A MADAME V..« A..., A PARU
Trieste, le l*' janvier IbSi.
Hélas ! madame, je meurs d'ennui et de froid. Voilà ce que je puis dire de plus nouveau aujourd'hui 1" janvier 1851. Je ne sais si je resterai ici. Je ne lis que la Quotidienne et la Gautte de France; ce régime me rend maigre. Pour être digne et ne pas me perdre, comme il m'était arrivé à Paris, je ne me permets plus la moindre plaisanterie. Je suis moral et vrai comme le Télémaque, Aussi l'on me respecte. Grand Dieu! quel plal
LETTRES A SES AiMlS. lii
siècle» et bien digue de tout remmi quHI ressent et qu'il transpire !
Jeloocbeicià la barbarie. J'ai loué une petite maison de campagne qui a six pièces grandes, à elles six, comme votre chambre à coucher; elles n'ont d'agréable que cette ressemblance. Là, je vis au milieu de paysans qui ne connaissent qu'âne religion, ceUe de Targent. Tout ce que la vanité fait au pays où vous êtes, ici c'est l'argent. Les plus grandes beautés m'adorent au prix d'un sequin ( onze francs soixante-trois centimes ). — Diable ! il s'agit de paysans et non de la bonne compagnie. Je mets ceci par respect pour la vérité et pour les amis qui ouvriront ma lettre.
Si vous avez la charité de m'écrire, envoyez la longue lettre (de grâce, qu'elle soit longue comme mon mérite!), numéro 55, rue Godot de Mauroy, à M. R. Colomb, ancien directeur des contributions indirectes. Il y a dans la maison voisine un vicomte Colomb, amant malade de madame B..., qui ouvre les lettres de mon parent, quand le numéro 85 n'est pas aussi grand que celui-ci. — J'ignore tout dans ce s^our enchanté ; vous comprendrez l'excès de mon marasme, quand je vous avouerai que je lis les annonces de la Quotidienne, Si jamais j'en rencontre les rédacteurs dans les rues de Paris, il est sûr que je les étrangle. Demandez l'explication de ce sentiment de vengeance, que jamais votre cœur de colombe ne comprendrait, au sombre et profond Prosper Mérimée.
Je n'ai su qu'il y a huit jours l'apparition du Rouge ^ Ditesmoi bonnement tout le mal que vous pensez de ce plat ouvrage, non conforme aux règles académiques, et, malgré cela, peut-être , ennuyeux. Écrivez-moi une fois par mois. Si je reste ici, je vous donnerai une description de mes rochers. Tout est original ici, même la cuisine, ce dont bien me fâche.
Daignez envoyer l'exemplaire d'Henriette *, que l'aimable auteur m'a promis, rue Saint-Marc, numéro 1, à M. Briche* Écrivez sur la première page d'Henriette : « A madame Judith,
* Le roman de l'auteur, a]fant pour titre : £« Rùuge et le Noir,
* Titre d'un vaudeville de inadanic Ancelot.
lift ŒUVRES POSTHUMES DE STENDHAL.
Pasla» à Milan, i Par ce moyen, Henriette deviendra un opéra, perdra en esprit, et gagnera une actrice digne de ses profondes et variées émotions. Voilà du nouveau style. Qod style emploierais-je pour vous peindre les pensées que je vous consacre? — Un pauvre diable qui meurt de smf dans les dés^ts de TAlgérie, comment se peint-il un verre d'eau ? — Je finis par cette idée limpide.
Mes respects ou amitiés, selon Tampleor du personnage, à chacun de vos aimables amis. Par exemple, respects à madame la baronne du Mercredi, et à tout ce qui lui est cher. — Écri- ?ez-moi Thistoire secrète dé M. Clara Gazul et de M. de M...
Agréez avec bonté Tbommage d'un exilé. Ah ! que n'sfrje aœ chaumière et quinze cents francs dans la rue Saint-Roch ! fiieu des choses à votre ami.
Chahpagke.
A MO.NSIKUR INE F... *,.A i'AfiiS.
Venise, le 25 janvier 1851.
Je viens d'entendre Velutli ; c'était dans un salon de la place Saint-Marc, au midi , par un beau soleil. Jamais Velotti n'a mieux chanté. 11 a Tair d'un jeune homme de trente-six à trentehuit ans, qui a souffert, et il en a cinquante-deux ; jamais il D*a été mieux. Le divin Perucbint l'accompagnait. Il y avait vingtquatre femmes, mais pas un chapeau de bon goût.
Mauvaises nouveHes des succès de la Judith '. Carcano est "abandonné. On fait des caricatures. La Scata triomphe ; on voit les acteurs de la Scala, à table, mangeant de la Pasta, et le. duc
* Mort à Paris, le 1*' novembre 1848, à l'âge de sotxante-dix-neul ans.
' Madame Pasta.
LETTUES A SES AMIS U5
LiUa, qui paye l'excellenl VeluUi, a trouvé un tiasco à la Feuice; il était malade et a voulu s'efforcer.
!fe dites k personne que je suis ici, excepté à notre protecteor» s'il vous parle de moi. A propos, trouve-t-il qu'il y a quelque réalité» quelque connaissance des petits hommes a3rant ud petit pouvoir, dans le Rouge? C'est une partie du talent qu'il faut dans le lieu où il m'a mis. Le tapage des masqua sur la place Saint-Marc m'empêche de vous envoyer des phrases po* lies ; je vous écris du café Quadri.
Vous savez que Macchi a eu l'exclusion par insinuatvm de la France. Giustiniani avait déjà vingt-nleux voix ; on conlÎDoait à ouvrir le schede S quand il reçut Texelusion formelle de FEspagne. Si vous savez déjà cela, ne vous moquez pas de moi, comme Besançon. Âlhani porte toujours Pacca, qui ne réussira pas. -^ Votre ami attra*t«il Givita-Veechia, avec quinze mille francs? Adieu, je vous écris comme à un père ; ne roe répondez pas.
A HOMSIËUR LE BARON DE M..., A VAMS,
Trîesle, le 28 janviei* 1851.
higrat ! u'étes-vous pas trop heureux d'avoir un ami i|ol vous fasse rire? Que gagneriez-vous à correspondre avec un homme compassé, avec du convenable et butor comme M, de Croise* Dois? Vous aussi, vous m'intéressez: votre grande envie est évidente, quand vous me faites dire ce que je n'ai pas dit. J'ai annoncé à madame Azur que je n'écrirais plus, mais pour garder ma place, pour être bien avec les gens du pouvoir, qui haïssent les gens qui pensent. Je disais qu'à Barcelone j'avais peur du comte d'Espagne ; vous me dites que Clara n^a pas rencontré un seul voleur et que c'est à tort que je me vantait»
* Billcls.
114 ŒUVUbS POSTHUMES DE STENDHAL.
d*avoii' bravé les voleurs. J'aime bien mieux que vous m*ayez écrit ces deui preuves d'envie, que si vous aviez été admiratif, comme madame la baronne de M
Si vous voyez Colomb , priez-le de distribuer la deuiième douzaine d'exemplaires; plusieurs se plaignent; ils doivent être bien malheureux, ils n'ont pas le Rouge ! Clara vous dira que je lui ai demandé, en toute modestie, la note de ce qu'il faut changer. Je désire toujours faire moins mal à la petite drôlerie suivante. Mais, je le répète, pour ne pas exciter Venvie de Son Excellence M. le ministre qui le sera en 1831, je ne veux plas rien imprimer. Pour vous plaire, à vous autres, il faudrait trois ou quatre chutes bien humUianles. Quand je ne serai rien, je ne vous plairai peut-être que trop* Dans l'abominable absence (Vidées où je végète, je rumine, je ressasse toujours les mêmes dcmnées. Concevez un misérable qui ne lit que la Gazette de France , la Quotidienne et le Moniteur, et quatre fois par semaine. Ces journaux nous arrivent pour indigestion, huit à la fois. Les mensonges ordinaires de la Ga%ette et de la Quotidienne nous font bien rire depuis quinze jours.
Votre frère n'a point d'individualité; il est convenable cl voilà tout. Or c'est l'individualité qui attache.
Il fait borra deux fois la semaine et grand vent cinq fois. J'appelle grand vent quand l'on est constamment occupé à tenir sou chapeau, et borra quand on a peur de se casser le bras. J'ai été transporté l'autre jour pendant quatre pas. Un homme sage. Tau dernier, se trouvant à un bout de cette ville, toute petite, a couché à V auberge, n'osant pas, à cause de la borra, rentrer chez lui ; il y a eu en 1850 vingt jambes ou bras cassés. Je m'en moquerais absolument, vu la bravoure que j'ai montrée contre les voleurs de Catalogue ; mais , monsieur, le vent me donne mon rhumatisme dans les entrailles. Je n'ai pas eu deux jours absolument sans douleur depuis le 26 novembre^
Je reçois^ en même temps que votre intéressaote lettre, tiuc dépêche de mon maître ; pas plus de Civita-Vecchia que sur la main. Le 'séjour d'Abeille^ est abominable. Il y a une grosse
Civila-Veccliia.
LETTHBS A SES AMIS. 115
tour bâtie par le pape Barberia, doot les armcsi comme vous savez, sont cet insecte ailé qui, dérobant aux fleurs leurs parfums les plus doux, etc.» etc. Donc l'air est abominable à Abeille; mais, avec la permission d'habiter six mois la ville éternelle et avec douze mille francs et non pas dix, je serais content.
AllHAUD.
A HÂDÂMi:: ALBëRTQË DK B..., â l'AKIS.
Triesic, le 6 février 18&1.
Savez- vous, madame, ce que c'est que le général Bolivar? Eh bien/ il est mort. Savez-vous de quoi? de jalousie du succès du Rouge. Il y a une autre jolie femme à Paris qui me croit Thomme le plus faux et l6 plus dissimulant. Et quand tout ces ridicules seraient vrais, n'ètes«vous pas trop heureuse que j'aie des ridicules?
Si vous voulez un homme parfait,, faites -vous présenter M. Rokebert par Besançon. M. Rokeberl était pauvre et clerc de notaire; par sa prudbomie et rare prudence, il a mérité de devenir factotum de son notaire et ami d'un pair de France, chevalier de la Légion d'honneur.
Je suis an comble dé la joie; je croyais que, comme un affreux cauchemar, cette Chambre composée de Rokeberts^ pèserait un an ou deux stir la France, et probablement au moment où je vous parle elle est sifflée autant qu'elle le mérite. C'est beaucoup', elle a coupé la racine pivotante de Tamour des Français pour le Ring. Vous souvenez-vous du roman de Tom- Jones? Ëb bien, il y avait dans celte Chambre beaucoup de BlifiU. Excitez une sagacité de votre connaissance à me donner de temps en temps, le plus souvent possible, le fin mot des nouvelles. Figurez-vous la rage d'Un homme curieux (et qui ne le
lift ŒUVRES POSTHUMES i)Ë STENDHAL.
8cniil pas?) qui se voit rédaîl à la Quodidienne et à la Gazette de France ! Par leurs mensoDges sur ce qui se passe à cioquaole lieues de mou \\e, je juge de leur véracité sur Paris.
J'observe la nature humaine ; je m'amuse de faits qui n'^ont d'autre mérite que d'être vrais ; n'étant pas en même temps piquants, ils ne valent rien pour la curiosité parisienne, j'allais dire française; mais ils plairaient à Toulouse, Avignon, Béziers, où il y a de l'Ame ; on n'y est pas constamment occupé du voisin.
Avant-hier soir j'ai vu chez la madame GeoflTrin delrieste une jeune mariée de dix-huit ans. Ma foi ! elle est parfaitement belle. Les dames du pays disent pour se dépiquer qu'elle est bête. Je le crois bien, elle vient de passer huit années au couvent, près de Vienne.
Il y a ici un chef de bureau qui peut avoir cinquante ans, l'air béte, chagrin, des yeux qui pleurent toujours et malgré eux, nul esprit, pas de naissance, pas de fortune; il vit avec sa paye, environ six mille francs; il est désagréable, mal vêtu, envieux, méchant ; cela n'est bon qu'à enterrer. Le père de la jeune personne dont je vous parlais en a jugé autrement ; il lui a écrit en deux mots : c Prenez la diligence, arrivez à Vienne le 12, vous épouserez ma fille qui a dix-huit ans et deux cent mille fhmcs, et vous repartirez le 14 janvier. » C'est ce qui a été lait. La jeune personne n'avait point fait d'enfant, il n'y avait aucun cas rédhibitoire ; l'animal l'aurait épousée avec tous les cas rédhibitoires possibles. Ce vieux garçon chagrin avait été camarade de bureau du père de la beauté ; il ne reçoit jamais personne dans sou taudis. Mon avis est qu'il faut causer avec cette jeune femnie dans celte pièce obscure qui, dans les bals, est consacrée aux aparté des jeunes femmes. Faites-vous raconter par Besançon le gant de la Torregiani.
Dominique n'a rien de nouveau sur son destin futur ; il vit à Trieste, où il s'ennuie assez ; mais il faut dire qu'il s'amuse et est enchanté de sa place. Il serait heureux d'en avoir une toute petite dans votre cœur; voilà un compliment à la Rokebert; je vous en ferais bien un meilleur, mais il ne me vient pas. Je voudrais que quand Besançon passera avec vous dans la
LETTRES A SES AMIS. il7
rue SaiDUGuiliaume, U entrât chez M. Deville ou Delville. Là vous vous asseyerez dans un fauteuil, et quand vous y serez vous n'eu voudrez plus sortir. M. Delville fait les fauteuils suivant les derrières. Malheureusement je ne pourrais jamais: sortir d'un fauteuil convenable pour vous, à supposer que j'eusse pu y entrer. M. Belville a fait un fauteuil pour madame la baronne Â... ; Besançon le connaît bien; il est dans la chambre à coucher de ladite baronne, lieu qu'il fréquente beaucoup, et Dieu sait avec quelles délices !
J'engage ledit Besançon à commander à M. Delville un fauteuil pour un personnage un peu plus cmséqueni que lui ; ce fauteuil recouvert de quelque étoffe solide, peu sujette à être salie. C'est à ce moment de la commission que je me jette à vos pieds, que j'aime toujours malgré votre injustice pour eux. Vous choisirez rétoffe. Les chiens endormis, an milieu desquels je vis, seraient incapables de recouvrir le fauteuil admirable, si jamais ma mau* dite transpiration le gâtait. M. Colomb remettra cent cinquante francs à M. de Mareste, pour le prix de ce meuble. Le fauteuil commandé à Postai pour un homme gros, sera fait en mai ; alors M. Delville l'expédiera à Mar&eille, d'où un de mes navires nie rapportera à Trieste ou Civita-Vecchia. Je m'engage, madame, à ne vous pas impli(iuer dans une autre commission pendant 1851.
On manque de tout ici, excepté de ce qui se mange, et de piqués anglais.
Meykieb.
A MADAMF. A... DE P...., A PARIS.
Triesle, le 19 février 1831.
Je ne crois pas être tout ce que vous dites, chère amie. Je ne désire pas tant la croix. Il viendra un jour où je voudrais ne pas
as (EUVRES POSTHUMES DE STENDHAL.
l'avoir; mais je ne sais pas si je serai eo France quand voire sagesse nous aura donné la république.
H y a trois jours» j'ai reçu une letlre dans le genre de la Ydtre et pire encore ; car , vu que Julien ^ esi un coquin, et que e'est mon portrait, on se brouille avec mou Ou temps de TËmpereiir, Julien eût élé un fort bonuéte bomme ; j'ai irécu du iemps de
l'empereur; donc Mais qu'importe? Si j'étais on beau jeune
bomme blond, avec cet air mélancolique qui promet les plaisirs a la mode ; mon autre amie ne m'aurait pas jugé si c<^ quin.
Nous sommes vingt ici. Le consul de France est le second ou le premier dans les cérémonies. La cérémonie est tout cbez ces peuples, comme une femme n'est estimée jolie qu'autant qu'elle a une robe ?ieuve à cbaque bal. Mais cinq à six consuls ont des croix : mon prédécesseur et son prédécesseur Tavaieut; donc il faut la demander. Je la mérite à cause de Berlin, Vienne, Moscou. L'empereur ne l'aurait pas donnée pour cela; mais Umis les nigauds à qui on l'a dpnnée depuis n'ont pas vu Moscou. Sans l'envie^ je vous dirais qu'an retour de Moscou, à B..., je crois, M. Daru m'a remercié au nom de Fempereor. pour services rendus dans le cours de la campagne. M. la Biche, maintenant chef de division chez M. de Montalivet, y était ; il est honnête homme et le dira, s'il s'en souvient; car alors chacun songeait à soi ouvertement. Voilà, chère amie, ma pensée sur la croix, et je l'aurai d'ici à deux ans, si elle n'est pas supprimée, au premier ministre de l'intérieur homme d*esprit. Si votre vanité est blessée par la mienne, je ne porterai pas cette future croix en France.
La ressource de l'envie quand un auteur peint un caractère énergique et, par conséquent, un peu coquin, c'est de dire : L'auteur s'est peint dans ce caraclère. Quelle réponse voulezvous faire à cela ? Un homme se voit d'en dedans et non pas d'en dehors. Le plaisir actuel l'emporte sur tout chez moi. Si j'étais Julien, j'aurais fait quatre visites par mois au Globe, ou je serais allé, avec suite, chez M. le marquis de P Répondez
' Lo Ijnros du roman !e fiouge H le Noir.
à cela, femme envieuse! Je ne suis pasalié une seule fois au
Luxembourg pendant que H. de P était chancelier^ Or
Dacier, de la Bibliothèque» m'avait fait entendre clairement
qu'il se laisserait forcer la main par M. de P Julien eut
tiré parti de tout cela, et encore plus du salon de madame A.... et de Tamitié de M. Béranger. En supposant un ministère raisonnable coname l'actuel, sous le règne de Charles X» t6t ou tard, M. Béranger devait être à la tète de la littérature. Clara Gazul vous dira que j'ai négligé même le grand citoyen , et bien à tort; car cette famille a été héroïque pour moi. Au fait, je dois tout à Fiore et à madame de Tracy.
Voyez nos peintres Gérard, Gros, etc. ; on les vante. Vingt ans après leur mort on ne les trouvera pas égaux aux Bonifacio, aux Palma Veechio, aux Maralte, aux Pordenone, etc., aux peintres du troisième ordre de Theureuse Italie. Ceci est dit pour vous calmer, et, en même temps, rien de plus vrai. Je suppose, ce que j'ignore, ne lisant aucun journal, sauf la Quotidienne et la Gazette de France; je suppose, dis-je, que le Rouge et le Noir ait du succès; dans vingt ans les libraires et le public ne l^estimeront pas autant que la Religieuse portugaise, Jacques le Fataliste, Mariane, etc. Si vous êtes encore montée, vous croirez que jements. Gomment diable voulez-vousque je vous prouve que je ne ments pas? — Jusqu'ici voilà trois femmes qui m'écrivent des horreurs à cause de Julien, et des femmes dont lune a une tendre amitié pour moi. Ne me croyez donc pasisi lier du succès. Ensuite croyez que je désire la croix ; mais, sjf, au lieu de croix, voas voulez m'employer à Naples ou à Gênes, le serai bien plus content. Si vous voulez augmenter ma joie, faites qu'un pays de bon sens comme New-York ait l'esprit et le climat de l'Italie, ses arts, ses ruines; envoyez-moi là, et regardez-moi comme un cuistre si jamais je vous demande la croix.
Vous savez que je suis envoyé à Givita^ecchia ; mais comment y aller? Les révoltés ont coupé Ip routes à SpoleCte et Perugia. Autour des armées des deux partis, il y a des bandes de voleurs qui tiennent la campagne. Je vais probablement aller passer à Gènes et là m'embarquer pour Rome. Au diable les révoltes! —Oubliez votre colère; dans six mois personne ne
pariera du Hauge, ei je tous ferai an aveu : c^est que jamaîs \e ne suis aHé eu Russie i c'était mou frère Henri^larc, dout j'ai pris les papiers, ce qui pouvait aller, parce que je m'appelle Marie-Henri, mêmes initiales.
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