RÉPONSE
n paraît, monsieur, que nous avons des idées analogues sur le style ; j'en juge par le vif plaisir que viennent de me faire les sept premières pages du }londe comme il est.
M. Fox disait que le premier plaisir du monde était de jouer et de gagner, le second de jouer et de perdre. Mon goût vif pour la littérature va plus loin ; je trouve que le premier plaisir, après celui d'écrire, est celui de lire une critique de bonne foi. Les phrases louangeuses, fussent-elles de Voltaire, ne me semblent donner qu'un plaisir secondaire.
D*après ce beau principe, voici des critiques. Tout au haut de la page 6, je voudrais lire :
« Qu'elle défend à ceux qui Tignorent ; la peur quUls ont de blesser le bel usage devient ridicule... »
. A la seizième ligne de la même page 6, je voudrais mettre :
« L'esprit de société est de sa nature casanier ; ce qui ne peut se dire, ce me semble, de Tesprit en général, de l'esprit de Montesquieu, Voltaire, » etc.
Troisième critique. Ce commencement est de VEspnt des lois de la société. J'aimerais mieux commencer par des idées physiques et très-claires, par la description des bords de TOrne que je brûle de voir. Les idées profondes et abstraites mettent, ce me semble, le lecteur sur ses gardes, chose fatale au commencement d*un conte, qui exige toujours un peu de crédulité.
LETTRES Â SES ÀMiS. 219
Je respecte trop vos prëparaiifs de voyage pour ne pas vous supplier, monsieur, de ne m'hqnorer d'aucune réponse, el j'ai on tel dégoût des autographes, que je vous prie de me permeiire de Yous présenter les sentiments les plus distingués de 0'