‹ Une conversionChapitre 2 sur 8 · E WHIST · texte numérisé non relu

E WHIST

Vais-je te raconter comment se passa le reste de la soirée? Peut-être trouveras-tu que j'allonge outre mesure un récit qui pouvait tenir en quelques pages ; mais ne me faut-il pas entrer dans une foule de détails, en apparence superflus, si je veux te faire bien connaître les idées et le caractère des personnes qui ont joué leur rôle dans cette histoire?

]1 était nuit close quand nous remontâmes an salon.

— Vous verrez tout à Theure, me dit M. de Langenais, les trois amis qui, depuis plus de vingt ans, se réunissent invariablement à nous pendant nos soirées . c'est d'abord une vieille parente de ma nièce, madame de Lancade, puis M. de Malestot,

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chevalier de Malte, qui a fait ses caravanes, et en* fin le plus respectable, sinon le plus cher, le curé de réglise Notre-Dame. Ces trois personnes ont vu naître ma fille et ma nièce, dont l'éducation s* est faite au milieu de nous tous.

On me raconta l'histoire de ces trois personnes.

Madame de Lancade était femme d'un ancien colonel du régiment de Bourgogne-infanterie, émigré à Coblentz, volontaire dans l'armée de Condé, mort dans je ne sais plus quelle bataille aux bords du Rhin. Attachée autrefois à la maison de la reine Marie-Antoinette, elle gardait un culte à la mémoire de cette infortunée princesse.

Le chevalier de Malestot, entré dans l'ordre de Malte dès le berceau, avait subi, pendant l'émigration, toutes les vicissitudes de l'exil.

^ Quant au curé de Notre-Dame, son histoire était toute différente. Volontaire républicain en 1792, il avait fait partie de ces bandes glorieuses qui, sans pain, sans souliers, avec des généraux improvisés, avaient conquis le Rhin sur les soldats de Frédéric le Grand. Passé avec Bemadotte à l'armée d'Italie, compagnon de Bonaparte en Egypte, il était du petit nombre de ceux qu'avait ramenés rhomme du destin ; colonel de cuirassiersMans la garde, il était resté presque seul de son régiment

dans le désastre de Waterloo. Les Bourbons le firent maréchal de camp ; mais, après tant de guerres, de massacres, de félonies, de batailles, de triomphes, do revers et de révolutions, après de si grandes leçons, cette haute intelligence prit en pitié la terre et se tourna vers le ciel.

Le général de cavalerie se fit prêtre. Louis-Phi« lippe et la République lui ont successivement offert un évêché qu'il a refusé pour demeurer auprès de sa fille adoptive, Berthe de Langenais. Je remarquai Vémotion de ma cousine pendant la biographie que me récitait son oncle; plusieurs fois elle l'interrompit pour y ajouter quelque trait de bravoure, de dévouement ou d'abnégation du prêtresoldat. Cette émotion me fit plaisir de la part d'une personne à qui je supposais, d'après la gravité de ses manières, une froideur qu'on n'aime pas chez les femmes.

Au moment même où elle se livrait ainsi à l'exaltation de ses vertus, un domestique annonça le curé de Notre-Dame. Berthe alla vivement audevant de lui et le conduisit avec une respectueuse sollicitude au fauteuil où, depuis vingt ans,' le digne ecclésiastique venait se reposer chaque soir.

Ce n'est pas que l'ancien soldat de l'Empire pliât sous le poids de ses infirmités ou de ses blés-

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sures . la vieillesse avait blanchi sa tête sans la courber; bien qu'il eût passé soixante-quinze ans, trois heures de marche ne le lassaient pas. fmagine^toi, sur un beau visage de prélat de l'ancien temps, le reflet mal effacé du soleil d'Egypte ; sur des traits empreints d'une mansuétude angéliquc, une sorte de rayonnement qui rappelle l'audace du soldat. Cette belle tête, couronnée de cheveux blancs, est fièrement campée sur une charpente humahie que les sables d'Hcliopolis et les glaces de la Bérésina ont tour à tour trempée. Les hommes de ce temps ont surmonté la triple épreuve de l'eau, du fer et du feu. Que nous sommes petits en présence de nos pères I génération en habit noir, coureuse de filles et d'agio, inclinezvous devant le passé !

Je me sentis frappé de respect à la vue de ce débris, acteur des dernières luttes qui aient eu, dans notre histoire, un caractère de grandeur, et je saisis vivement la main qu'il me tendit aussitôt qu'on m'eut nommé. L'aisance avec laquelle je soutins la fixité de son beau regard mit entre nous, instantanément, un lien sympathique. L'ancien colonel des cuirassiers de la garde impériale devina sans doute au son de ma voix, au jeu de ma physionomie, à mon attitude enfin, que le viveur parisien avait conservé quelque chose de bon sous les

scories de son cœur. La pénétration d'un confesseur homme d'esprit, qui a été soldat, ne connait ^pas de portes fermées.

Lors(^ue, pour la première fois, on m'avait parlé du curé de Notre-Dame, je m'étais empressé de faire en moi-même les plus beaux calculs auxquels je ne pensai plus des que je fus en sa. présence. J'avais mesuré l'influence irrésistible de ce prêtre dans le gouvernement intérieur de l'hôtel Langenais, influence d'où pouvait dépendre mon mariage ou ma déconvenue ; je m'étais donc préparé à poser de mon mieux et à rechercher une bienveillance dont j'avais si grand besoin. Sa vue, son regard, sa parole, me dépouillèrent en cinq minutes de toutes les pièces de mon armure ; je redevins moi-même, et je sentis que j'élais à la merci de cet imposant vieillard.

Madame de Lancade et le chevalier de Malestot furent annoncés en même temps. Tous les soirs, le chevalier allait prendre la vieille damç et la conduisait à l'hôtel Langenais.

Madame de Lancade était une toute petite vieille dont les traits blancs et reposés rappelaient le souvenir d'une physionomie . charmante. Quelques mémoires du temps en parlent comme d'une des plus jolies perles de cet écrin qui s'appelait, en 1789, la société de la reine. Elle possédait au plus

haut degré cette affabilité gracieuse qui dislingue les personnes de l'ancienne société. Trcs-vive, trèsspirituelle, très-fine, très-bonne et un peu romanesque, c'est une des plus charmantes vieilles femmes que j'aie rencontrées.

Tu sais ma prédilection pour la conversation des dousiirières : c'est prodigieux, tout ce qu'elles savent, tout ce qu'elles disent, tout ce qu'elles enseignent. Madame de Lancade connaissait, ainsi que le chevalier, le but de mon voyage, car la lettre de M. de Langenais à ma tante avait été précédée d'une consultation du petit cercle intime. Je fus enveloppé d'un regard aigu comme une lancette; en un clin d'oeil, j'avais été dévisagé de la tête aux pieds, toisé et jugé. Le sourire de madame de Lancade, après cette rapide inspection, me révéla son indulgence; cette marque d'approbation donnée par la douairière flatta prodigieusement mon amour-propre. Un jeune homme n'est jamais apprécié ce qu'il vaut que par une trèsvieille femme.

Le type du chevalier de Malestot se rencontre encore dans quelques villes de province. Celui-ci avait tout vu et savait toiit, excepté l'histoire, les mathématiques, le latin, le grec, la physique et la chimie; excepté la minéralogie, la botanique et tout ce qu'on apprend aujourd'hui; quant à la

géograpliie, il ne la connaissait que pour avoir

parcouru le monde.

En revanche, on lui avait reconnu la plus grande habileté à manier un cheval et une épée. Je l'ai vu, à quatre-vingts ans, dessiner un jetébattu, de manière à prouver ses hautes capacités de danseur, constatées au menuet de la reine. Sa mémoire était meublée des plus curieuses anecdotes sur les hommes de son temps, et il les racontait volontiers avec un grand charme de conversation. Petit, sec, souriant, gracieux, galant, il était demeuré talon rouge, même en l'an cinquante-sept de la République française.

Des l'arrivée de ces trois personnes , un domestique avait ouvert et préparé une table de jeu. Le chevalier, après quelques menus propos, prit un jeu de cartes et me demanda d'un air affirmatif si je jouais le whist.

Je répondis que je ne jouais jamais. Tu sais que je déteste le jeu. Cette déclaration fit un effet peu favorable à ton ami. Ne pas aimer le jeu, ce que dans le monde on appelle jeu, c'était bien ; mais ne pas jouer le whist, ceci n'avait pas d'excuse.

Dans la société , jouer le whist est tout aussi nécessaire que savoir parler, s'asseoir ou saluer. Tu n'as pas d'idée de cela, toi, sauvage du lac Ontario. Ce fut l'avis de madame de Lancade

et du chevalier. Le curé de Notre-Dame vint à mon, secours ; mais je vis, à Tair étonné de ma cousine, que ma nullité de joueur de whist et ma capacité de fumeur ne convenaient pas à un marquis de Langenais-Tancarville. Mon cousin fit observer que les mœurs avaient changé. Làdessus, la conversation s'engagea sur la comparaison des habitudes nouvelles avec les usages d'autrefois. Tu penses que ceux-ci furent exaltés et préférés de tout point. Je me laissai entraîner à défendre mon siècle, ce qui, par parenthèse, était d'une pauvre diplomatie ; mais la bienveillance de toutes ces vieilles gens m'encourageait dans cette imprudente profession de foi.

Madame de Lancade traitait la jeunesse actuelle avec assez de dédain ; le chevalier laissait voir qu'il sentait sa supériorité ; ma cousine ne pouvait trop parler de ce qu'elle ne connaissait pas, mais elle dit que la jeune noblesse contemporaine semblait avoir conservé peu des traditions aristocratiques, ce qui est, d'après ses idées, un vrai malheur public. Tu sais combien je fais peu de cas de ce qu'on appelle les traditions de l'aristocratie. Encouragé par la bienveillance du curé et la tolérance de M. de Langenais, je finis par lever, contre l'ancien régime, le drapeau de l'insurrection. J'avouai que la jeunesse actuelle, par ses

moeurs et par sa vie, se détournait de Tutile,^ du noble et du grand, mais je rejetai sur les circonstances les fautes qu*on lui reproche ; je présentai son désœuvrement forcé comme la cause de ses chutes. On convint que j'avais raison, mais Ton prit texte de ce désœuvrement pouranathématiser les révolutions qui lavaient causé. Le curé de Notre-Dame fut seul d'un avis contraire.

— Le désœuvrement, disait-il, n'est jamais excusable. Si la noblesse ne veut s'occuper qu'autant qu'elle sera privilégiée pour le faire, c'est, de sa part, un aveu d'impuissance; si elle se croit supérieure, elle n'a qu'un moyen de soutenir sa prétention: c'est de faire, en toutes choses, mieux que ses concurrents.

La conversation tomba dans la politique. Aux applaudissements de madame de Lancade et du chevalier, mademoiselle de Langenais déclara que l'idéal du gouvernement, c'était la monarchie de Louis XIV.

— Comment ! m'écriai-je, comment, ma cousine, vous voulez ramener la France au règne de la monarchie absolue, au clergé, à la noblesse et au tiers état?

— Mais pourquoi pas? répondit-elle, avec une autorité d'accent que je ne lui soupçonnais pas.

Je compris de plus en plus quels abimes de

pensée il y avait entre ma cousine et moi. Rien ne passionne comme la discussion politique ; je ne pus me maîtriser et je m'écriai :

— Mais la France, aujourd'hui, est profondément démocratique !

— Mon enfant, dit le curé de >'otrc-Dame en se tournant vers ma cousine, quittez ces idées-là. Vous vivez dans le passé et non dans le présent : le monde a marché ; Dieu Fa pétri par soixaple ans de révolutions.

— Mais enfin , reprit mademoiselle de Langenais, il y a toujours une aristocratie de naissance. Peut-elle renier l'exemple de ses aïeux ?

— Elle proclame elle-même l'égalité des droits, répondis-je aussitôt.

M. de Langenais ajouta :

— Elle est ruinée et dispersée.

— Nous remportons avec nous , dit le chevalier.

Berthe restait seule,' elle me dit avec ironie :

— Faut-il donc que l'aristocratie devienne républicaine ?

— Ma cousine, lui répondis-je en toute franchise, je vous avoue que, sans avoir aucune com-

• munauté d'action avec les hommes de ce parti, sans même les estimer, pour la plupart, j'ai du penchant vers leurs idées.

— Soyez fidèle, médit M. de Langenais.

— Je le serai toujours à ma patrie.

— Il faut l'être comme vos pères Tont été, dit madame de Lancade.

Je répondis :

— L'émigration fut une erreur.

— Monsieur, reprit la vieille dame, je l'ai vue, nous Tavons tous vue, même M. le curé qui nous a combattus sous Morcau. L'émigration fut une conséquence de la foi monarchique. Mon mari était colonel du régiment de Bourgogne ; il entra comme sergent dans Tarmée de Condé. Ce qu'il a fait par dévouement au roi, tous le faisaient comme lui, parce que le roi, pour nous, c'était la France : Téchafaud, la spoliation, vingt-cinq ans de guerre et l'invasion l'ont assez prouvé.

— Oubli du passé ! interrompit le curé de Notre-Dame, paix à ceux qui sont morts ! J'ai fait fusiller des émigrés pris les armes à la main, et je lésai vus, avant de marcher à la mort, pleurer de joie au récit de nos victoires. Des deux côtés, sous le drapeau blanc et sous les trois couleurs, il y a eu des erreurs et de l'héroïsme ; les pères se sont entre-tués, les enfants doivent s'embrasser. Je ne vois rien de plus beau qu'un fils des grands seigneurs d'autrefois descendre, par sa libre volonté, sous le niveau de l'égalité populaire. QueUes sont

les volontés de la Providence? où nous mènel-elle? C'est le secret de Dieu.

Pendftnt cette discussion, les traits de mademoiselle de Langenaris s'étaient altérés ; je la vis pâlir, ses yeux devinrent humides comme si elle y retenait des larmes ; je m'empressai de changer la conversation, et je me promis bien de ne plus exciter à l'avenir une exaltation monarchique que je ne pouvais partager. M. de Langenais mit le chevalier sur le chapitre de ses aventures personnelles ; l'imagination y entrait sans doute pour quelque chose, mais il ne se faisait pas moins écouter avec un grand intérêt. Madame de Lancade revint sur le compte de l'émigration : cette charmante vieille femme, habituée à l'existence fastueuse de la cour de France, avait vécu pendant plusieurs années en peignant des fleurs sur porcelaine; seule elle survivait d'une nombreuse famille décimée par la guerre et par 1 echafaud.

Malgré ses préjugés un peu gothiques, elle parlait de ses malheurs sans passion contre ceux qui les avaient causés. Le curé de Notre-Dame avait Imbitnc ces personnes si cruelleqient frappées à pardonner sans réserve ; si quelques idées fausses dominaient dans ce petit cercle prêt à s'éteindre, un mauvais sentiment n'y paraissait jamais.

Mademoiselle de Langenais ne se mêla plus à la

conversation que par monosyllabes , mes c'fforts ne purent dissiper le voile de tristesse que j'avais involontairement répandu sur sa belle pftysionomie. Quelques jours plus tard, c'omme je me hasardais à lui en faire mes excuses, elle me répondit :

— J'ai à ce sujet des idées qui ne sont plus de mon temps, je le reconnais, je ne le vois que trop ; le temps ou moi, lequel a tort ? je ne sais. Je juge de ce qui se passe par l'histoire, parles journaux, par les conversations de mes amis ; j'en suis douloureusement impressionnée, aussi je retourne avec bonheur toutes les facultés de mon esprit vers les âges passés : c'est là ma vie. Je crois que notre naissance nous a voués fatalement à certaines lois qui sont sacrées. L'aristocratie ne peut se séparer du roi et de là monarchie ; c'est à eux qu'il appartient de gouverner la nation et de la conduire vers le bien parles voies de l'autorité. Notre devoir est d'obéir au roi et de mourir à son service, convaincus que rien ne se fait pour lui qui ne soit fait pour la France. Dieu nous a donnés au roi pour faire le bien du peuple ; si le roi fait mal, c'est à Dieu de le juger.

En parlant ainsi, Berthe de Langenais s'était animée par degrés ; son beau visage semblait illuminé d'une mystique auréole ; j'avais sous les yeux

la foi monarchique dans sa plus belle incarnation.

Le cercle de l'hôtel Langenais se séparait régulièrement à dix heures précises ; à dix heures cinq minutes je me retrouvai seul dans la vaste chambre où Ton m'avait installé. Aussitôt que je fus dans mon lit , la lumière éteinte et attendant le sommeil, je me mis à repasser dans mon esprit ce que j'avais vu et entendu.

D'après les paroles de M. de Langenais, d'après la manière dont j'étais accueilli par les amis de ma cousine, je ne pouvais douter du succès de mon mariage. Ruiné aujourd'hui, réduit à rien, j'allais me retrouver sur mes pieds avec deux cent mille francs de rente.

Ainsi que je te l'ai dit, à mesure que je m'éloigne de Paris, les bons setitiments me reviennent en foule. Si, sur le boulevard de Gand, je me sens dominé par les vices de l'esprit, en province, le cœur reprend ses droits. A Paris, la fortune seule m'avait préoccupé, ici, je songeais davantage à la femme dont j'allais faire la compagne de ma vie. Si la beauté, l'intelligence, le caractère, suffisent à déterminer l'amour, j'aurais dû, dès la première heure, prendre feu pour ma cousine; cependant, ce n'est pas là ce que j'éprouvais : je l'aurais préférée moins belle et d'une supériorité plus contestable; au risque d'en être blessé, j'aurais voulu

6é UNE CONVERSION.

quelques aspérités dans ce caractère toujours égal; cette nature idéalisée s'élevait trop au-dessus des conditions vulgaires de Thumanité ; je me sentais pénétré d'un respect involontaire, une force occulte me tenait à distance au lieu de m'attirer. Mademoiselle de Langenais me semblait faite pour prendre place sur un piédestal, au milieu d'un Panthéon peuplé de statues de marbre, et pour y être adorée ; il me semblait qu'une mort instantanée devait foudroyer la main téméraire qui toucherait aux voiles de cette mariée sublime.

Une heure d'insomnie me berça de ces chimères ; j'étais obHgé de m' avouer que si je franchissais la distance que j'établissais entre ma cousine et moi, c'était pour arriver à sesmiUions. Riche, je ne l'eusse point épousée : quelle honte !... Alors je me mis à calculer le train de maison que me permettrait cette énorme fortune ; je peuplai par l'imagination mes futures écuries ; j'habillai mes valets, je rallumai les lustres de ce splendide hôtel, éteints depuis soixante ans; je le dépouillai- de l'atmosphère claustrale qui l'enveloppait comme un suaire; je vis errer dans mes galeries des guirlandes de femmes parées ; j'écoutai le joyeux murmure des fêtes, et, quand je fus endormi, un orchestre fantastique continua pendant le reste delà nuit, a chanter dans mon cerveau.

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