L'’attitude de l’accusé
Avant même que l’accusation fut portée, de Joux l’avait prévue ; et il ne faudrait pas voir là un don de prophétie : c’était inévitable.
Dans la préface de son ouvrage il faisait dire à un interlocuteur imaginaire :
— « On soupçonnera la droiture de vos intentions ; la calomnie vous prêtera des vues intéressées. On vous présentera comme un ambitieux... qui, peut-être, ne se sépare des autres que par ressentiment pour les torts qu’ils eurent à son égard ; on ajoutera encore que vous ne renoncez à des erreurs que vous avez longtemps partagées que par le fol orgueil de vous distinguer...
— Ces épreuves sont pénibles, ai-je répondu, mais je prierai Dieu de me donner la force de les supporter. » (‘)
La mort lui épargna ces dernières vexations.
Rien que par son attitude, plus noble et plus calme, de Joux gagne déjà nos sympathies. Mais voyons les sentiments qui animent nos juges et notre accusé.
« IH faudra voir, écrit Coquerel, si l’auteur, signalant la charité de sa foi, adressera des injures à ses anciens frères... » (?)
Il vaut la peine de mettre en regard les paroles de paix qu’écrivait de Joux, comme une réponse anticipée à cette provocation puérile :
(*) Jtalie. av.-propos p. XI.
() cf. même chapître, p. 107.
« Je prends à témoin Celui qui manifeste le secret des consciences, que, bien loin d’avoir des sentiments d’aigreur ou d’animosité contre les peuples, les familles ou les individus qui professent un autre culte,... je les porte dans mon cœur à l’égal des miens. Je me fais même un devoir de convenir que la plupart des réformés que j'ai connus m’ont édifié par une vie exemplaire. » ({)
Je me bornerai, pour tout commentaire, à rappeler la sentence de Lucien, citée par de Joux au cours de son ouvrage : (?)
« Tu te fâches, donc tu as tort. »
(t) Zialie, tome II, lettre XXVI, page 22.
(2) id. lettre XXVII, p. 44.
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