crois à la

communion des Saints. » (°)

Ici il prend «les Saints » dans le sens biblique : les fidèles,

(1) id. lettre XLI, p. 300.

@) id. lettre XL, p. 260.

les membres de l'Eglise. Ce ne sont plus les Saints du catholicisme.

J’ajouterai encore un dogme à la liste des {raditions que de Joux donne dans sa lettre du 20 Janvier 1806. (')

C’est celui du purgatoire. À part le mot, qui sent son catholicisme, et fait de suite penser aux indulgences et au rôle primordial de l’argent dans le pardon des péchés; à part ce mot, le principe même du purgatoire n’a rien de contraire à l'Evangile; il est en outre plus satisfaisant au point de vue moral. Jésus n’enseigne rien de précis sur l’au-delà. Peut-être ferions-nous bien d’imiter son sage exemple. En tout cas, la question que pose de Joux me parait très justifiée.

«Je mets en fait qu’il est mort, qu’il meurt chaque jour, une infinité de personnes pénétrées des sentiments d’une profonde contrition, mais qui n’ont pu encore se défaire de mauvaises habitudes, contractées depuis longtemps et qui sont devenues une seconde nature... que deviennent-elles P... vous ne pouvez dire qu’elles sont damnées,... car ce serait nier la fidélité du Dieu des miséricordes... Ces âmes-là sont sauvées à leur décès P... Permettez-moi.. de vous faire une seconde question : Ces âmes que nous supposons décédées dans un état de pénitence sincère, mais ayant encore des imperfections, des souillures, des faiblesses, jouiront-elles immédiatement de la présence divine, sans qu’il se fasse en elles un changement moral, sans que leur cœur soit purifié P » (?)

Toutes ces «traditions » n’ont pas été les motifs de la conversion. Ce n’est pas sur une question de purgatoire ou d’hostie, que de Joux s’est converti. Une fois catholique, il a accepté le tout, en bloc; son catholicisme ne lui est pas venu «en détail. » Non, ce qui l’a décidé, c’est une

question de principe : une autorité absolue, dans une Eglise

(t) cf. même chapitre, p. 96.

() Zialie, tome II, lettre XXXIX, p. 235.

universelle, voilà ce qu’il cherchait ; il l’a trouvé dans le catholicisme.

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