‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 32 sur 130 · UISE COUR ET UN AVENTURIER · texte numérisé non relu

UISE COUR ET UN AVENTURIER

guerre lourne mal, l'Espagne, ne pouvant avoir le tout, se contentera peut-être des États italiens et laissera les autres se partager les possessions belges, allemandes et hongroises. On aboutira donc à un démembrement, tandis 'que le but dernier de la politique autrichienne doit être le « maintien ensemble » des États des Habsbourg. Personne ne peut dire qu'on n'en arrivera pas là : dans la dernière guerre, Louis XIV lui-même, malgré son génie politique, la force intrinsèque de son royaume, l'alliance de l'Es- P'igne, du Portugal, de plusieurs princes de PEmpire et d'Italie, a été à deux doigts d une ruine totale : il a dû abandonner l'Italie avec les îles à ses ennemis, et il n'aurait peut-être pas conservé TEspagne et les Indes à son petit-fils, si les tories anglais n'avaient trahi l'Empereur. C'est là un grand exemple qu'il ne faut pas oublier.

Ainsi, dans les deux cas, les mariages jetteraient la monarchie dans les plu*' grands périls.

On ne peut donc pas accepter la proposition de double mariage faite par Ripperda. Mais il n'est pas prudent non plus, étant donnée la situation, de repousser ses avances. Il faut tâcher d'obtenir la paix et FalUance sans les payer du haut prix auquel, il les met. On essaiera de s'en tirer en lui laissant espérer les mariages, — puisque cela est nécessaire, — mais sans rien promettre, sans s'engager à quoi que ce soil.

Sur ces principes, la Conférence arrêta, en français, le texte d'une déclaration destinée à être remise à Ripperda.

L'Empereur, y était-il dit, est tout disposé à s'entendre avec le roi d'Espagne sur les bases de la Qua-

AU XVine SIÈCLE

druple Alliance t dont Sa Majesté ne se départira jamais ». M. de Ripperda ayant posé comme condition préliminaire le mariage des deux archiduchesses aînées avec les infants don Carlos et don Philippe, Sa Majesté Impériale lui répond « que les archiduchesses, ses filles, aussi bien que les deux princes... étant très jeunes et par conséquent pas encore en âge de se pouvoir marier, et que, d'ailleurs, le prince don Carlos se trouvant dans un engagement positif de mariage avec une princesse de la maison de France, M. de Ripperda comprendra aisément que ce sont 1^'des circonstances sujettes à tant d'incidents qui, malgré toutes les bonnes intentions que Sa Majesté Impériale et Cathohque a et pourrait avoir d'unir sa maison avec celle d'Espagne par liaison de mariage, ne permettent pas pour le présent de se pouvoir expliquer plus pertinemment à cet égard, de sorte que cette bonne et sincère intention de Sa Majesté Impériale et Cathohque doit suffire pour s'entendre sur les traités proposés et les conduire, s'il est possible, à une heureuse fin, tant par rapport aux points agiles par le Congrès de Cambrai que pour les autres intérêts à débattre entre SaMajesté Impériale etCatholiqueetSa Majesté le Roi d'Espagne * jp.

Cette déclaration changeait complètement la face des choses. Les mariages cessaient d être la condition préliminaire et sine qud non de l'entente des deux cours ; le roi d'Espagne devait se contenter de l'assurance des bonnes intentions de l'Empereur à c a égard et accorder par avance la paix et l'alliance politique. Aussi les ministres autrichiens doutaient-ils fort que

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