A MADAME A... DE R..., A PARIS
T., toujours T. (Tricste), le 20 février 1831.
Oo m'écrit que, le ministère vous ayant consultée sur la paix, la guerre, etc., vous avez exigé, avant de lui répondre, qa'il vous accordât des grâces pour toute votre société. En conséquence, Resançon va être fait officier de la Légion d'bonueor, et MM. M....„, Uela + et R — le, vont avoir la croix. Pour vous remercier, je vous envoie une lithographie fort rare ; elle m*a frappé depuis longtemps comme peignant parfaitement lai douleur de femme. N'est-ce pas que cette douleur est bien différente de la douleur d'un homme? Je vous envoie mon exemplaire, n'ayant pu m*en procurer un autre.
En voyant les croix dans le lointain, souvenez-vous, obligeante amie, de vexer M. de M , pour qu'il parle à son cousin A
Il y a deux mois que la femme la plus en crédit Ici (laide, trente ans, trente-cinq mille francs de renie, excellente cuisine, meubles admirables), ayant entendu parler de mon excellence, voulut m'avoir à dtner. Elle avait le comte Hocenigo, auciea ambassadeur ; elle me dit en entrant : « Nous allons bien bavarder pendant le diner,.... » Je préparais les phrases les plus piquantes de ma gibecière, quand arrive mon collègue ofRussia, sourd comme un pot, mais il a une croix au cou. Elle rappela et le fie mettre à sa gauche ; personne ne trouva cela extraordinaire L'homme n'est rien par soi-même ; il faut une marque de la spéciale protection de sa conr, un privilège.
LETTRES A SES AMIS. m
if. A..... ne m'aime phis, à cause de ma franchise qu'il prend pour de la fausseté ; j*ai donc le plus grand besoin d'un coup de collier de Besançon.
Nous avons ici le plus beau soleil et le plus grand vent. Ce climat est le contraire de celui de Paris. Je m'ennuie. Que voulezvous que m'inspirent des femmes qui feront un beaucoup plus graud cas de moi quand j'aurai la croix ? Quant aux hommes de tous les pays, je n'aime pas à leur parler.
Adieu, chère amie, mille tendresses à Besançon, Delà -|et Schnetz.