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Paris, 26 mai 1814.
Je vois avec plaisir que je suis encore susceptible de passion. Je sors des Français, où j*ai.vu le Barbier de Sévillef joué par mademoiselle Mar^. J'étais à ç6té d'un jeune oOicier russe, aide derdkmp du général Vaîssikoiï (quelque chose comme cela). Son général est fils d'un fameux favori de Paul ^^ Cet aimable ofS^ cier, si j'avais été femme, m'aurait inspiré la passion la plus violente, uo amour à rHerraione. J'en sentais les mouvements naissants, j'étais déjà timide. Je n'osais le regarder autant que je l'aurais désiré. Si j'avais été femme, je l'aurais suivi au bout dû monde. Quelle difl'érence d'un Français à mon oflicier ! Quel naturel, quelle tendresse chez ce dernier !
La politesse et la civilisation élèvent tous les hommes à la médiocrité, mais g.^tent et ravalent ceux qui seraient excellents. Rien de plus désagréable et de plus grossier qu'un sot, officier étranger, sans cultuie. Mas aussi, en France, quel officier pouiTa se comparer au mien pour le naturel uni à la grandeur! Si une femme m'avait fait une telle impression, j'aurais passé ht
o8 ŒUVRES POSTHUMES DE STENDHAL.
uuit à chercher sa demeure. Hélas! même la comtesse S.. ne m'a fail une telle impression que quelquefois. Je crois rincertilude de mou sort augmente ma sensibilité.
Des environs de Nantes, le 1*' septembre 181( Monsieur,
Je désirerais que vous voulussiez bien proposer anx cl bres la loi suivante.
Vous excuserez ce que ma lettre peut avoir d'inconvei quand j'aurai fait Taveu que celui qui se donne Thonneu vous écrire vient de perdre son unique appui, un neveu de huit ans, jeune homme des mœurs les plus pures, par la i d'un duelliste, très-habile escrimeur, et dont c'est le cinqui duel, au moins.
François Durand.