‹ Une Conversion au Catholicisme: Le Pasteur Pierre de JouxChapitre 36 sur 41 · Ch. Coquerel · texte numérisé non relu

Ch. Coquerel

Ch. Coquerel, dans la Revue Protesiante du mois de Septembre 1825, tient à peu près le même langage.

« Cette livraison était déjà imprimée quand nous avons appris que M. Dejoux (°), ancien pasteur à Nantes, avait abandonné la foi de l'Evangile pour adopter la croyance romaine, et nous savions d’assez longue date que son apostasie scandaleuse se préparait activement. Les convertisseurs circonviennent long-tems à

Pavance ceux dont ils espèrent faire une occasion de triomphe

(‘) id. p. 83.

() id. p. 84.

() remarquez qu’il n’écrit plus : de Joux.

pour leur cause. Nous ne pouvons imprimer ce qui nous parvient à ce sujet. (C’est grand dommage!) Sans doute il va paraître maintenant quelque livre, peut-être à l’Imprimerie Royale, (en note: Soirées Napolitaines !) et il faudra voir si l’auteur signalant la charité de sa foi, adressera des injures à ses anciens frères qui le voient partir sans haine comme sans regret. M. Dejoux nous dira sang doute quelles fortes raisons l’on décidé a reconnaître qu’il a enseigné et imprimé l’erreur pendant trente ans... Puissent ses derniers jours s’écouler en paix loin de ses anciens frères!

Ce qui tend à expliquer son apostasie c’est que l’on peut lireun sermon de l’ancien pasteur de Nantes, sur la campagne de Moscou où il a vraiment épuisé le style de la flatterie la plus inconcevable envers le despote du jour. Toutes les formules de l’adulation y sont employées avec plus d’effusion que d’éloquence.

Nous ajouterons une seule considération. Voilà trois pasteurs que l'Eglise romaine s’est attirés. Or je le demande, quel fruit est résulté de leur désertion ? Quels fidèles ont-ils entrainésP... D'un regard silencieux (?) et morne on voit partir ces ministres pour lesquels l’Eglise de Rome a ouvert les bras... Qu'ils y trouvent enfin le repos dont ils ont sans doute besoin! Leur absence ne laisse aucun vide. Leur triomphe... se célèbre dans un désert. » (°)

C’est toujours le même jugement : une accusation sans preuve. Pierre de Joux s’est converti par ambition, par « arrivisme » ; preuve en soit ses Ze Deum. Nous avons vu () ce que signifie en réalité ce loyalisme de Pierre de Joux, qui continua après les Cent jours, et fut plus fort que ses intérêts personnels.

Cette accusation a autant de valeur que la précédente — seulement Napoléon remplace le pape, et cela a plus de

vraisemblance.

(‘) on voit que ses renseiguements ne sont pas tout à fait exacts. (?) Revue Prolestante, tome II, p. 143.

() cf., Ch, I, p. 34 et ch. II, p. 72.

Mais la suite de l’article est vraiment curieuse et vaut la

peine qu’on la cite à titre de documentation psychologique.

« Nous apprenons à l’instant que M. Dejoux vient de mourir. Si nous eussions su ce triste évènement plus tôt, nous aurions probablement jugé sa démarche avec moins de sévérité. Il est allé rendre compte... Paix à sa cendre. » (‘)

Ce qui veut dire que l’on a plus de modération, voire même plus d’impartialité, envers un mort qu’un vivant. On comprend Pierre Mille qui voudrait assister à la « répétition générale » de son enterrement, — même déguisé en croquemort, — pour entendre, au moins une fois dans sa vie, dire du bien de lui.

Dans le numéro de Décembre de la même année, la Revue Prolestante donne un compte-rendu des Lettres sur l’Italre ; elle ajoute :

« Rien n’annonce la solennité d’une conversion et le recueillement d’une âme véritablement convaincue. » (°)

Que le signataire de Particle soit Coquerel ou un autre, c’est là une impression tout à fait personnelle, aussi ne m’y

arréterai-je pas.

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