Journal de Villars, août-novembre 1729, p
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Grande-Bretagne et la France étaient renouvelés et confirmés. Les contractants se garantissaient leurs possessions réciproques, ce qui assurait aux Anglais Gibraltar et Port-Mahon. Philippe V déclarait que par les traités de Vienne il n'avait « entendu ac(;order ni laisser subsister aucun privilège » contraire « aux différents traités de commerce ou traités de paix qui peuvent regarder le commerce antérieurs à l'année 1725 » : cela annulait l'alliance économique de l'Espagne avec l'Autriche, retournait l'Espagne contre la Compagnie d'Ostende supposée contraire au traité de Munster. Le Koi Catholique rétablissait encore tous les privilèges commerciaux des Anglais et des Français dans ses États, en Europe et aux Indes, et nommément ceux des Anglais en Amérique, où leur commerce s'exercerait < comme parle passé», c'est-à-dire avec tous ses abus : ainsi il renonçait à défendre ses colonies contre Fexploitalion étrangère, il restituait le Prince Frédéric, il s'engageait à faire réparer les dommages commis par les Espagnols en Europe et en Amérique jusqu'à la date de la signature des préliminaires, etc.. etc. — En échange de toutes ces concessions, Elisabeth Farnèse obtenait l'appui de l'Angleterre et de la France contre l'Empereur en Ilalie. Elle était autorisée à mettre 6000 hommes de troupes espagnoles à Livourne, Porto-Ferraio, Parme et Plaisance. Ces garnisons resteraient dans les duchés, jusqu'à ce que don Carlos ou ses ayants droit fussent « possesseurs tranquilles des dits États et en sûreté contre toute invasion ou autres justes motifs de crainte », c'est-à-dire tant que la coup de Madrid le voudrait. Enfin les contractants s'engageaient à défendre don Carlos (et ses successeurs) contre « quelque
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puissance que ce fût qui penserait à l'inquiéter* ».
Le traité ne faisait mention ni de TEmpereur, ni des droits deTEmpire. Et pourtant Parme, Plaisance et la Toscane avaient été reconnues par la Quadruple Alliance comme fiefs de PEmpire; on savait que le grand-duc s'adresserait à l'Empereur pour repousser les troupes étrangères qu'on prétendait introduire dans ses États; on savait que Charles VI lui-même ne voulait à aucun prix de soldats espagnols en Italie, qu'd invoquerait la Quadruple Alliance, qu'il avait le droit de son côté, qu'il recourrait aux armes pour défendre son droit. Le traité de Séville devait être et fut en effet considéré à Vienne comme une déclaration de guerre. Ainsi non seulement il mettait fin à l'amitié de l'Espagne et de l'Aulriclie, mais il la changeait en une hostilité déclarée.
Qu'avait donc été au juste cette alliance de Vienne qui se dissolvait maintenant après quatre ans d'existence?
Envisagée sous un certain angle et pour qui n'en connaît pas les dessous, elle peut apparaître comme une ligue de défense économique. S'entendre pour développer la prospérité des deux pays, vivifier le commerce et l'industrie en s'ouvrant mutuellement ses ports et en facilitant l'échange des produits; mettre ses efforts en commun pour abattre la tyrannie maritime et pour ruiner le monopole commercial que s'arrogent abusivement les Anglais; pour l'Espagne, leur reprendre Gibraltar et Port-Mahon, soustraire ses colonies à leur exploitation; pour l'Empereur, protéger contre eux sa Compagnie d'Oslende,