‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 23 sur 130 · UNE COUR ET UN AVENTUBIER · texte numérisé non relu

UNE COUR ET UN AVENTUBIER

les VI devra s'engager à procurer au roi Philippe la restitution de Gibraltar, promise par George 1^% et celle de Minorque, les deux contractants devant s'entendre sur les moyens de conquérir cette dernière ile. — Voilà la part de l'Espagne.

En somme, si Ton fait abstraction delà clause touchant Gibraltar et Minorque, la première partie des instructions se résume en un plan de partage des domaines autrichiens entre les deux filles aînées de* Charles VI (c'est-à-dire les deux infants qui les épouseront) et la couronne d'Espagne eile-méme.

Que devient avec cela le fameux principe de l'indivisibilité, du maintien ensemble* des États des Habsbourg, — ce principe que Charles Vi avait formulé comme une loi de la monarchie dans sa Pragmatique Sanction, qu'il s'efforçait de sauvegarder en proclamant Marie-Thérèse son unique héritière, dont le salut enfin était la préoccupation suprême, le but dernier des hommes d'État viennois? Si chimériques que fussent les politiques de Madrid, il leur fallait pourtant saisir cette difficulté et en tenir compte. Aussi les instructions portent-elles que, si l'Empereur se refuse absolument à démembrer ses États italiens du reste de la monarchie, Ripperda devra céder sur ce point, l'essentiel étant d'assurer les mariages. Cela signix^e sans doute que les États italiens, restant attachés aux autres États, passeront avec eux à Marie- Thérèse et à don Carlos : l'unité de la monarchie autrichienne se fera sur la tête de ce dernier. Il faut remarquer cependant que, même dans ce cas, la monarchie restera diminuée des Pays-Bas, qui doivent

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