‹ Une correspondance inédite; (volume 2)Chapitre 9 sur 79 · MONTBRISON · texte numérisé non relu

MONTBRISON

* Sienne, le 25 novembre 1817.

Je viens d'écrire YHistoire de Vénergie en Italie. A me que tu ne sois bien changé, ce sujet sera de ton goût; ca t'ai reconnu une certaine force dans le caractère dès nos j* d'enfance, et je ne pense pas que les saletés politiques aient ramollir complètement.

Au moyen âge, dans le reste de TEurope, des seigneurs écrasaient leurs domaines furent écrasés à leur tour par rois, par exemple, Louis XI. L'énergie ne pouvait donc nai que dans quelques centres de seigneurs féodaux ou dans le : tous gens étiolés par la richesse.

En Italie, tous les caractères ardents, tous les esprits aci étaient inévitablement entraînés à se disputer le pouvoir, e< jouissance délicieuse et peut-être au-dessus de toutes les aul pour des gens défiants, du moins plus durable. Milan, Gêt Florence, Riminl, Urbin, Sienne, Pise, Plaisance et vingt aul villes étaient dévorées par les flammes des factions. Leurs toyens sacriGaient avec joie, à leur ambition politique, le s de leurs intérêts privés et la défense de ce que nous appel les droits civils. De là, ce conflit éternel des familles puissam dont l'histoire domestique est si singulière, cette lutte viole des factions, ce long enchaînement de vengeances, de prosci tions, de catastrophes.

Voilà le foyer qui produisit les guerres interminables acharnées de ville à ville. Par exemple : de Sienne et Floren de Pise et Florence, etc.; et enflu les invasions étrangères peuples qui, armés par un roi, eurent bon marché de pet; villes qui s'abhorraient entre elles ; car il ne faut pas le dissii 1er, avec l'énergie, le moyen âge a laissé en Italie la func habitude de la haine. C'est là, dans ce climat enchanteur, <

ceUe passion calamiteose éclate dans toute sa force. Lès lyrannies soupçonneuses, faibles et atroces, qui gouvernèrent ritalie de 1550 à 1796, ont changé la prudence du moyen âge en sombre défiance.

De là, la première qualité d'un cœur italien, je parle de ce qui n'est pas réduit à la stupidité par le bigotisme ou la tyrannie, est rénergie; la seconde, la défiance; la troisième, la volupté; la quatrième, la haine.

Les Italiens, à Feiemple des Romains, que Pétrarque leur avait expliqués, entendaient par le mot de liberté la part que chaque citoyen devait avoir aux élections et délibérations publiques.

Les Florentins voulaient gouvenier dans la place publique et au Palazzo di città. Nous, nous voulons être tranquilles dans notre salon, et surtout n'être pas choqués au bal par l'insolence^ d un noble.

On ne trouve à Florence, au quatorzième siècle, par exemple, que des lois et des habitudes imparfaites pour garantir la sûrelé des personnes et des propriétés. Il n'élait pas encore question de la liberté de l'industrie, des opinions et des consciences.

Des hommes dont les propriétés, l'industrie et la personne étaient si mal garanties, et qui ne connaissaient presque pas la liberté civile, perdaient tout quand, au lieu de nommer leur podeslat sur la place publique, ils venaient à être gouvernés despotiquement par le chef de la famille noble la plus puissanle de leur ville. Ce tyran sanguinaire se trouvait sans lois pour le contenir ou même pour le diriger; car, quand il eut de Tesprit, ce lyran sentit qu'il était de son intérêt d'être juslc; par exemple : Gastruccio. Il faut soigner le cheval qui nous porte. Au milieu de tant de dangers, comment Thonneur aurait-il pu naître? comment trouver le temps d'avoir de la vanité?

Le gouvernement, à moins qu'il ne soit fort et séduisant comme celui de Napoléon, ne passe dans les4l(peurs qu'au bout d'un siècle. De là les progrès des beaux-arts dans ce quinzième siècle, où la liberté (entendez toujours la liberté d'alors, la liberté gouvernante et non jouissante) commençait si fort à languir.

Les lyrans d'Italie, pleins d'éuergie, de fioesse, de défiance i de haiue, et, daus les beaux-arts, d'esprit et de goût, n*eureE Jamais aucun talent comme administrateurs : ils se moquaten de Tavenir; ils écrasèrent Tindustrie et le commerce. Volterrc qui comptait cent mille habitants, n*en a plus que quatre mille Jamais ils n'établirent de lois raisonnables ou ne maintiareut d justice équitable.

Enfin, du temps des républiques ilaliennes, le pape faisai brûler Savonarole, qui avait voulu faire le petit Luther. La libert des écrits sur les intérêts communs à tous les citoyens, quam les lois l'auraient accordée, aurait été bien assez restreinte pa le péril d'offeuser les factions dominantes, ou même celles qc pouvaient le devenir. Dès que Tune d'elles avait saisi le pouvoii il en était comme chez nous en 1815^; c'était un crime, non seulement de dire, faire ou écrire, mais d'avoir fuit, dit ou écri quoi que ce soit contre elle. ^

A chaque révolution d'une ville, la volonté des vainqueur réglait tous les droits et tous les devoirs. Il ne restait aux vain eus qu'une ressource, celle de tenter, à leurs risques et périls de vaincre à leur tour.

Gomment diable n'être pas énergique avec le soleil et le richesses d'Italie, et quatre siècles de ce joli petit gouvernement

il n'y avait un peu d'exception pour tout cela, et un peu d fixité qu'à Venise. Aussi les Vénitiens étaient-ils devenus le Français de l Italie, gais, spirituels el sans énergie '. Avec un énergie brûlante ou sombre, suivant qu'on est dans une vein de bonheur ou d'adversité, il est impossible d'être gai, spirituel léger. L'esprit a Tbabitude de mettre trop d'importance à tout dès qu'on est indigné, Ton ne peut plus rire ni sourire.

* Dans les départements, s'enlend.

Voyez dans la Vie d'Alfierif écrile par lui-même, les échevins de Paris se perdant dans la boue en iillant complimenter Louis XV le premier d •an. (H. B.)

XXYI

A MONSIEUR LE BARON DE H..., A PARIS

Milan, le 1" décembre 1817.

Votre lettre, que je reçus à Thuélin, fit la consolatiou de mon exil; celles des 15 et 20 novembre, que je reçois aujourdliuî, me font penser, pour la première fois, à celte ennuyeuse lutte des droits contre les privilèges, qui remplit tout en France. Plus une pierre de voûte est bonne pour sa place, moins elle peut convenir ensuite pour tout autre bâtiment. De manière que, de (oat ce qu*on fait en littérature eu France, il n'y aura de bon que le point où on arrivera en 1858. Dans les pays qui n*onl pas de but, les arts ont gardé leurs charmes contumiers, tandis que voire Manie des grandeurs est un article de politique en vers et en cinq actes.

Psami re d'Egitto est un ballet assez amusant de Vigano, qu'on a donné hier pour la dernière fois. Psami était précédé du second acte â\ï Matrimonio segrelo. Galli, dans le rôle du comte, est seulement parfait pour moi. La froide Festa faisait Garolina, et le ténor Monelli, bon dans une petite salle, était sans couleur dans ce gouffre * énorme. Après le grand ballet, le second acte de la Cenerentola de Rossini. C'est comme Psamiy du médiocre d*aQ grand artiste.

le tre Melarancie sont trois princesses que des génies enlèvent endormies dans leur lit, qu'ils apportent dans une forêt où le sabbat se tient, et quMls jettent par terre, le tout à la manière des Mille et une nuits. Aussitôt une fée offensée les change en trois belles oranges et les emporte dans un sac. Arrive le génie et Mouraby monté sur un bélier gigantesque; il fait venir en un clin d'œil un chevalier qui n'était qu'à deux mille lieues de là , et c'est pour lui faire cadeau d'un sac où se trouvent: 1** un joli pain de munition, ensuite un balai de trois sous, plus un paquet

* Le tbéâlre de la Scala.

de ficelle. A la vue de ces jolis cadeaux, le chevalier (le je et superbe MoHuari) saule sur le bélier, qui part au petit ire ramène devant une cour fermée par une grille de fer ; il jet grille en dedans, un chien énorme lui saute dessus, il le rc d'un air doux et lui remet le pain de munition que le chiei vite manger dans un coin. Un prodigieux géant, que l'oa occupé à tirer de Teau d'un puits avec un seau qu'il attac! une tresse immense formée de ses cheveux, se porte conti chevalier, qui lui fait son compliment terminé par le don du quet de ficelle. Le géant, enchanté, s'assied sur la margelL puits et s'endort. Reste une diablesse de vieille qui , avec pelle, chauffe un vaste four ; eRe est séduite par le petit b Alors le chevalier s'élance dans le château et vole le sac où les trois oranges ; il délivre, chemin faisant, une troupe de valiers ; ils rapportent les trois oranges à leur père; les oraD mises sur une table, deviennent énormes , et on en voit éc les trois princesses: mariages, balabile, etc. L'acte de l'i rieur du château où les trois princesses, rendues à leurs foi naturelles, parce qu'on a jugé à propos d'en faire des servai arrivent dans un salon où la fée, en sortant, a rendus immol les chevaliers prisonniers ; cet acte, dis-je, est assez drôle commencement de ce ballet est sublime, le milieu encore ] la fin plate ; c'est du Viganè de troisième qualité.

La considération de ces merveilles a rempli mon cœur et yeux depuis le 21 novembre. — J'ai cherché et trouvé un parlement pour ma sœur ; je l'ai présentée ; elle a déjà bonnes amies. — On m'a bien parlé politique dans les loge je vais; vous sentez l'effet des choses vagues sur un adept< a eu l'avantage de discourir avec Maisonette et Besançon. 1 suis dépéché de fermer les oreilles.

Je trouve toujours ce pays bien supérieur au vôtre : juge: Le général prince de S. est peut-être le seul homme à courage çais qu'il y ait dans l'armée autrichienne; c'est un Lanne, un salle : de plus, grand prince; de plus, frère naturel de l'empei c'est donc un des plus grands personnages possibles. 11 y a • ans qu'en cette qualité il trouva bon de voler à un chien d'isn de Ferrare pour cent mille francs de mauvais foin. Le co

anlique commença un procès donlle jeune prince fil de bons rires avec ses amis. Il y a Irois mois que tous les officiers, lui compris, qui se trouvent à Milan, reçoivent Tordre de se rendre en grande tenue au ministère de la guerre. Arrivés là, le secrétaire du conseil de guerre donne lecture d'un jugement en vingt pages qui, dit-on, condamne le prince à tirer les barques^ je ne sais sur quel fleuve des États autrichiens, pendant six ans ; il sera dégradé, déclaré incapable de servir, et, en outre, condamné à restitution et aux dépens, s*élevant à la bagatelle de douze cent mille francs. Le prince se mit à pleurer. Le greffier tire un nouveau papier : l'empereur commue les six ans de galères en six mois de prison et oonOrme le reste de la sentence. Le prince tire sou épée, la remet au greffier, ;et, dans la même voilure de ville qui l'avait amené au ministère, part, sans rentrer chez lui, pour aller subir sa détention dans une forteresse de Bohème. Sa femme, laideron qui Tadore, apprend bientôt tout cela, prend la poste et lui court après. Elle est riche et payera pour lui, qui reste, à trente-trois ans, déshonoré et sans le sou. Gela doit sembler bien ridicule à des gens brillants, qui ne savent pas faire obéir mi préfet. Ceci fait le pendant du fils du maréchal-lieutenant fusillé à Vienne ; mais vous savez cela.

Je lis jusqu'à deux heures ; je me promène jusqu'à quatre et dine à cinq ; à sept je fais une visite ou deux ; à huit je parais dans la loge de ma sœur; un ou deux amis à moi viennent m'y relever, et je commence mes petits tours dans la Scala jusqu'à minuit, que le tre Melarancie commencent à s'enOer sur la table du roi, leur père, et à devenir grosses des princesses. Le reste ne valant rien, je reviens chez moi, où , dans mon lit, je lis jusqu'à une heure. Je lis les lettres de d'Alemberl, Montesquieu et autres à madame Dudeiïant. Les lettres de d'Alembert m'ont fait beaucoup d'impression, vu que ce sont pour nous, mon cher ami, des arguments ad hominem. Il était, en 1764, content avec mille sept cents francs de rente ; si content qu'il refusait une grande place à Berlin. Et vous avez l'effronterie, vous qui faîtes l'amour, qui plus est, de vous plaindre !

Là-bas , le mépris me suffoquait ; voir dans la bouse de vache ce que j'ai vu si beau à Hinter-Linden de Berlin ou à

Schœnbrunn, m*einpéchaitcle digérer. II esl bien vrai que je Iroiivcrai jamais aiUeurs la conversation des gens d'esprit eomi Besançon, Maisouette, etc. Voilà ce qui fait que vos lettres i sont un besoin de première nécessité.

Que Van Bross ait deviné Bombet, je m*en doutais; mais j toujours rempli mon but, qui était de ne pas parler comme c leur. Je me suis trouvé, à la chute de mes grandeurs, rem d'orgueil, mais d*un orgueil tenace, que jeûnes et prières n^ pu chasser. Cet orgueil se sent fait pour être préfet ou c puté. Le métier d'auteur lui semble avilissant, ou, pour mie dire, avili. J'écris pour me désennuyer le matin; j'écris ce (\ je pense, moif et non pas ce qu*on pense ; le tout en attend; que le Moniteur m'apprenne que je suis appelé à la prcfecti de N.,., place que je refuserais avec horreur, tant que je i

verrais le collègue de MM , etc., etc., etc. Voilà ce q

m'a appris Texameu de mon intérieur, comme disait feu Tî tufe. Vous en savez autant que moi sur, toutes mes cackoteri et me ferez plaisir de toujours épaissir le voile.

Le manque d'esprit d'ÀIficri est de moi, tout le reste YEdinburg review. Idem pour le Pans d'autrefois ; c'est vc qui me l'avez indiqué. Le morceau sur l'italien est de Bomb 11 est très- vrai qu'il n*entend pas le toscan, ou, pour mie dire, il Tcntend, mais l'a peu entendu, Florence l'ayant toiijoi scié. L'&Fticle sur Vigano, c'est mon cœur et mon sang, comi dit Paruy. Le titre a été inventé par le libraire. Si jamais v( relisez, vous qui connaissez si bien la chose, usez uu crayoi relever ce qui vous semble faux; ou mieux, faites un petit c hier des bévues, avec des renvois, er profitant du moment l'auteur vous donne de l'humeur, dites-lui des sottises, ferme, n'ai pas ouvert ce volume^ depuis qu'il est broché. Il me sei ble qu'il doit paraître un peu ÂlGcri, c'est-à-dire sans espi Contez-moi net ce que vous en a dit Maisonette, excellent jo à mes yeux , depuis qu'il méprise uu peu ces gens que je n prise tant : la llarpe et Suard. Si je ne vous dis rien des c deaux dont il m'accable, c'est que je veux conférer ce soir av

* lowie, Saplea ti Florenct en 1847.

mes amis sur les moyens de transport ; s*ils sont en route^ vous avez bien fait.

Je sois enchanté, car je vois que cet homme si aimable, et çuelaiKmté de son cœur rend si supérieur aux.Gromwells qui l'eoloorent, pense à moi : cependant basta cosù Ce pays est si ' stérile, que jamais je ne pourrai faire Fcquivaient de ces deui précieax volumes. Il y avait un trou en Suisse où végétait un pea de liberté de la presse; vous avez vu dans la Gazette de Lan* ime, n° 92, je crois, que les ministres de France et d'Autriche invéhissent là-contre. Gela est bien béte, à mes yeux, s'entend. Ou Elites fusiller des libraires Pahn, ou ne nous ennuyez plus de votre sottise; vous n*avez pas les qu'il faut pour comprimer; contentez-vous donc de diriger, c'est-à-dire d*amoindrir, d'égarer, comme le cardinal de Richelieu fit par son Académie française. — Je lirai les deux Moniteurs où bavardent les provineiaui. Je vous indique, par contre, ]e Maniteur Au ^i octobre SQrla liberté et Y arbitraire. L'auteur m*â écrit une excellente leure; ne le nommez pas. Au reste, je n'ai pu encore voir son ^omieur. Je ne suis pas tout à fait de son avis ; je ne veux pas (|ae le gouvernement se mêle le plus possible de mes affaires. L'Amérique-Nord me semble un modèle parfîut ; voyez le Gommeataire sur Montesquieu (par Jcfferson). — Ge qui a intéressé surtout, c*est le détail de vos journées et soirées. J'ajoute, à ce que je vous ai dit de moi, que mon dîner d'hier, excellent et ciiez le restaurateur le plus noble, nous a coûté six lire à deux : la loge six lire; les deux billets quatre lire. Or, une lira vaut soixante-seize centimes. Gette vie est tout ce qu'il y a de plus noble et de plus splendide.

Ceci me conduit au matrimonio de Besançon. Si la fille a cent cinquante mille francs, si elle est fille unique, et qu'il n'y ait qu'une mère, je conseillerais d'épouser, parce qu'alors on peut rester à Paris en se moquant foncièrement de tout. Mais voilà ma condition sine quâ non. Rester à Paris pour trembler chaque malin d'être supprimé dans quelque nouvelle organisation, c'est l'antichambre de Fenfer ; je crois que tous les employés de proviuce sont dans ce cas.

Je vous dis, pour ne pas Toublicr, que M. delracy m*a dit du

mal de Mac Intosh. G*est un homme qui ne voit pas neltemen rapport des peuples et des kiiigs. Peut-être cela De vous dépl pas.

J'ai lu la phrase de votre lettre sur Timmortel Galiari 1 Piémontais h(Mmne de goût, qui a été saisi d'uu rire ineuio] Lie; c*est le Gimabue d'un art dont Perego, Fuentès, Landri Saoquiric, sont les Garraches. Mais je vous pardonne tout si ^ faites votre journal. Âh ! chien de paresseux ! vous allez m jecler le travail dont vous êtes surchargé. Songez au heau \9 d'Angleterre, en 1830, que payera M. Ridgeway.

Mais une commission à laquelle je tiens essentiellement, que vous vouliez me rappeler au souvenir de madame < est-efle bien délivrée de cette triste jaunisse, si peu faite une jolie femme?

À M. LE BARON PE M..., A PARIS

Milan, le 3 janvier 4818.

Je suis enchanté, ravi; rien ne peut payer de telles le J'aime même la boueuse politique quand elle est traitée d' haut. Vous ne m'en parlez pas assez au long. L'histoire d€ des gens inscrits pour parler contre a réveillé toutes les < sites. Pour moi, je suis à peu près de Tavis de Quintus F B... : le jury, en appel, me semble tout ce que ces enfa peuvent supporter; seulement, si le jury n'a pas proi soixante jours après Tarrestalion des prévenus, on leur ou porte et on leur souhaite le bonjour jusqu'à nouvel ordre soir, dans une réunion de onze personnes, on s'est occu{ demi-heure de la loi sur les journaux, qui a passé par cen' tre-vingl-deux contre cent trente et un. Si vous voulez ju| notre fanal, cherchez la Gazette de Lugano chez Galignani. pour Dieu! parlez plus longuement de l'esprit politiqi Paris.

J'en viens tout simplement à ce qui m*iûléreasc le plus. Je suis dans Tadmiraliôn de votre patience de mettre des notes marginales. Gela est exactement mon journal ; j*en étais aux deux tiers, quand vous me fites lireTariicle sur madame OudefTant et celui d*Alfieri dans YEdinburg review; pour mettre ces idées en circulation, je les ajoutai. Je ne nierai point que Stendhal n'ait eu souvent des nerfs à Bome ; mais, dans ce siècle fardé, n'estce rien qu'un livre de bonne foi? Gomment voulez-vous un portrait complet en "deux cents pages? ÏBur la vanité des jeunes Français, nous ne sommes pas d'accord. Il est trop clair que ce n'est plus dans lé jabot et dans les femmes qu'ils la mettent ; mais c'est dans tout. Paraître est toujours plus pour eux qu être. Voyez M... ei tous nos amis de Cularo. Quant à la ducomanie de Stendhal, outre qu'elle est fort naturelle chez un hoinme d'une si haute naissance, un beau jour, pour n'être pas recmnu, il a multiplié par la quantité comtes et marquis, toutes les initiales citées. Songeï que la noblesse d'Italie, excepté Venise, est plus riche que jamai». Il y a ici deux cents familles à cent mille Inmcs de rente, qui en mangent trente. Retenez ce trait pour ritalîe de d848. Les nobles y auront (et je m'en réjouis) Tinflaence réelle et constitutionnelle de richesses immenses. Aujoord'hui, il n'y a que les comtes et marquis de Stendhal qui reçoivent. Je vérifie, par toutes les anecdotes que j'entends, ce qu'a dit Stendhal ; je n'ai pas changé d'yeux. Je voudrais vous tenir ici en présence des modèles. Quant au Piémont, Stendhal en savait trop pour parler. — G'est incroyable, mon meilleur ami en est.

M. Dalpozzo, maître des requêtes à Paris, ensuite premier président à Gênes, vient de se couvrir de gloire en faisant imprimer ici des plaidoyers ou consullations, pour mieux dire, qui dévoilent toute la vénalité of the (roman) senate^. Un -peuple ainsi mené deviendrait le plus fourbe, le plus méfiant, le plus coquin de la terre en cinquante ans. C'est comme les Grecs d'Athènes gouvernés par l'esclave d'un eunuque noir. Je calomnie le kislar-aga, sa justice vaut mieux.

* Du sacré collège.

Autrefois les puissants avaient la puissance, et de pliis le i |>ect ; voyez M. de Ghoiseul. Maintenant ils n'auront plusqu puissance. Tl faudra qu*ils baissent continuellement les yeui, à chaque regard, ils seront obligés de mâcher le mépris. Si v saviez ce qu'on dit de Tami de Maisonette et des autres! 1 je trouve le public injuste; il faut que ce soit bien fort.

Nous venons de faire une grande et très-grande perle. Sa jesté s*est lassée du conseil aulique, et a nommé ou nomn des ministres comme à Paris. Elle a nommé M. de Saurau nislre de rintéricur ; il aura des chefs de division pour cha royaume. Celui d'ici n'a pas inventé la poudre, au contrai mais il a cinq cent mille francs de rente et une fille unique donne aux pauvres quatre mille francs par semaine; il ne p( qu'aux moines; il alla à Vienne, il y a deux ans, pour les r€ mander. Ce gouvernement, qui ne tombe pas dans ]esconcor et dans Toubli du passé, lui refusa sa demande. Au retour, ne trouva pas sur sa porte l'excellent mot maison Bancal, i bien une figure de grandeur naturelle, en habit de cour et ressemblanle à lui, comte Bassi... De chaque poche sortait petite figure de moine et de religieuse, et lui, il embrassai toutes ses forces un énorme ftasco, aussi grand que lui. I allons avoir le sage archiduc Régnier, et pour second un M. G ciardi... ministre ou préfet de police ici sous l'usurpateur. Q qucs personnes lui accordent un talent supérieur; mais tien t-il les prêtres et les nobles comme notre comte de Saurau? doute. Les quatre dernières années de ce pays-ci sont un mo< mais c'est du talent perdu; ce qui est absolu n'est plu mode.

5 janvier. — Voilà onze personnes qui viennent de dé( un bien grand point (sur la presse). Puisque nos admirables uistres, avec une majorité aussi forte» n'ont pu avoir que voix, ils doivent voir que Fopinion veut le jury. C'est murer les cavernes intérieures du Vésuve un gaz inflammable, qn est dangereux, et qui n'était rien exhalé dans l'air. 11 fallait des jurés payant deux mille francs d'imp6t. Nous ne seron du même avis ; cela me semble une grande bêtise. Ne peuva pas empêcher les élections de l'année prochaine ? Il n'y i

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moyeu d*y leuir avec de lels jacobius. Ou bien uous réconcilieroDs-nous de cœur avec ces bons ullras?.Ëclaircissez-moi bien celle grande question. Dominique me disait quil Ke fiche d'élre conquis ; il aime mieux le jury pour la presse, et les Prussiens. Avez-Yous regardé i événement de la Warlburg le 18 octobre? L'Allemagne en est à sou 4789. Que pense notre ami Maisonette? car je pense, moi, que tout son cœur n*esl pas dans ses vingt-cinq mille francs. Nous n*aurons pas toujours des gens de génie pour ministres. M. de Ghoiseul était b'eii puissant; il a pour successeur rinràme d'Aiguillon. Si les deux tiers des Français disaient qu il est nuit a dix heures du matin, le king doit dire de même, si le métier lui piaf L

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