Saint-Simon, Mémoires, t. 37, p
2 Tessé à Morville, 2 juin 1724. A. E. Espagne, 335; conflrmé postérieurement dans une lettre de Madrid du 11 iuin 1»^ A E. Espagne, 341. ••
fils de Gabrîelle de Savoie, de don Ferdinand, devenu prince des Asturies. 11 était leur héros, leur futur roi national. Ils voulurent lemarier à une archiduchesse. Le maréchal de Tessé écrivait à Morville le t5 septembre 17M : < La cabale espagnole, c'est-à-dire autrichienne..., a commencé le projet d'un mariage entre riiifant Ferdinand et une fille de l'Empereur. Le roi Philippe n'est point encore informé de ce projet, mais il le sera*. » Tessé en parla lui-même au roi, et celui-ci lui promit « qu'il ne prendrait aucun engagement, pas même d'écouter, sans en informer la France*. » Les premiers mécontentements de Philippe V contre le duc de Bourbon donnèrent plus de hardiesseaux Espagnols. Ilsent^mèrent à Madrid une agitation forcenée contrôla France : ils firent circuler contre Tessé les plus atroces calomnies, même des accusations d'empoisonnement; les libelles antifrançais furent répandus à profusion et allèrent jusqu'à inviter les bons Espagnols à faire « des \'épres Siciliennes' ».
Le parti espagnol se trompait en croyant faire tourner à son profit la mésintelligence des cours de Paris et de Madrid. Lorsque la reine vit qu'il n'y avait décidément plus à compter sur Louis XV, elle se rallia bien à Talliance autrichienne ; mais, en s'emparant du projet, elle le transforma suivant ses convenances : et tout d'abord elle exclut don Ferdinand de la combinaison.
Malgré sa situation d'héritier présomptif, don Ferdinand était relégué au second plan dans la fa-
1. Tessé à Morville, le 20 septembre 1724. A. E. Espagne, 336.