‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 30 sur 130 · L-'nt · texte numérisé non relu

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« Quant à la paix, elle sera vite conclue. On se fera des concessions mutuelles sur les titres, sur la Toison d'Or, sur l'amnistie réciproque des rebelles; lEmpereur devra seulement, sur ce dernier chapitre, cesser toute réclamation en faveur des Catalans et des Aragonais, qui ont pris parti pour lui dans la guerre de succession et qui ont été punis par la perte de leurs privilèges ; Philippe V ne peut admettre qu'un prince étranger s'interpose entre lui et ses sujets. Le duc de Parme aussi devra être rétabli dans ses États et droits, comme il en jouissait lors de la signatuie de la Quadruple AUiajice.

« Que l'Empereur réfléchisse maintenant à la situation que lui fera dans l'Empire et toute l'Europe son alliance avec Philippe V. Bien que l'Espagne soit mal gouvernée, le roi n'en tire pas moins, chaque année, du continent seize millions et des Indes trentesix mil'ionsd'écus. Il n*a pas une pislole de dettes, car il n'a jamais eu pour un liard de crédit. S'il met ses revenus et ses flottes à la disposition de l'Empereur, celui-ci n'aura rien à craindre au monde. »

Et là-dessus Uipperda, en prenante son aise avec l'Europe, esquisse un tableau des puissances, qui sent un peu trop le politique de gazette et de cabaret :

« Jamais Charles VI ne sera attaqué par l'Empire en corps; la Bavière et la Saxe, isolées, ne peuvent rien; les princes protestants d'Allemagne, pris à part, sont également impuissants. La France, dont l'hostilité n'est pas douteuse, ne saurait pourtant rien entreprendre : elle est ruinée de fond en comble. L'Angleterre ne bougera pas, de peur de compromettre son repos, et la Hollande ne compte plus 1

AU XVni» SIÈCLE

« Dans l'avenir, enfin, la France comprendra qu'il est de son intérêt de favoriser la fortune des Bourbons dTspagne; elle s'unira à don Philippe, roi d'Espagne, à don Carlos, souverain d'Autriche et Empereur, et il se constituera ainsi une puissance tellement ibrmidable que rien ne prévaudra contre ellel

« Que l'Empereur se décide donc : une promple réponse est nécessaire * !»

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